Grève du 18 octobre : de nombreux secteurs mobilisés en Limousin

Publié le Mis à jour le
Écrit par François Clapeau .

Plusieurs syndicats appellent à la grève ce mardi, dans la continuité du blocage des raffineries. De nombreux secteurs d’activités sont concernés, des transports à la santé, en passant par la métallurgie ou l’éducation. Quelles sont les raisons de ce mouvement ? Explications dans la région.

Comme l’ensemble du pays, le Limousin vivra ce mardi 18 octobre au rythme d’une importante mobilisation sociale. La CGT, FO, Solidaires, la FSU et les organisations de la jeunesse appellent à la grève générale.

Les cheminots pour de meilleures conditions de travail

La grève sera visible d’abord dans le secteur des transports. La CGT anticipe 20 % de circulation des trains, et la SNCF annonce 4 TER sur 10 et 1 Intercités sur 2.

Un groupe de conducteurs de trains, tous membres de la CGT, étaient réuni ce lundi matin à Limoges, et leur préoccupation est claire : le pouvoir d’achat diminue alors que la charge de travail augmente. En effet, un projet prévoit d’augmenter la cadence des trains. Mais selon ces conducteurs, ce sera sans moyens humains : "On crée de la charge de travail en gardant le même nombre de personnes pour la réaliser." Pour eux, cela peut avoir des conséquences dangereuses : "Il y a une recrudescence des problèmes de sécurité. Des événements dus à la fatigue. Par exemple des dépassements de vitesse sur une ligne qui ne le permet pas." Ils dénoncent également des plannings très exigeants qui pénalisent les recrutements : "Deux découchés par semaine, seulement 12 week-end complets de repos par an."

Comme dans les autres secteurs d'activité, ces conducteurs déplorent en parallèle une baisse de leur pouvoir d’achat : "Si le salaire était constant, on préférerait faire un travail de bonne qualité que gagner plus d’argent. Mais on nous rince avec le travail et on n’en récolte aucun fruit financier."

La mobilisation touchera aussi les transports urbains. À Limoges, la STCL passera en mode "adapté" : "Les lignes TCL ne desservent pas le centre-ville sur une plage horaire déterminée (10 h - 12 h et à partir de 14 h 30). À cette occasion, les lignes sont scindées en 2 et ne pénètrent pas la première couronne.Toutes les informations pratiques se trouvent sur le site du transporteur.

Les enseignants pour une augmentation du point d’indice

La colère touche aussi l’Education nationale, déjà en grève le 29 septembre dernier pour les mêmes motifs.

Le mouvement touchera peu le primaire : l’appel à la grève a été lancé seulement vendredi, trop tardivement pour permettre au personnel de respecter un délai obligatoire de déclaration de 48h. En revanche, le fonctionnement des collèges et des lycées pourrait se trouver perturbé.

Christophe Tristan, de la FSU, explique : "Le point d’indice n’a pas augmenté depuis 15 ans. Un enseignant, il y a 20 ans, gagnait 20% de plus qu’un enseignant aujourd’hui au même indice."

Cette journée vient se greffer sur une mobilisation prévue de longue date dans l’enseignement professionnel, où les syndicats luttent contre une réforme qui prévoit davantage de stages, liés au bassin d’emploi des établissements. Christophe Tristan détaille : "Il y aurait une semaine sur deux de stage, comme en apprentissage. Forcément, ça enlève des heures d’enseignement général, mais aussi de l’enseignement professionnel. On est sur une formation adaptée au bassin d’emploi, et c’est une rupture d’égalité entre les élèves."

La santé essaye de suivre

Le secteur de la santé est aussi touché. Un appel à la grève a même été lancé à la polyclinique de Limoges. 

Agnès Petignaud, représentante CGT, explique : "On sent bien que les fins de mois commencent à être difficiles.Selon elle, le problème des rémunérations n’est pas nouveau : "On a des salaires qui sont à la traîne depuis bien longtemps. Notre convention collective date de 2002, elle est complètement désuète."

Mais la mobilisation ne devrait pas être spectaculaire pour autant : "Les soignants sont attachés à leurs patients et ont du mal à se mettre en grève. C’est plus facile de laisser une machine à l’arrêt que de laisser un patient seul dans son lit."

Dans l'industrie, "l’inflation impacte davantage les bas salaires"

Le fonctionnement des grandes entreprises industrielles sera aussi perturbé avec des mouvements à Volvo Trucks, Legrand, ou Valéo.

Pour Jean-Luc Zobele, délégué CGT chez Valéo Limoges, la mobilisation est une évidence : "On a eu des avancées liées à des mouvements en interne et à la négociation annuelle obligatoire. Mais les avancées sur les bas niveaux de salaire sont déjà rattrapées par l’inflation. L’inflation impacte davantage les bas salaires."

Cette mobilisation va-t-elle durer ? "On n’est pas sur du reconductible. On ne peut pas dire qu’on a un bas niveau de salaire et planter le travail pendant 3 semaines. Un smicard ne peut pas perdre une semaine de salaire."

Les jeunes aussi

Des jeunes se mobiliseront également ce mardi. À Limoges, la fédération syndicale étudiante appelle à la mobilisation sur son site internet : "Pour l’augmentation des salaires et de nos bourses, pour lutter contre la réquisition des grévistes et contre l’atteinte à notre droit de grève."

Deux manifestations sont prévues ce mardi 18 octobre à Limoges : à 10 h 30 pour les lycées professionnels devant le rectorat, et à 14 h 30 carrefour Tourny, avec tous les syndicats.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité