"Quelle idée il a eu le sculpteur !" La délicate restauration de l'écolier du monument aux morts de Gentioux par un expert

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Le monument aux morts de Gentioux, symbolisé par un orphelin désormais célèbre pour la dénonciation de la guerre, est en cours de restauration dans un atelier de la société "Malbert Conservation" dans le Lot. ©Philippe Mallet et Pascal Coussy - France 3 Limousin - France Télévisions

Mais où est donc passé l'écolier du monument aux morts de Gentioux, cet orphelin désormais célèbre qui symbolise la dénonciation de la guerre en Creuse ? La statue est en restauration dans un atelier de la société "Malbert Conservation" dans le Lot. L'orphelin va ainsi bientôt retrouver sa jeunesse.

"Je ne sais toujours pas l’histoire de ce gamin, j’ai hâte de la connaître ! Après, peut-être qu’on sera copain !", sourit Daniel Valéan. 

Quand le restaurateur tire le chariot pour installer le monument dans son atelier, l'orphelin de Gentioux est sage comme une image. Prêt pour un nouveau toilettage. Aux commandes, le professionnel est un maître en la matière. Il s’est attaché à ce gamin, à cette statue inhabituelle, sans en connaître, à cet instant précis, ni son histoire, ni la force du symbole.

Un chef-d'œuvre

Avec son sarrau – la blouse de l’écolier dans ces années-là — le môme, loin de son monument aux morts – paraît immense. Et il l’est par son poids : 190 kilos. Mais là, au milieu des tableaux et objets religieux, c’est un petit chef-d’œuvre qui se présente à nous.

Pourtant, il en a subi des épreuves durant ce siècle déjà écoulé : "Quand il est arrivé ici, il y avait plusieurs couches ; dans la dernière, c'était un ocre, pas terrible. Il fallait voir ça, la sculpture était noyée dans plein de peinture qu’on a dû décaper, pour arriver à la matière, au support, à la fonte", se souvient l’artisan.

 Il a fallu donc transformer la matière. Effacer les traces des vicissitudes de l’existence. Donner de l'aisance, du mouvement, de la légèreté à cette silhouette. En étalant, millimètre par millimètre, dans les plis et replis, des couches de peinture pour faire renaître sa fraîcheur. "La peinture, pour l’instant, elle est un peu brillante, mais elle va se calmer, une fois dans la nature, sans perdre néanmoins ses propriétés protectrices. Ça a l’air de rien, ces gestes un peu barbares, mais c’est comme ça qu’on patine", rassure-t-il.

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"Maudite soit la guerre et honneur à la paix"

Le poing levé. Le regard déterminé. L’enfant nous dit sa vérité. Il est temps de le rappeler à Gentioux. À son monument aux morts sur lequel est apposée une plaque qui ulcéra longtemps les représentants de l'État : "Maudite soit la guerre et honneur à la paix".

"C’est magnifique ! Quelle idée il a eu le sculpteur ! C’est vrai que ça parle plus qu’un monument classique. Pour moi, ce monument est plus émouvant !", confie Daniel Valéan.

  

Le jeune garçon de la Creuse reviendra dans son village natal à la mi-juin. Pour retrouver sa place. Dignement. À côté de ses aînés. Les 58 tués de Gentioux morts durant la Grande Guerre. La boucherie de 14/18.