Le dossier des émaux radioactifs refait surface

Un limougeaud a trouvé par hasard des niveaux de radioactivité très élevés sur des oeuvres des années 60

Tout est parti du domicile d’un mathématicien limougeaud. Passionné de mineraux et récent acquéreur d’un appareil de mesure de radioactivité, il teste par curiosité ses émaux et trouve des niveaux anormaux.

L’explication : après les années 50, la Cogéma, qui exploitait des mines dans la région, a revendu aux émailleurs de l’uranium pour réaliser un pigment de couleur jaune.

Le mathématicien rend l’affaire publique, poussant l’Agence Régionale de Santé (ARS) à le contacter pour lui demander des précisions. L’ARS envisage aujourd’hui de saisir l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire qui pourrait mener une expertise.

La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) avait déjà soulevé le problème il y a plus de 10 ans. Elle se penche à nouveau sur ce dossier. Son président explique que de nombreux particuliers sont aujourd’hui inquiets, et pour cause : cette radioactivité peut représenter un réel danger. Par exemple, les pendentifs qui ont été fabriqués avec le pigment incriminé sont en contact avec la peau et sont donc potentiellement problématiques.

La CRIIRAD devrait se déplacer à Limoges dans les prochaines semaines pour informer le grand public et permettre aux personnes qui possèdent des émaux fabriqués après les années 50 de tester leur radioactivité.