A Saint-Mathieu, un compteur Linky prend feu et ravive les critiques

A gauche, un compteur Linky intact, servant à l'éclairage municipal de Saint-Mathieu. A droite, le compteur Linky ayant pris feu dimanche dernier. / © Olivier Faissole - France 3 Limousin / Georges Tixeuil
A gauche, un compteur Linky intact, servant à l'éclairage municipal de Saint-Mathieu. A droite, le compteur Linky ayant pris feu dimanche dernier. / © Olivier Faissole - France 3 Limousin / Georges Tixeuil

Dimanche 28 janvier, l’incendie d’un compteur Linky à Saint-Mathieu a mis le feu aux poudres… En mars dernier, la commune de Haute-Vienne était la première en Limousin à refuser ces compteurs avant de se plier à la loi.

Par Anouk Passelac

C’est par un mail scandalisé que l’on apprend la nouvelle… «Dimanche 28 janvier 2018, le compteur Linky installé de force par Enédis sur le réseau d'éclairage public de Saint Matieu (87) malgré la délibération municipale PREND FEU !» s’indigne Georges Tixeuil, adjoint au maire de Saint-Mathieu. Preuve à l’appui, l'élu joint la photo d’un compteur qui a littéralement fondu.

© Georges Tixeuil
© Georges Tixeuil


L’incident, survenu dans la soirée de dimanche, a été rapidement maîtrisé. Un agent d’Enedis s’est immédiatement rendu sur place pour ouvrir le local aux pompiers qui ont pu éteindre le feu.

"Qui paye ?"


Serait-ce un acte intentionnel dans cette commune farouchement opposée aux compteurs Linky ? Peu de chances : l’agent d’Enedis présent sur place n’a pas conclu à un incendie d’origine criminelle.

Pourtant, c’est l’occasion de raviver les critiques envers ce compteur un peu particulier. Concernant le déplacement du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) depuis Limoges, située à 50 kilomètres de Saint-Mathieu, Georges Tixeuil interpelle: «Combien ça coûte ? qui paie ?». L’adjoint au maire évoque aussi la sécurité : «si c'était un compteur particulier avec des occupants absents, que ce serait-il passé ?»

Saint-Mathieu, premier opposant limousin à Linky


Saint-Mathieu a fait partie des 320 communes à refuser leur installation sur son territoire via une délibération municipale, et la première commune en Limousin. Les élus redoutaient deux choses : que ces boîtiers émettent des ondes électromagnétiques néfastes pour les habitants, et que les données relevées par les compteurs soient revendues à des fins commerciales.

Ces craintes sont aujourd’hui démenties. Dans une expertise rendue fin 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) avait conclu «à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme».

Quant aux données personnelles, Jean-Luc Gautier, directeur territorial Enedis 87 était formel:  «la vie privée des gens n’intéresse pas Enedis, ce qui nous intéresse, c’est de piloter le réseau». Fin de la discussion.

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