Le tireur de Bussière-Dunoise condamné en appel à 17 ans de réclusion criminelle

La Cour d'Assises de la Haute-Vienne a ouvert lundi 7 septembre le procès en appel de l'auteur des nombreux tirs dans un hameau de Bussière-Dunoise le 26 octobre 2016. Le verdict a été rendu mercredi 9 septembre. L'accusé est condamné à 17 ans  de réclusion criminelle. 

Ouverture du procès en appel du tireur de Bussière-Dunoise à la Cour d'Assises de la Haute-Vienne
Ouverture du procès en appel du tireur de Bussière-Dunoise à la Cour d'Assises de la Haute-Vienne © Isabelle Rio France 3 Limousin
Condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises de la Creuse à Guéret le 8 novembre 2019, Alain Volatron avait, dans les dix jours de sa condamnation, fait appel uniquement sur la peine prononcée, pas sur sa culpabilité.
  Le Jury de la Cour d'Assises de la Haute-Vienne, statuant en appel, a donc examiné à nouveau les faits qui se sont déroulés à Bussière-Dunoise le 26 octobre 2016 et les circonstances qui ont conduit Alain Volatron à faire feu sur des gendarmes, blessant 2 d'entre eux ainsi que deux de ses voisins.

Le verdict a été rendu ce mercredi 9 septembre : Alain Volatron est condamné à 17 ans de réclusion criminelle sans période de sûreté. Le condamné devra se soumettre à un suivi socio-juidiciaire. Il a interdiction de se rendre en Creuse et de détenir des armes. 

26 octobre 2016, au lieudit "Langledure" à Bussière-Dunoise

Ce 26 octobre, une expulsion judiciaire doit être menée dans ce paisible hameau rural, au domicile de Alain Volatron. Deux huissiers, un serrurier, ainsi que huit gendarmes de la Brigade de Sainte-Feyre assistés des militaires du PSIG, sont présents. Alain Volatron doit quitter sa maison d'habitation et ses dépendances en exécution d'une saisie judiciaire préalablement prononcée par le Tribunal de Grande Instance de Guéret.

Sa propriété a été saisie par son propre voisin, envers lequel il voue depuis plus de 10 ans une haine féroce. Une relation de voisinage violente pour lequel il est condamné par le Tribunal Correctionnel de Guéret en 2009 à indemniser son voisin pour des coups portés. Mais Alain Volatron se refuse à payer un centime des 15.000€ de sa condamnation. Son voisin va donc jusqu'au bout du recouvrement en saisissant la maison d'Alain Volatron. Vendue à la barre du Tribunal, personne cependant ne portera d'enchères. C'est donc son voisin qui est déclaré adjudicataire. Le 26 octobre, le jour est venu pour ce dernier de récupérer ce qui est devenu son bien.

Les Huissiers appréhendent cette saisie, d'où la présence de gendarmes de la Brigade de Sainte-Feyre et du PSIG, le peloton de surveillance et d'intervention de la Gendarmerie.

20mn en "mode guerrier"

Alain Volatron, 62 ans, vivant seul, les attend. En treillis et rangers, un fusil de chasse à la main, une vingtaine de cartouches de chevrotine en poche, les souvenirs de son stage de commando à Mourmelon en tête, il tire une première fois à deux reprises depuis un chalet en bois au milieu d'arbres qui surplombent sa maison d'habitation. Puis une seconde et blesse une première fois un gendarme. Puis il se déplace dans le hameau, faisant à nouveau usage de son arme. 9 tirs au total, qui blessent 2 gendarmes ainsi que 2 voisins alertés par les coups de feu qu'ils pensent venir de chasseurs trop près des habitations. C'est quand il se rend compte qu'il vient de blesser un de ses voisins, un ami, qu'il pose sa carabine et se rend.

Des violences qualifiées de tentative de meurtre aggravée pour lesquelles la Cour d'Assises de la Creuse condamne Alain Volatron à 18 ans de réclusion criminelle, dont 12 années incompressibles, avec une interdiction de se présenter sur le territoire creusois pendant 10 ans, une interdiction de port d'arme pendant 15 ans et l'obligation d'un suivi socio-judiciaire pendant 5 ans.

En relevant appel de ce verdict, Alain Volatron souhaite voir réduire la peine de réclusion prononcée. Il n'a pas relevé appel de la culpabilité reconnue.

Une personnalité sourcilleuse, jusqu'au-boutiste

Lors de son premier procès, Alain Volatron s'était montré coopératif par ses réponses à la Présidente de la Cour d'Assises, allant même au-delà. Très vite, une personnalité intelligente, structurée est apparue, mais aussi inquiétante de type paranoïaque, à la détermination méthodique et jusqu'au-boutiste. Jusqu'à ses dernières paroles, la salle et la Cour d'Assises avaient compris que Alain Volatron ne tournerait jamais la page à l'encontre de son voisin, un ancien policier à la retraite, et l'ensemble de sa famille.

Un voisin terrifié, mais également jusqu'au-boutiste
 
Jean-Claude Michel, voisin « ennemi » de l’accusé, est un retraité de la police nationale d’origine algérienne. Entendu lors du premier procès, il a raconté à la Cour d'Assises son arrivée dans le hameau en 1998. 

"J'étais heureux d'avoir trouvé cette maison pour mes 5 enfants et mes 15 petits-enfants. Aujourd'hui, je sais que j'aurai toujours peur pour ma famille".

Jean-Claude Michel, voisin de l'auteur des coups de feu à Bussière-Dunoise



Sa propriété, juste en face de celle de l'accusé, devient très vite la cible d'Alain Volatron. Celui-ci observe les allers et venues de toute la famille et va jusqu'à agresser physiquement la fille et le fils du couple Michel.
 
Lors de sa déposition, Jean-Claude Michel est apparu également aussi déterminé que son voisin, et très soucieux de faire respecter ses droits. Il était important pour lui de recouvrer par toutes voies de droit les dommages et intérêts auxquels avait été condamné Alain Volatron. Ce dernier ayant peu de revenus, sa solvabilité passait par la saisie de sa maison d'habitation.

 

 
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