VIDÉO. Chasse : les buralistes autorisés à vendre des munitions dès le 1er janvier 2024

durée de la vidéo : 00h01mn49s
Reportage d'Antoine Jegat, André Abalo et Marion Haranger, tourné le 30 décembre 2023. ©France Télévisions

À partir du 1er janvier 2024, les buralistes seront autorisés à vendre des munitions de chasse. La mesure sera expérimentée dans les Pyrénées-Atlantiques avant d’être étendue au reste de la France. Mais ce nouveau service pose de nombreuses questions, comme celle du stockage de cette marchandise.

À partir du 1er janvier 2024, il sera non seulement possible d'acheter des cartouches de cigarettes dans les bureaux de tabac, mais aussi des munitions destinées à la chasse...  

Pourtant très fréquenté par les chasseurs, le bureau de tabac de Compreignac (Haute-Vienne) n’a pour l’instant pas prévu d’en vendre : "Nous serions apparemment obligés de se servir à l'armurier le plus près de chez nous. Et au niveau des tarifs, on ne sait ni combien ils vont nous les facturer, ni combien on doit les vendre", se questionne Valérie Fragnaud, buraliste.

Une nouvelle mesure très encadrée

En plus d’investir dans une chambre forte, les buralistes devront respecter des règles strictes : deux jours de formation, ne proposer que les catégories C et D à la vente, obtenir un agrément du préfet ainsi qu’une autorisation en mairie… De quoi refroidir les plus motivés.

"Il va falloir que les buralistes se forment, investissent... Ça va demander du temps. Et on ne peut pas vendre des cartouches en même temps qu'on sert de l'alcool, ils devront donc avoir une pièce spécifique", déclare Serge Lahoundere-Sourinou, armurier. "Les chasseurs n'achètent pas des quantités de munitions énormes, c'est quelques boites à l'année. L'investissement sera énorme et avant de le rentabiliser, je pense qu'ils auront le temps."

Serge Lahoundere-Sourinou vend toutes sortes de munitions, dans une boutique très sécurisée… Contrairement aux bureaux de tabac. Valérie Fragnaud a déjà été victime de trois cambriolages en deux mois : "Si c'est pour venir nous acheter les munitions et venir nous braquer après, c'est non", grimace la buraliste compreignacoise.

Les chasseurs ont leurs habitudes

Les chasseurs ont déjà leurs habitudes dans des magasins spécialisés, et à les écouter, cela n'est visiblement pas prêt de changer : "Un buraliste ne sera pas à même de prodiguer des conseils sur la précision, la rapidité des munitions, leurs avantages ou inconvénients...", explique Jean-Jacques Mazière, vice-président de la fédération de chasse de la Haute-Vienne.

La mesure sera expérimentée dans les Pyrénées-Atlant1ᵉʳes à partir du 1er janvier, avant d’être étendue au reste de la France.