Histoire : Exposition sur les guerres d’Algérie au Musée de la résistance à Limoges

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Écrit par Emmanuel Braud avec Nassuf Djailani

C’est la toute nouvelle exposition au Musée de la Résistance de Limoges. Elle est en place depuis une semaine. Et elle s’intitule : Partir en Algérie, partir d’Algérie, 1954, 1962.

Quelques objets et des photographies, mais surtout de précieux témoignages de celles et ceux qui ont vécu, travaillé et combattu en Algérie entre 1954 et 1962.

Cette exposition, pour laquelle un appel aux dons avait été lancé il y a un an et demi, raconte, non pas l'histoire de la guerre d'Algérie pendant cette période, mais des guerres d'Algérie.

« Il n’y a aucun rapport entre le vécu d’un appelé instituteur ou le vécu d’un appelé sursitaire qui est un opérateur radio, explique Annie Martin, directrice du Musée de la Résistance de Limoges. Ou encore quelqu’un qui a été officier du contingent chef d’une Harka. Tout cela, ce sont des tranches de vie, totalement différentes ».

 

L'exposition évoque aussi l'histoire des harkis, ces soldats algériens engagés aux côtés de l’armée française. A la fin de la guerre, des milliers d'entre eux furent tués dans leur pays, considérés comme des traîtres, les autres se sont enfuis en France, où ils ont connu une intégration très difficile. Le limougeaud, Jean Pierre Gaildraud fut le chef d'une unité de harki en 1961.

« Par exemple, lors des exercices de tir, je n’ai jamais su tirer, donc il fallait que je trouve d’autres valeurs avec eux, qui étaient des valeurs beaucoup plus humanistes, je n’ai pas été déçu. Parce que je les ai abandonnés en 1962, à leur triste sort. Et après je ne sais plus. Ça m’arrange de dire que je ne sais plus ».

 

Ce jour-là, parmi les visiteurs de l'exposition, Jean Pierre Garcia, pied noir français, d'origine espagnol, obligé de quitté l''Algérie quand il avait 20 ans, pour se réfugier en France.

« On n’a pas à se plaindre, parce qu’on a été bien reçu. On avait de la famille déjà en France, dans l’Isère. Et dans le petit village de Saint-Geoire-en-Valdaine, on a été très très bien accueillis, en tant que Pieds noirs, alors qu’il y a d’autres endroits où l’accueil était tout à fait différent. »

 

C'est aussi cette histoire que raconte l'exposition, celle du retour en France de toutes ces populations qui vécurent en Algérie. Un retour souvent difficile aussi pour les pieds noirs, rejetés et stigmatisés par les français de métropole. Une exposition qui est à découvrir jusqu’au 31 décembre.

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