Les vestiges de la place de la République au point mort à Limoges

Lancée en octobre 2018, la première phase des travaux sur la place de la République avance et devrait s'achever au printemps 2020. Une question reste en suspens : quelle mise en valeur des vestiges mis au jour lors des fouilles ? Aucune réponse de la mairie pour le moment.

 

La mise en valeur des vestiges de la place de la République de Limoges au point mort
La mise en valeur des vestiges de la place de la République de Limoges au point mort © Martial Codet-Boisse
La 1re phase de travaux sur la partie nord de la place de la République devrait être livrée au printemps 2020. Elle comprend le renforcement de la dalle, les aménagements d'accès au parking souterrain, un début de végétalisation ou encore le pavage des rues adjacentes. Pour la mise en valeur des vestiges trouvés lors des fouilles, il faudra attendre...

Un appel d'offres qui tombe à l'eau


Un 1er appel d'offres a eu lieu en 2018. Un candidat a présenté un projet, rejeté au 1er semestre 2019 car ne répondant pas à la demande :

On demandait que les vestiges soient visibles depuis l'extérieur mais ils étaient quasiment invisibles. Juste une petite ouverture de 50 cm sur 50 cm qui permettait de voir un bout d'abside du chevet de Saint-Martial. C'était inadmissible ! (Michel Toulet, président de l'association Renaissance du Vieux Limoges)

Les vestiges de la place de la République au point mort à Limoges
L'association de défense du patrimoine "Renaissance du Vieux Limoges" rappelle également qu'après l'obtention en 2008 du label "ville et pays d'art et d'histoire", la municipalité a dans l'obligation de créer un Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine. Un centre qui devrait prendre place dans le bâtiment prévu sur la place de la République à proximité des vestiges.

Nous demandons la visibilité des vestiges depuis l'extérieur et l'intérieur et la possibilité de visiter ces vestiges. Nous demandons aussi la présence d'un CIAP (Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine) permettant de faire comprendre aux touristes l'intérêt de ce lieu. (Michel Toulet, président de l'association Renaissance du Vieux Limoges)

Le bâtiment de la "Halle République" qui pourrait abriter le CIAP sur la place
Le bâtiment de la "Halle République" qui pourrait abriter le CIAP sur la place © In Situ - Cyrille Jacques Illustrateur

Silence radio côté mairie


Le comité scientifique, constitué d'experts et d'archéologues, devait se réunir dès le printemps 2018 pour donner son avis sur la mise en valeur des vestiges de la place de la République.

Repoussé par la municipalité à novembre 2018 puis au printemps 2019, à notre connaissance, aucune date n'a été fixée alors que la phase 2 des travaux doit débuter en 2020 et s'achever en 2022.

Un appel d'offres reporté, un comité scientifique en sommeil et une municipalité qui ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet, du moins pas dans l'immédiat, peut-être après les élections municipales ?

Le maire Emile-Roger Lombertie a pourtant affirmé à plusieurs reprises son attachement à la mise en valeur de ces vestiges :

Cela doit être une place ou doivent se dérouler des événements de vie, où les bars, les restaurants doivent apporter cette dynamique supplémentaire et c'est pour cela que nous réfléchissons à un beau bâtiment pour la mise en oeuvre de l'archéologie et la promotion du tourisme. (Emile Roger Lombertie, maire LR de Limoges, lors d'un point sur les travaux le 10 décembre 2019)

Les vestiges de la place de la République en sommeil à Limoges

Un patrimoine historique exceptionnel


En attendant qu'un nouvel appel d'offres soit lancé, rappelons l'importance archéologique de ce site au coeur de Limoges. La place de la République, anciennement place Royale, a été le témoin de plus de 2000 ans d'Histoire. Elle a notamment connu 3 églises dont il reste aujourd'hui des murs témoins.

La grande abbaye romane de Saint-Martial, détruite à la Révolution, est notamment représentative de la création des émaux en "champlevé" connus dans le monde entier.

Dès la fin des années 1960, lors de la construction d'un parking, les restes de la basilique Saint-Sauveur et de l'abbaye abritant le tombeau supposé de Saint-Martial ont été découverts.

Les fouilles débutées en juin 2015 ont remis au jour, à côté de la crypte existante, ces vestiges d'une grande importance patrimoniale.
 
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