À Limoges, un jardin collectif en construction au squat de la Révolution

Avec le confinement, les occupants du squat de l’avenue de la Révolution à Limoges ont décidé de retrousser leur manche pour construire un jardin ouvert à tous. Un projet aussi symbolique que nécessaire à la vie de la communauté. 

© Robin Spiquel
Le retour des beaux jours est synonyme de retour au jardin. Mais au squat de l’avenue de la Révolution à Limoges, le sol bitumé des anciens locaux EDF n’est pas propice aux plantations. Les occupants construisent donc un jardin à leur image : hors-sol. 

Ce jardin collectif devrait prendre forme dans des bacs et des cagettes de récupération. Une démarche débrouillarde, qui n'est cependant pas dénuée d'ambitions. 

Autonomie et reconnaissance 


En cultivant sur place ces fruits et ces légumes, les objectifs sont multiples. Tout d’abord, permettre au squat de devenir plus autonome en alimentation. 

Une nécessité autant qu’un symbole pour la centaine de personnes qui y vivent. Entretenir son lopin de terre est aussi un moyen de marquer leur attachement à ce territoire. 

Le jardinage permet aussi aux sans-papiers de se retrouver dans une activité commune. Femmes, hommes, et même enfants, ils sont nombreux à se retrousser les manches. Fatima y participe dès qu’elle a du temps libre. 
 

Les enfants ont planté leurs graines. Ils attendent qu’elles poussent avec impatience.


Pour cette Algérienne de 32 ans, travailler la terre lui permet de s’occuper l’esprit et de dépasser sa condition. 
 

Le jardinage, c’est important pour la psychologie des gens. Ça enlève le stress. On est à ce qu’on fait et on oublie nos problèmes. On a souvent rien à faire quand on est "sans papiers". Avec ce jardin, c’est l’occasion de faire quelque chose de rentable, de montrer qu’on est utiles. »

© Robin Spiquel


Appel à la terre 


Pour le moment, les semis de tomates, de concombres et de courgettes germent tranquillement en dessous de petites serres bricolées par les occupants. Mais pour grandir ces légumes auront besoin d’un peu plus d’espace. 

Ces jardiniers de la débrouille comptent utiliser de grands bacs qu’ils poseront sur des palettes de bois pour pouvoir laisser vivre leurs plantes. Mais pour les remplir, pas questions d’utiliser la terre cachée sous le bitume nous explique l’un des bénévoles du squat.
 

La terre ici est suspectée d’être polluée par des résidus de l’ancienne activité d’EDF. On ne veut pas se risquer à l’utiliser.


Le squat lance donc un appel à la générosité. Ils aimeraient récupérer assez de terre pour pouvoir remplir une dizaine de bacs. Pour le moment, une remorque doit leur parvenir de Charente. 

Vous pouvez donc apporter votre "terre" à l'édifice en joignant les bénévoles à l’adresse suivante : cantoche@riseup.net. 
 
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