Fin des emballages plastiques : le casse-tête des producteurs de fruits et légumes

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Écrit par Thibault Grouhel .

Depuis le 1er janvier 2022, la loi anti-gaspillage interdit l’utilisation de plastique pour emballer certains fruits et légumes. Les producteurs ont dû investir et se réorganiser pour s’adapter à ces nouvelles contraintes. Exemple avec la Scaap Kiwifruits, coopérative basée à Labatut (Landes).

Chaque jour, ils défilent par milliers sur les tapis roulants de la Scaap. A Labatut, la plus grande coopérative de kiwis de France voit passer 20 000 tonnes de fruits par an, dont un tiers est emballé pour être redistribué en supermarché. Ayant jusqu’à présent recours au plastique, plus pratique et moins coûteux, l’entreprise a dû faire face à un nouveau défi comme de nombreux autres producteurs.

Depuis le 1er janvier 2022, la loi anti-gaspillage interdit l’utilisation de plastique pour emballer la plupart des fruits et légumes. Une nouvelle donnée qui a bouleversé toute la chaîne de production, mais que les responsables ont anticipée. “Cela paraît très simple quand on voit la machine fonctionner : la barquette se ferme, l'étiquette se colle et tout va bien, mais cela a demandé quand même un travail de presque 3 ans d’adaptation et de choix de matériaux, explique Patrick Piquin, le directeur de la coopérative. Le tout a été de concevoir des modèles de barquettes adaptés au calibre des fruits.”

Investissements et réorganisation du travail

Pour cela, l’entreprise a réalisé des investissements conséquents, de l’ordre de 300 000 € “pour les chaînes de préparation des emballages et l’automatisation”, détaille François Lafitte, président du groupe Scaap Kiwifruits France. En plus des machines, la coopérative doit faire face à une augmentation de ses coûts de production, intrinsèquement liée à la matière première. Elle doit en effet débourser trois à quatre fois plus pour un emballage en carton que pour son équivalent en plastique. Suffisant pour que cette augmentation se répercute sur les prix de vente ? “Les clients n’ont pas intérêt à ce que les prix augmentent en magasin, mais nous avons aussi besoin d’amortir ces surcoûts, admet Patrick Piquin. Il faut qu’on se mette d’accord, c’est une discussion à avoir.”

Autre inconvénient du carton, lourd de conséquences en termes de réorganisation du travail : “l’obligation de faire les commandes au jour le jour, pointe François Lafitte. Nous devons les préparer au dernier moment pour éviter que le carton ne s’humidifie dans les entrepôts, et faire en sorte que l’emballage résiste à l’humidité le plus longtemps possible.” Désormais, les cartons de kiwis ne sont stockés que 48 heures au maximum avant leur transport, contre quatre à cinq jours pour du plastique.

Du gros emballage à la petite étiquette

Enfin, une dernière problématique reste pour le moment sans réponse : celle des étiquettes collées sur les fruits vendus en vrac. Fabriquées en plastique, elles sont également amenées à disparaître sous leur forme actuelle. Si les entreprises ont l’autorisation d’écouler leurs stocks restants, elles doivent trouver une alternative pour afficher la provenance de leurs fruits et légumes et ainsi assurer leur traçabilité.  “C’est une demande importante de la part des consommateurs et des distributeurs, ils veulent savoir d’où viennent les produits qu’ils achètent, conçoit François Lafitte. Nous avons essayé le papier, mais il ne colle pas de manière satisfaisante. Nous n’avons pas encore de solution technique, mais nous allons la trouver dans les mois à venir.”

Un dernier défi de taille pour la coopérative. Sur les 20 000 tonnes de kiwis écoulées chaque année, près des deux tiers sont redistribuées en vrac.

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