Guillaume Gerbaud, le "doc" limougeaud de Julian Alaphilippe, nous raconte le sacre du champion français

Docteur au pôle Médisport de la polyclinique de Limoges, médecin de l'équipe de France de cyclisme et du Limoges CSP, le docteur Guillaume Gerbaud était au côté de Julian Alaphilippe lors de son sacre mondial, ce dimanche 27 septembre en Italie. Il nous a livré ses émotions.

Julian Alaphilippe (à gauche) et son maillot arc-en-ciel de champion du monde, en compagnie de Guillaume Gerbaud, après le sacre du coureur français, ce dimanche 27 septembre.
Julian Alaphilippe (à gauche) et son maillot arc-en-ciel de champion du monde, en compagnie de Guillaume Gerbaud, après le sacre du coureur français, ce dimanche 27 septembre. © Guillaume Gerbaud

On est comme lui, on a eu du mal à réaliser. Peut-être maintenant, sur la route, en rentrant en France.

Guillaume Gerbaud



Quand le tout frais champion du monde de cyclisme, Julian Alaphilippe, rentre de son sacre italien par avion, le médecin de l'équipe de France, Guillaume Gerbaud, rentre lui... par la route.

Et cela fait une trotte, entre Imola et Limoges, plus de 1000 bornes et quelques 11h de voiture !
Le temps donc de réaliser l'exploit du français, pour un docteur, cycliste lui même, qui a côtoyé Alaphilippe alors que ce dernier débutait chez les espoirs et qu'il était lui en DN1.

Logique, quand Guillaume Gerbaud est natif de Châteauroux, le champion de Montluçon et son cousin et entraineur, Franck, avec qui le docteur est toujours en contact, de Saint-Amand-Montrond.
D'ailleurs, Julian Alaphilippe a passé ses examens médicaux, et son épreuve d'effort, pour le renouvellement de sa licence au cabinet du désormais limougeaud à la Clinique Chénieux de Limoges.

Malgré la route donc, malgré la fatigue et en dépit de nombreux tunnels, Guillaume Gerbaud a bien voulu prendre le temps, ce lundi après-midi, de nous raconter comment il a vécu ce fabuleux titre.

C'était un moment extraordinaire, l'émotion était énorme, pour tout le monde.

Bien sûr, ce titre, c'est la victoire de Julian, mais c'est aussi une victoire d'équipe, des autres coureurs français, et de tout le staff.
Il y avait eu énormément de travail en amont, puis de repérage du circuit, dans la semaine.
Effectivement, la tactique a été arrêtée samedi soir, avant le repas.
Thomas Voekler, le selectionneur national, n'a pas vraiment bluffé, en laissant entendre que les équipes italiennes et belges étaient favorites. Il n'a pas dit que Julian ne l'était pas, mais que l'équipe de France faisait partie des outsiders.

La course a été parfaite, Julian a attaqué quand et comme il fallait, mais il y avait beaucoup de stress.
Cette saison par exemple, il avait déjà fait des courses parfaites, attaquant encore comme prévu. Mais cela n'avait pas voulu sourire, comme à Milan-San Remo.

Là, on s'est dit que ça pouvait sourire, mais quand on voit ce qui s'est ligué derrière, contre lui, il y avait vraiment beaucoup d'inquiétude.
J'étais à l'arrivée, dans la ligne droite, dans les stands habituellement réservés aux F1 (
le final se déroulait sur le circuit automobile d'Imola, cher aux tifosi de Ferrari), et franchement, c'était trè difficile de regarder le grand écran.
Après, oui, quand il arrive dans cette ligne droite, qu'on est sûr qu'il ne peut plus être rejoint, cela a été l'euphorie générale.

 

J'étais juste avec deux kinés, donc on l'a tout de suite accueilli. On a beaucoup pleuré, nous aussi.
Et comme lui, on a beaucoup de mal à réaliser.
La soirée fut bonne, on a fait une petite fête, on a aussi parlé de la suite.

Comme il l'a dit, ce titre, c'était plus qu'un objectif, c'était un rêve, mais il s'est donné tous les moyens pour y accéder.
Désormais qu'il a le maillot arc-en-ciel (
le maillot de champion du monde), la médaille d'or aux JO, c'est son prochain but.
Vous vous rendez compte, il n'y a eu que 9 français champion du monde dans l'histoire, et le dernier, c'était Laurent Brochard, il y a 23 ans !

Cela va faire beaucoup de bien au cyclisme français, on en parlait avec les suiveurs, la fin du Tour de France a été morose.
Certes Julian y avait remporté une victoire, il avait porté le jaune, il y avait eu aussi la victoire de Nans Peters, mais pour le grand public, c'est la victoire finale qui compte, et il n'y a toujours pas de français en jaune à Paris.
Et même lui avec ses résultats fabuleux, l'an dernier, cette saison, il y a comme une incompréhension.
Les passionnés savent son niveau, mais je pense quand même que ce titre va lui permettre de toucher un public plus large. Et dans le vélo, et même au-delà.
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