Injures et invectives autour de la loi immigration : une tension totalement inédite au Conseil départemental de la Haute-Vienne

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Le débat sur la loi immigration a cristallisé les tensions lors du conseil départemental de la Haute-Vienne ce 21 décembre, provoquant une interruption de séance. ©André Abalo

La séance plénière du Conseil départemental de la Haute-Vienne a été plus que mouvementée ce 21 décembre. Le débat autour de la loi immigration a cristallisé les tensions, au point de provoquer une interruption de séance. Comme 31 autres départements de gauche, la Haute-Vienne a décidé de ne pas appliquer certaines mesures de cette loi controversée.

Injures, invectives, débat houleux... La loi immigration a cristallisé les tensions lors de la séance plénière du conseil départemental de la Haute-Vienne, au point que la séance a dû être suspendue.

"Nous ne sommes pas des fascistes, que ce soit dit clair et fort dans cette assemblée", fulmine Jean-Marie Bost, élu Les Républicains (LR) de la deuxième circonscription de la Haute-Vienne, en pleine séance. "On nous dit qu'on est quasiment des xénophobes fascistes, c'est extrêmement blessant", déplore Sarah Gentil, chef de file de l'opposition de droite au Conseil départemental.

La Haute-Vienne dit non, comme 31 autres départements de gauche

Après avoir réussi à obtenir un peu de calme, le président socialiste du Conseil départemental, Jean-Claude Leblois, tranche : "Non, nous ne devons pas faire une chasse à l'étranger. C'est ça qui se produit aujourd'hui et c'est une cause assez facile à entendre, mais ce n'est pas la solution aux problèmes qui sont posés. Je suis choqué et je comprends la démission du ministre de la Santé."

Comme trente-un autres départements, l’exécutif de gauche de l’assemblée haut-viennoise a choisi de ne pas appliquer certaines dispositions du texte relatif à la loi immigration, notamment le durcissement des conditions de versement de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA).

"En tant que collectivité départementale, on est compétent dans la solidarité humaine. Et là, l'humain en prend un sacré coup. On ne se reconnaît pas dans cette loi. Et c'est pour cela qu'on dit non", explique M. Leblois.

De son côté, l’opposition départementale désapprouve l’idée d’un boycott. "Pour moi, il y a non sujet, on fait vraiment de la démagogie sur une loi qui fait mousser tout le monde et qui énerve très sensiblement la majorité départementale", estime Sarah Gentil.

On ne combat pas pour une immigration zéro. Cela fait 40 ans que le sujet de l'immigration passe sous le tapis, gauche comme droite et on arrive aujourd'hui à une situation explosive.

Sarah Gentil

cheffe de file de l'opposition au Conseil départemental de la Haute-Vienne

Une révision de cette loi par le Conseil constitutionnel espérée

À la droite de l'échiquier, Sébastien Larcher est néanmoins plus mesuré que son groupe politique, espérant que le Conseil constitutionnel révise cette loi. "Cette loi immigration était attendue et nécessaire de manière à faire barrage au RN. Maintenant, le fait qu'elle n'a pas pu être débattue au sein de l'Assemblée Nationale a généré une remise à niveau de cette loi, qui au final, a été déformée de son origine."

Je souhaite que le Conseil constitutionnel soit en mesure de supprimer tout ce qui est anti-constitutionnel et que les idées du RN qui ont été reprises soient éliminées.

Sébastien Larcher

union de la droite, du centre et des indépendants de la Haute-Vienne

Avant même sa promulgation, la loi immigration fait déjà surchauffer l’assemblée départementale. Cette dernière séance plénière de l'année devrait laisser des traces dans les esprits de gauche comme de droite.