L'Europe agricole et le Limousin : attentes et inquiétudes

Les agriculteurs s’apprêtent à défiler, ce jeudi 24 mars à Clermont-Ferrand, pour dénoncer la loi Egalim et la baisse des aides annoncées par l’Europe. La Politique Agricole Commune qui tient un rôle déterminant pour l'agriculture du Limousin.

En Limousin, la majorité des aides de l'Europe va aux éleveurs de bovins
En Limousin, la majorité des aides de l'Europe va aux éleveurs de bovins © FTV

Pourquoi la PAC ?

Pour bien comprendre l’importance de la Politique Agricole Commune, il faut se plonger dans son histoire. En 1957, le traité de Rome entérine sa création mais sa mise en place n'aura lieu qu'en 1962. Elle résulte d'une volonté commune de soutenir l’agriculture des Etats membres. Son socle repose sur deux piliers : les aides directes aux exploitants et le développement rural.

La PAC assure aux agriculteurs des prix garantis, des subventions pour que les exportations agricoles européennes ne soient pas pénalisées face au marché mondial ainsi qu'une protection contre des produits importés via des taxes douanières.

Après de nombreuses réformes, la dernière en date est en cours de négociation au conseil et au parlement européen. Elle va engager les pays de l’Union de 2021 à 2027.

Quelques chiffres...

Illustration - La PAC représente près de 30% du budget européen, moitié moins que dans les années 80
Illustration - La PAC représente près de 30% du budget européen, moitié moins que dans les années 80 © Patrick Pleul/MaxPPP

Les aides liées à la Politique Agricole Commune constituent bien souvent l'unique revenu des exploitants. En 2018, 332 millions d’€ ont été distribués à 10 400 agriculteurs en Limousin, en grande majorité des éleveurs.

L'agriculture française (chiffres 2018) est la plus soutenue financièrement par l'Europe et représente presque 17% du budget d'aides de la P.A.C

Des aides en forte baisse. Avec la sortie du Royaume-Uni et d'autres priorités de l'Union Européenne (migration, économie numérique, transports...), les subventions agricoles ont diminué de 15% en 2020.  

Au début des années 80, la part agricole dans le budget européen représentait 66% des aides. Avec 324,2 milliards d'€ sur la période 2021/2027, elle ne sera plus que de 28,5%.

 

Un désengagement qui suscite des inquiétudes 

A chaque réforme de la P.A.C, baisse du budget !

Bernard Venteau, président de la chambre d'agriculture de Haute-vienne

Le président de la chambre d’agriculture de Haute-Vienne Bertrand Venteau est vent debout contre la baisse annoncée des aides : "On risque de se faire amputer de 40% l’aide aux bovins allaitants ! Un éleveur bovin allaitant, il fait vivre en moyenne 7 personnes sur une exploitation."

Côté Confédération Paysanne,  Frédéric Lascaud, porte-parole sur la Nouvelle-Aquitaine s’inquiète pour la transition environnementale : "Bien-être animal, fin des pesticides...c’est nécessaire mais ce sont des contraintes grandissantes pour les agriculteurs, il faut qu’ils soient aidés. Les mesures agro-environnementales ont été prises pour répondre à une demande des consommateurs. Il ne faudrait pas que l'Europe recule sur ce point. "

Dans ce contexte tendu, les agriculteurs ne doivent pas oublier de faire leur télé-déclaration du 1er avril au 17 mai pour recevoir les aides de la P.A.C. "Nous les accompagnons sur rendez-vous ou par téléphone afin de n'oublier personne. En 2020, près de 100 millions d'euros ont été versés aux agriculteurs corréziens", précise Sylvie Charissoux de la Direction des Territoires de Corrèze.

 

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