Plus d'une centaine de personnes a participé à la 3e édition de la Nuit de la radio, organisée à l'Etoile Bleue, à Saint-Junien en Haute-Vienne. Le thème, "Femmes en lutte", a particulièrement intéressé les auditeurs.
Le principe est le suivant : pendant une nuit, de 18h à 6h du matin, le public peut venir quand il veut dans un studio de radio éphémère installé à L'Etoile Bleue, pour écouter des documentaires sonores confortablement installé dans des transats ou sur des matelas.
Ces podcasts, débats et entretiens, sont diffusés en direct sur les ondes de la radio Beaub'FM, et également ponctués de pauses culturelles, interludes musicaux ou théâtraux.
Douze heures de radio en continu, cela peut ressembler à une performance, un vrai marathon, mais ce n'est pas ce que recherche Chami, co-organisateur et co-animateur de la Nuit : "Au delà de la performance, c'est surtout prendre le temps. Ça va à contresens de ce qu'on nous offre aujourd'hui sur les réseaux sociaux et plein de médias. Là, on est là pour prendre le temps de se rencontrer, de discuter, et surtout prendre le temps d'écouter."
Femmes en lutte
A quelques jours du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, la thématique des luttes féministes était au coeur de cette Nuit de la radio.
Il a été question d'excision, de patriarcat, de métiers plutôt masculins exercés par des femmes (comme guide de haute montagne, ou encore agricultrice).
Parmi les invités cette année : Morgan Large, une "journaliste en lutte" qui travaille dans une radio bretonne et enquête sur un sujet extrêmement sensible, l'agriculture intensive en Bretagne. Elle a subi des menaces à plusieurs reprises.
"J'ai été la cible de pressions assez inadmissibles : on est venu forcer les portes de la radio, mon chien a été empoisonné, on est venu desserrer une roue de ma voiture pour que j'aie un accident... et ça chez moi, c'est ma voiture personnelle, pas une voiture de travail.", énumère-t-elle, "Moi je suis quelqu'un qui lutte pour qu'on puisse faire son métier de journaliste sans être inquiété, qu'on soit une femme ou un homme d'ailleurs, et qu'on puisse le faire correctement."
Un public conquis
La thématique choisie pour cette 3e Nuit de la radio a attiré une bonne centaine de spectateurs-auditeurs. Comme René.e (elle tient à cette orthographe en écriture inclusive de son prénom), qui anime des cafés féministes en Creuse : "La programmation de cette nuit est tellement riche ! J'avais envie d'entendre ces différentes voix, ces différentes manières d'entrer dans le féminisme, c'est hyper enthousiasmant, hyper nourrissant !"
Au fil des heures qui passent, les cernes apparaissent sur les visages, le public s'avachit, s'allonge sur les matelas mis à disposition. Mais ça tombe bien, c'est fait pour ça. Et la nuit va être longue...