Gironde : grève au 115

Les professionnels de l'urgence sociale lancent un cri d'alarme contre les coupes budgétaires.

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Bordeaux : grève au Samu social

Le 115 sonnait dans le vide aujourd'hui à Bordeaux. Une grève inédite des personnels qui dénoncent les importantes coupes budgétaires annoncées par le gouvernement alors que selon eux, il n' y a jamais eu autant de besoins pour prendre en charge les personnes en difficulté.

La grève a touché une trentaine de départements, dont la Gironde. A Bordeaux, les manifestants se sont rassemblés square André Loth, devant le bus qui sert des repas aux SDF en période estivale. Ils dénoncent  les restrictions budgétaires et la méthode du gouvernement pour réformer le secteur.  

C'est le deuxième coup d'éclat. Il y a deux semaines, Xavier Emmanuelli, le président du Samu social démissionnait.

Des moyens insuffisants

Eté comme hiver,  ces voix anonymes répondent au 115, le numéro d'urgence social pour les sans-abri. Toute l'année, ces travailleurs sociaux assurent les maraudes, ces patrouilles nocturnes pour aller à la rencontre de ceux qui dorment dans la rue. Leur mission est d'établir un contact, trouver une solution de relogement dans l'urgence. Mais aujourd'hui,  ils estiment  qu'ils n'ont plus les moyens suffisants.

Sur la Communauté Urbaine de Bordeaux, le nombre d'infirmières du samu social est passé de 18 à 12. Sur le département, le budget a déjà baissé de 30 % .  Les professionnels réclament de l'argent. Mais l'Etat a annoncé en mai une réduction des moyens alloués en 2011 à l'hébergement des personnes sans abri.

Une situation ingérable

Places d'hébergement supprimées, Samu social et numéro 115 saturés, familles réfugiées aux urgences des hôpitaux, le 19 juillet le président fondateur du Samu social Xavier Emmanuelli démissionnait. Il estimait que la situation budgétaire n'était  "plus gérable. "Les services d'urgence sont amenés à trier les personnes sans abri, à refuser d'accueillir des familles et à réduire leurs services. Ces contraintes placent les travailleurs sociaux dans des contradictions insupportables", souligne la Fnars, la Fédération nationale des associations de réinsertion sociale.

Le logement d'abord

Le gouvernement veut désormais privilégier le "Logement d'abord" : donner la priorité à  un véritable logement, sans passer par la case de l'hébergement d'urgence, très coûteux.

Mais les associations estiment que le gouvernement "met la charrue avant les boeufs". Il réduit le nombre de places en hébergement avant qu'un  nombre de logements suffisant soit disponible. 

 Interrogé sur RMC, le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, a affirmé que les budgets de l'hébergement d'urgence avaient "augmenté en l'espace de quatre ans" en Ile-de-France, où les difficultés du marché du logement se cumulent.  "On ne supprime pas de places" d'hébergement, a-t-il déclaré. Il en existe 115.000 aujourd'hui dans toute la France. Si 4.500 doivent disparaître d'ici fin 2011, 4.500 nouvelles seront dans le même temps créées dans des logements selon le secrétaire d'Etat.