Limoges : mobilisation de parents contre la fermeture d'une école maternelle

Ce lundi 22 novembre 2021, des parents ont manifesté contre le projet de fermeture de l'école maternelle Paroutaud à Limoges. La ville évoque le coût des travaux de rénovation et se dit confrontée à une baisse continue du nombre d'inscriptions scolaires.

C'est une petite école, située entre le secteur cossu des Emailleurs et le CHU, à la jonction entre plusieurs quartiers. Le 16 novembre dernier, les parents d'élèves ont appris que la ville de Limoges voulait la fermer et faire voter le conseil municipal en ce sens le 17 décembre prochain.

Quelques parents, très attachés à cette école "de proximité" ont donc installé une banderole ce matin à l'entrée de l'établissement et proposé aux parents de signer une pétition contre la fermeture.

Cette école crée une mixité très intéressante. Et il y a un projet pédagogique novateur qui intéresse les parents et crée un engouement.

Clio Marechal, membre de l'association des parents d'élèves

Selon ce papa, "les trois niveaux (petit, moyen et grand) sont représentés dans les deux classes avec une classe de petits et de grands et une classe de moyens-grands. L'année prochaine, on pourrait avoir une troisième classe".

La maman d'une fillette se dit aussi très satisfaite de l'école. "Les enfants sont en petits groupes et c'est mieux pour apprendre. Je vois la différence pour ma fille qui a progressé depuis l'an dernier".

Coût et baisse d'élèves

L'école Paroutaud est l'un des 64 établissements scolaires de Limoges sur 34 sites. Dans un communiqué, la municipalité dit "étudier la possibilité de fermer l’école maternelle Paroutaud à la rentrée 2022 en concertation avec l'académie" et avance tout d'abord une baisse continue du nombre d'élèves à Limoges.

En 30 ans, ce sont presque 3 000 élèves qui ne fréquentent plus les écoles communales (l’équivalent de 12 écoles de 10 classes).

Ville de Limoges.

"Malgré la fermeture de 6 écoles durant cette période, le nombre de sites scolaires n’a pas été réduit proportionnellement à la baisse des effectifs. Les dépenses afférentes à l’entretien, à l’exploitation, et à la maintenance technique des bâtiments sont donc restées stables. Elles s’élèvent annuellement à plus de 4 millions d’euros pour la ville" poursuit la ville.

La ville évoque aussi une question de budget et de coût.

"Cette école, dépourvue de restaurant scolaire et non rattachée à une école élémentaire, nécessite de coûteux travaux de rénovation pour répondre aux exigences actuelles d’accessibilité. Parallèlement, la Ville a réalisé de lourds investissements dans le groupe scolaire Condorcet/Roussillon situé dans le même secteur géographique."

Concernant la cantine, Clio Marechal indique que l'école possède un réfectoire qui n'est pas utilisé. "Les élèves pourraient manger dedans des repas livrés et éviter d'aller déjeuner à l'école Bellevue."

"Si la fermeture de cette école est actée, les élèves de la maternelle J.M.A Paroutaud seront prioritaires pour intégrer l’école de leur choix" dit la ville.

Tendance de fond ?  

A la rentrée 2016, trois établissements avaient déjà fermé leurs portes : les écoles du Présidial, d’Abbéssaille et de Bellegarde. Les élèves avaient alors été répartis dans d’autres écoles de Limoges. 

Les arguments de la majorité municipale étaient alors les mêmes qu’aujourd’hui.

Entre 2009 et 2020, six écoles ont fermé. La situation s’explique bien par une baisse des effectifs : ces cinq dernières années, la mairie a comptabilisé une perte de 500 élèves dans le 1er degré, c’est-à-dire en maternelle et en primaire.

Le rectorat indique aussi de son côté une tendance au regroupement et à la fermeture des petites structures. 

La situation ne devrait pas s'arranger quand on regarde la démographie de Limoges. "Il est clair que les indicateurs que nous avons au niveau de l’état-civil et de la natalité ne sont pas bons : la décroissance scolaire va continuer encore quelques années" indique ce lundi l’adjoint au maire de Limoges chargé de l’enseignement Vincent Jalby. 

A moins que Limoges regagne quand même de nouvelles familles dans les années à venir, venues de métropoles saturées comme Paris ou Bordeaux. 

En attendant, les parents d'élèves de Paroutaud n'ont pas dit leur dernier mot pour sauver leur école. 

 

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