Thérapie contre la Covid-19 : les premiers patients intègrent un programme de recherche développé à Limoges et à Nancy

Réunis au sein d'un consortium, les centres hospitaliers universitaires de Limoges et de Nancy annoncent avoir inclus les premiers patients pour évaluer l'efficacité d'un traitement pour les formes sévères de la Covid-19. 
 
Le nangibotide pourrait restaurer la réponse immunitaire en cas de Covid-19
Le nangibotide pourrait restaurer la réponse immunitaire en cas de Covid-19 © Gerd Altmann via Pixabay

Nom de code Covitrem-1. Il s'agit d'un consortium qui réunit les centres Hospitalo-Universitaires de Nancy et Limoges dans la lutte contre le coronavirus. Objectif : évaluer la tolérance et l’efficacité de traitement (le nangibotide) chez les patients souffrant d’une forme sévère de la COVID-19. Ce traitement était testé initialement contre le choc septique (complication d'une infection) par la société de biotechnologie Inotrem mais pourrait bien donner des résultats en cas de Covid-19. 

Un programme de plusieurs phases

Une première étude préliminaire avait été menée par professeur Sébastien Gibot au CHRU de Nancy, qui est par ailleurs l'un des co-fondateurs de la startup Inotrem, créée en 2013. 

"Nous avons été les premiers à observer que la voie biologique TREM-1 était activée dans les formes sévères de la COVID-19 et nous sommes convaincus de l’intérêt de mieux comprendre l’implication de cette voie dans l’évolution de la maladie. Nous espérons aussi démontrer que nangibotide contribuera à diminuer les durées d’hospitalisation et la mortalité chez les patients souffrants des formes les plus graves de COVID-19" explique Sébastien Gibot.

Ce programme Covidtrem-1 se déroule en plusieurs temps. D'abord, 60 patients entrent dans ce que l'on appelle une étude clinique de Phase 2 (les essais de Phase 2 sont menés sur un petit groupe homogène de volontaires atteints de la maladie ciblée). Un premier patient a intégré cette phase au CHU de Limoges le 22 septembre. Un second patient a intégré, toujours à Limoges, une étude de cohorte, c’est-à-dire une étude menée sur un groupe plus important (1 000 patients), pour évaluer, selon une méthodologie rigoureuse, les effets du traitement. 

Le centre Hospitalier-Régional-Universitaire de Nancy (CHRU de Nancy) a mis en place la cohorte pour le consortium. 
"L’inclusion des premiers patients dans l’étude et la cohorte est une étape importante que nous sommes fiers de partager. La collaboration étroite que nous entretenons depuis longtemps avec les CHU de Nancy et Limoges démontre de manière probante qu’un industriel et des académiques peuvent travailler efficacement ensemble pour apporter de nouvelles solutions thérapeutiques à des patients qui n’ont pas encore aujourd’hui accès à un traitement vraiment satisfaisant", commente Jean-Jacques Garaud d'Inotrem. 

Un calendrier serré

L’étude clinique d’Inotrem sur la COVID-19 a été sélectionnée en juin 2020, pour faire partie du Plan d’action Gouvernement français destiné à renforcer les capacités nationales de recherche de solutions thérapeutiques et dans ce cadre, a reçu une aide de 5,4 millions pour couvrir les dépenses liées au test.

La biotech a obtenu le feu vert des autorités françaises en juillet 2020, tout comme celui des autorités belges et américaines pour lancer l'étude. L'essai clinique et l'étude de cohorte ont été initiés dans la foulée : "De nombreux efforts ont été déployés pour raccourcir les délais et le recrutement des premiers patients dans les deux études, ce qui représente une étape importante pour le programme CoviTREM-1" se félicitent les partenaires, Inotrem, le CHU de Limoges, le CRHU de Nancy et BpiFrance (Banque Publique d'Investissement), dans un communiqué. 
 

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