Une sage-femme de Limoges envoyée en Guyane pour soutenir les soignants fragilisés par la Covid-19

Partie pour trois semaines en Guyane, Maud Gorce, sage-femme au CHU de Limoges, soutient les équipes de soignants fragilisés par l’épidémie de Covid-19. Une expérience riche en découvertes, pour elle, et pour ses collègues de métropole.

Maud Gorce, sage-femme au CHU de Limoges, en pleine consultation à Saint-Georges en Guyane.
Maud Gorce, sage-femme au CHU de Limoges, en pleine consultation à Saint-Georges en Guyane. © France Televisions

C’est un cadre de travail inhabituel pour Maud Gorce, sage-femme au CHU de Limoges. Cette soignante vit sa première expérience loin, très loin de son hôpital. Elle est venue prêter main-forte aux équipes médicales de Guyane, fragilisées par l’épidémie de Covid-19 alors qu’en parallèle, les naissances sont toujours très nombreuses. Partie pour trois semaines à Saint-Georges (Guyane), elle doit faire face à d’importantes responsabilités tout en essayant de se faire comprendre dans cette région d’outre-mer française, à la frontière du Brésil. "On arrive à se comprendre avec les gestes, mais il y a plein de langues différentes qui sont parlées ici, beaucoup de portugais, de créole. Je ne maîtrise pas du tout ces langues-là", souligne Maud Gorce.

© Capture d'écran YouTube / France Télévisions

Des femmes enceintes partent "un mois loin de chez elles"

Et pour venir à Saint-Georges depuis Cayenne, Maud a parcouru 200 kilomètres dans la forêt, sans croiser de villages. Cette caractéristique est synonyme d’isolement. Il peut donc arriver que les soignants partent, eux-mêmes, à la rencontre des patients dans leur territoire, en pirogue. Et les futures mamans doivent faire preuve de patience…

Ici, les femmes enceintes, le dernier mois de naissance, doivent partir à Cayenne, parfois un mois, en attendant que le bébé décide de venir. Et ça, c’est quelque chose en métropole qu’on aurait du mal à imposer aux femmes, un mois loin de chez elle, de leurs enfants, pour attendre que l’accouchement se fasse.

Maud Gorce, sage-femme au CHU de Limoges

Cette épopée est suivie de près à Limoges par une autre sage-femme, Sophie Martinez, vice-présidente de l’association Action Santé Femme. Cette ONG a été sollicitée pour apporter des renforts en Guyane. Mais l’association intervient aussi dans de nombreux pays en développement, pour des missions d’urgence, d’accompagnement ou pour de la formation.

Les femmes ont un poids important sur l’économie. Elles travaillent, elles élèvent les enfants et pourtant leur santé n’est pas toujours la priorité du système de santé de certains pays.

Sophie Martinez, sage-femme et vice-présidente de l'ONG Action Santé Femme

Ouverture à d’autres manières de soigner

Cadre à l’hôpital de la mère et de l'enfant à Limoges, cette sage-femme partage sa propre expérience de l’étranger avec ses collègues. Cette ouverture leur apporte une autre approche du soin parfois moins technique et plus humaine, très utile pour accompagner les patientes d’origine étrangère. "Si on explique aux patientes, aux couples, pourquoi chez nous on fait comme ça, pourquoi dans les pays d’origine on fait différemment en expliquant les tenants et les aboutissants de chacune de ces prises en charge on peut favoriser l’adhésion aux soins proposés chez nous", indique Sophie Martinez.

Action Santé Femme est actuellement mobilisée à Mayotte et en Haïti avant un autre projet en République démocratique du Congo. La tâche est immense mais ces nouveaux liens bénéficient à tous, de la Guyane jusqu’au Limousin.

 

►Reportage France 3 (François Clapeau, Nicolas Chigot)
Mission de solidarité en Guyane, soutenue par l'ONG Action Santé Femme -

Une sage-femme limougeaude en renfort en Guyane ©France Télévisions

 

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