L'ADN a parlé et fait un lien avec la disparition d'un homme en décembre 2021 à Limoges. L'enquête se poursuit.

Selon nos informations, les premières analyses ADN ont permis d'identifier la victime retrouvée dans un cabanon de jardin de l'allée des Pinsons le 31 décembre dernier. Ces analyses font un lien avec El Hassan Mirhom, disparu depuis décembre 2021. Toujours selon nos informations, des vérifications complémentaires ont eu lieu et valident ce premier résultat.

Contacté le jeudi 7 mars, le parquet de Limoges nous indique que "l'ADN a permis d'identifier une victime", sans toutefois communiquer le nom de cette victime. L'enquête se poursuit, "d'autres investigations auront lieu", nous précise la justice.

Un avis de recherche avait été lancé, par la police dès le 21 décembre 2021, mais également par un collectif en 2022, pour tenter de comprendre où l'homme de 55 ans, marginalisé et habitué de la gare de Limoges, avait pu disparaître. 

Enquête en cours

C'est l'occupante de la maison, située dans le quartier de Beaubreuil, qui avait alerté les forces de l'ordre le 31 décembre 2023. Elle avait précisé ne rien savoir de la présence de ces ossements qu'elle venait de découvrir dans son cabanon de jardin.

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On avait appris ensuite, selon les dires de cette femme, que son mari et le frère de ce dernier étaient venus déposer les cartons contenant le cadavre. "Il avait alors exigé que son ex-femme ne touche pas aux cartons ainsi déposés", précisait le procureur début janvier 2024. 

Cette analyse ADN va dans le sens des premiers éléments de l'enquête et des premiers examens qui avaient révélé, toujours selon le Procureur : "qu'il s'agissait d'os humains dont certains présentaient des traces de découpe à l'aide de différents types d'outils (scie, couteau ...) La victime serait un homme âgé de 40 à 60 ans et mesurant entre 1,78 m à 1,85 m. Le décès serait intervenu entre janvier 2021 et avril 2022."

L'ex-mari et son frère, respectivement âgés de 54 et 46 ans, ont nié les faits pendant leur garde à vue. Fait troublant, les perquisitions menées au domicile du mis en cause ont permis de découvrir un livre traitant d'anatomie humaine, "bien qu'aucun des mis en cause n'ait suivi de formation en cette matière", ainsi qu'un blouson. L'enquête se poursuit pour tenter de progresser dans cette sordide affaire, puisque la tête de la victime n'a toujours pas été retrouvée. L'ancien époux a été mis en examen du chef de meurtre et placé en détention provisoire. Son frère, mis en examen du chef de recel de cadavre, a été placé sous contrôle judiciaire. Ils étaient déjà connus de la justice pour des faits de violence.

Les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée du service interrégional de police judiciaire (ancienne DIPJ) poursuivent leurs investigations.

Un autre homme marginalisé toujours porté disparu à Limoges

Un autre homme est toujours porté disparu à Limoges. Il s'agit de Mohamed Bekkoucha, dont les proches sont sans nouvelles depuis juin 2022. Les deux hommes "se connaissaient plus jeunes", selon un proche de Monsieur Bekkoucha.

Au moment de sa disparition, Mohamed Bekkoucha, alors âgé de 58 ans, n'avait "plus donné de nouvelles à sa tutrice depuis 15 jours et se serait marginalisé", apprenait-on dans l'avis de recherche lancé par le même collectif, en octobre 2022. 

Selon ses proches, ce dernier souffrait d'un problème d'alcool. Mais la famille ne pense pas que le quinquagénaire ait quitté la ville. "On a prévenu les gendarmes, la police, on a fouillé dans tous les squats où il restait en centre-ville, on n'a rien trouvé. Mais on n'a pas lâché l'affaire. On cherche toujours.", témoigne son frère, Mansour Bekkoucha, contacté ce mardi matin par téléphone.