Des sanctions plus lourdes

Depuis le 5 janvier, les sanctions pour lutter contre les infractions routières sont renforcées.

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BORDEAUX, Claude Chambonneau invité du 12-13

Claude Chambonneau est le président de l'Automobile club du Sud-Ouest. Il répond aux questions du 12-13 de France 3 Aquitaine et donne son avis à propos du renforcement des mesures de sécurité routière.

Les automobilistes doivent redoubler de prudence. Téléphoner au volant, utiliser un détecteur de radars, regarder un film en conduisant vont dorénavant coûter cher en amendes et en points du permis de conduire, selon un décret paru mercredi  que les associations d'usagers de la route critiquent durement.

Téléphoner appareil en main en conduisant sera puni de 135 euros d'amende et du retrait de 3 points du permis (contre 35 euros d'amende et deux points auparavant). Mais le kit mains-libres reste autorisé, au grand dam de la Ligue contre la violence routière (LCVR), qui rappelle que les risques sont les mêmes.

Un conducteur ayant dans son champ de vision un écran autre que le GPS – télévision allumée, console de jeux vidéo ou smartphone utilisé pour lire une vidéo, comme c'est parfois le cas de certains routiers - écopera d'une amende de 1.500 euros (contre 135 précédemment) et d'un retrait de trois points au lieu de deux. La gendarmerie relève près de 300 infractions de ce type par an.

Concernant la vitesse, la détention, le transport et l'usage des avertisseurs de radars sont interdits. En cas de non respect, il pourra en coûter 1.500 euros, le retrait de six points et la saisie de l'appareil. Grâce à des mises à jour des logiciels, les avertisseurs deviendront des "assistants d'aide à la conduite" signalant les zones dangereuses, où peuvent se trouver des radars fixes mais pas forcément. L'Intérieur fournira courant janvier une carte de ces zones dangereuses aux fabricants.

Sur autoroute, l'amende sanctionnant la circulation sur la bande d'arrêt d'urgence ou son franchissement passe de 35 à 135 euros. Les sociétés d'autoroute ont financé plusieurs campagnes sur ce thème pour lutter contre les accidents touchant leurs équipes.

Tout conducteur d'un véhicule obligatoirement équipé d'un éthylotest antidémarrage (condamnés, chauffeurs d'autocars récents...) doit utiliser ce dispositif préalablement au démarrage. Ne pas le faire (en neutralisant l'éthylotest ou en faisant souffler un tiers) coûtera 135 euros - pour le chauffeur comme pour le complice.

Pour les motards (machines de plus de 125 cm3), le port d'un équipement rétroréfléchissant d'au moins 150 cm2 sera obligatoire en 2013, sous peine d'une amende de 68 euros et du retrait de 2 points. Une décision "stupide et à nouveau bricolée dans la précipitation", a dénoncé la Fédération française des motards en colère (FFMC). Dès le 1er juillet, la taille des plaques d'immatriculation des deux-roues augmentera. Seuls les véhicules neufs ou les réimmatriculations sont concernés, le décret n'impose aucun changement des plaques existantes. L'usage de plaques non conformes coûtera alors 135 euros d'amende, contre 68 auparavant.

Enfin, les juges administratifs peuvent désormais accéder directement au fichier national des permis de conduire. Les associations d'automobilistes et de lutte contre l'insécurité routière critiquent le décret. "Tout répressif" pour 40 millions d'automobilistes, "effets d'annonces de politiciens" pour la FFMC, "tout à fait insuffisant" pour la LCVR, l'Automobile Club jugeant que "l'essentiel n'y est toujours pas".

En Gironde...

L'année 2011 a été placée sous le signe d'une répression accrue. Une tendance qui va se confirmer en 2012.

Les contrôles de vitesse se sont fortement intensifiés en 2011 (+27% par rapport à 2010), comme le nombre de contrôles d'alcoolémie (+23%). Dans le même temps, le nombre d'infractions constatées liées à la vitesse a augmenté de 33% et celles liées à l'alcool de plus de 14%.

Du coup, le budget d'équipement des forces de l'ordre est passé de 5% à 23% du budget départemental de sécurité routière, permettant ainsi l'achat de trois véhicules banalisés, de radars portables, de kits de détection de drogue et d'éthylotests.



Le préfet de région Patrick Stéphanini sera l'invité de notre émission "la Voix est libre" samedi à 11H30.   Il s'exprimera notamment sur les mesures de sécurité routière.

En 2012...

Le préfet de la Gironde Patrick Stéphanini annonce 4 priorités pour 2012.

1. La lutte contre l'alcool, surtout envers les 18-25 ans
Avec la distribution de 5.000 éthylotests gratuits lors des opérations de contrôle routier et la poursuite de la sensibilisation des responsables de bars et de boites de nuit.

2. La lutte contre la vitesse excessive
Avec l'installation de 8 nouveaux radars fixes, qui s'ajoutent aux 18 existants (et aux 20 radars pédagogiques déjà installés).

3. La lutte contre la drogue au volant
Avec la présence d'un médecin sur les opérations de contrôle routier et l'accroissement de la fiabilité des test de dépistage.

4. Elaboration de nouvelles mesures
Avec la révision de la cohérance des limitations de vitesse ainsi que des réunions pour innover en matière de mesures de sécurité routière. Le département s'inspirera peut-être de la ville de Pau qui a, depuis peu, lancé sur les routes de la ville une moto de gendarmerie banalisée.