Un Limoges CSP renversant s'impose sur le fil, 83-80, contre Saint Quentin

Malmené en première mi-temps par Saint Quentin (et ses supporters !), le Limoges CSP a su combler un retard de quinze points (38-53), pour revenir transfiguré, et s'imposer au terme d'un money time haletant, 83-80. L'occasion d'une magnifique, et rare cette saison, communion avec Beaublanc.

Bouhhhouuuufffffolie !

Prononcez très longuement, avec une intonation dépitée au début, et beaucoup d'euphorie sur la fin : vous obtiendrez alors, en une improbable onomatopée, la folle soirée vécue par Beaublanc lors de cette réception de Saint Quentin.
Ce n'était pas l'Europe. Ce n'était pas les play-offs. Ce n'était même pas à quitte ou double... Mais ce fut exaltant, comme rarement cette saison, ni sur, ni hors du parquet.

Un cauchemar pour commencer

Première surprise, et non des moindres : on a surtout entendu les supporters saint-quentinois, avant le match, et durant ses vingt premières minutes. Venus à près de cinquante, ils ont su se hisser à la hauteur de Beaublanc, et c'est assez rare pour être souligné.

Après le match, Nicolas Lang confiait même que "C'était ce à quoi nous, on est habitué à l'extérieur, grâce à nos supporters, mais c'est vrai que ça nous a faits bizarre, ici, chez nous."

La salle, copieusement remplie, avait modérément sifflé l'arrivée de Céline Forte, malgré une banderole toute personnelle de la part des Ultra Green (Caen : 5h25 - 495km).

Mais elle fut surtout douchée par la prestation des siens qui, très vite, perdirent pied dans la rencontre.

Deuxième surprise : Saint Quentin, bien que diminué par les blessures, et avec peu de rotations, avait reçu, mieux qu'une invitation, un "pass backstage" pour accéder à l'intérieur limougeaud, et devenir le roi, non pas du dance-floor, mais de la raquette !

Les hommes de Julien Mahé, brillants promus faut-il le rappeler, y marquèrent seize points dans le premier quart, trente jusqu'à la mi-temps, dont dix-sept de la part du seul Dominik Olejniczak, pivot bourreau des Limougeauds.

Malgré une timide résistance, l'écart se creusait insensiblement, 19-25 à la fin du premier quart, 38-53 à la mi-temps, avec même, pour les visiteurs, le luxe d'un trois points au buzzer !

C'était même presque peu cher payé pour Limoges qui venait, une nouvelle fois, d'encaisser plus de cinquante points sur le premier exercice.

Sûrement rédhibitoire, Beaublanc était comme résigné...

Que s'est-il dit dans les vestiaires ?

"Qu'est-ce que je dis à la mi-temps aux joueurs ? Je leur dis qu'on est chez nous, que défensivement, on est en dessous de ce qu'on veut faire, et qu'ils ont les ressources nécessaires pour revenir dans le match." rapporte l'entraîneur à l'issue du match. 

Depuis le temps que je les connais maintenant, je leur dis qu'ils sont assez forts mentalement, qu'ils ont du coeur, donc qu'ils peuvent revenir dans le match, il faut juste qu'ils y croient !

Jean-Marc Dupraz

entraîneur du Limoges CSP

Dit comme ça, cela paraît très simple. Surtout, à postériori. N'empêche : gardez bien ces paroles du champion d'Europe 1993, c'est sans garantie, mais avec trivialité, la vache, ça pourrait être efficace.

Car à la reprise de la rencontre, sa physionomie changea du tout au tout.

Une reprise convaincante

Jusqu'à ce moment, seuls Nemanja Nenadic, Nicolas Lang et Alexandre Chassang, bien que trop vite handicapé par trois fautes, avaient surnagé côté limougeaud.

Mais d'un coup, aidé par des ajustements en défense, notamment sur les picks and rolls, et une adresse des Axonais qui diminuait à vue d'œil, le CSP retrouva de l'allant, infligeant à son adversaire un 9-2 en moins de trois minutes.


Beaublanc se mit à rugir, avant de se rendre compte que l'écart restait tout de même de huit points, sécurisé en plus dans la foulée par Saint Quentin.

Qu'importe, c'était alors une hargne et une combativité limougeaude qui apparaissait, symbolisée par Danilo Nikolic, qui ne prenait pas feu mais pas loin.
Cela dit, 55-65 à l'entame du dernier quart, on se disait que Limoges était parti de trop loin.

Un dernier quart de dingue, un money time de fou !

Dix points de retard à la trentième minute, oui mais, un d'avance cinq après, pour un score de 70-69.

De moins en moins bien physiquement, de moins en moins adroit, sans doute de plus en plus impressionné par un Beaublanc incandescent, Saint Quentin venait de tout dilapider. Notamment par Kameron Mc Gusty, presque invisible jusqu'alors et surtout muet, mais avec quatorze points au total dans ce dernier acte.

Et là, c'est inracontable, il y en eut trop, il fallait y être. Un coup à toi, un coup à moi, trois lancers francs de raté, un trois points qui rentre, deux qui ressortent, une contre-attaque fatale, un stop de mammouth, 77-78...

Et à trente secondes du terme, Nenadic en suspension... 80-78.

Et à quinze secondes du terme, l'extérieur qui se refuse mais la deuxième chance qui sourit aux visiteurs...80-80.

Temps mort bien sûr...

Et Beaublanc, qui venait de vivre plusieurs minutes en mode allumé/éteint/allumé, apnées comprises, de se lever comme un seul homme.

On voit les gestes, on comprend la tactique appelée pour trois points. Donc pour Lang. Mais il n'est pas disponible. Plus que deux secondes !

La balle à Mc Gusty... Il s'élève... Au-delà du cercle... C'est dedans !!!

Malgré une "Ave Maria" désespérée de Saint Quentin, la messe est dite, 83-80 pour le CSP, un retour venu d'ailleurs.

Les joueurs s'enlacent, le clapping débute, le tour d'honneur enchaîne, on voit même le maire Lombertie embrasser l'entraîneur puis, improbable, le président Jamot...
Jusqu'à des hurlements de joie entendus dans le vestiaire comme jamais depuis longtemps...

Et maintenant ?

Tout d'abord, savourer. Dans le contexte actuel, cette victoire est trop précieuse, trop rare pour être boudée.

Ensuite, s'apercevoir que les plus proches poursuivants, Gravelinnes à Cholet, Chalon contre Roanne dans le match de la peur, Dijon contre la SIG, se sont imposés. Qu'à l'heure où sont écrites ces lignes, on ne sait pas encore pour Le Mans et Nancy, mais qui jouant respectivement Paris et Monaco...

Un Rocher où les Limougeauds partiront justement dès ce dimanche, pour préparer leur rencontre de la 32ème journée, anticipée dès ce mardi 9 avril, pour permettre aux Monégasques, ogres s'il en est, de peut-être vivre leur gloire européenne, fin avril.

Bref, ne pas s'enflammer. Mais reconnaître, comme souvent, aux joueurs et au staff, une vraie solidarité, digne de fierté. Et au CSP, avouer un amour malgré tout ce qu'il peut faire endurer.

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