Landes : les chasseurs en grève appellent à une manifestation massive à Mt-de-Marsan pour défendre une identité rurale

Publié le Mis à jour le
Écrit par Cendrine Albo .

Les chasseurs landais ne décolèrent pas depuis la publication de l'arrêté interdisant la chasse traditionnelle à l'alouette. Une pratique ancestrale qu'ils ne comptent pas voir disparaître. Ils redoutent de nouvelles interdictions et appellent l'ensemble du monde rural à manifester le 18 septembre.

"Oui on est en colère, ce qui nous arrive est incompréhensible" déplore Vanessa Maynes, la présidente de l'association de chasse de Pissos, petite commune de la haute Landes.

Chasses non conformes au droit européen 

Il y a un mois le Conseil d'Etat annulait les autorisations de chasser les vanneaux huppés, les pluviers dorés, les alouettes des champs, les grives et les merles noirs "à l'aide de filets (pantes, tenderies) ou de cages (matoles)".

La raison ? "Ces autorisations ne sont pas conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux".

Ces techniques ancestrales de chasse, désormais illégales, sont largement pratiquées dans les Landes mais aussi en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et dans les Pyrénées-Atlantiques.  

"Avec la chasse au filet on tire très très peu au fusil, les enfants peuvent venir, c'est très convivial" assure François-Xavier Tapin, lui aussi membre de l'association des chasseurs de Pissos et lui aussi très remonté contre "les gens qui décident".

Ils ne sont jamais venus ici voir comment ça se passe. Ils ne voient que le mal fait aux animaux, nous on voit les choses très différemment. On est entre amis, on passe un bon moment, c'est plus convivial qu'autre chose. Si vraiment ce type de chasse détruisait des populations d'oiseaux, je pense que ça se saurait depuis longtemps !

Grève de la régulation des gros gibiers

Vanessa, François-Xavier et des centaines de chasseurs landais ne comptent pas se laisser faire. Ils ont décidé de ne plus participer aux battues qui permettent de réguler le gros gibier. "On a décidé de poser les armes et de dire stop. Les chasses sont en danger, il faut se battre" explique Vanessa Maynes.

Ces chasses de régulation sont pourtant obligatoires. Indispensables pour limiter les populations de chevreuils et de sangliers responsables de lourds dégâts dans les cultures.

"On essaie de faire bouger les choses comme on peut. On veut montrer qu'on n'est pas juste là pour faire de la régulation" argumente François-Xavier Tapin, "on veut continuer à prendre du plaisir sur les petites chasses, comme celle de l'alouette". 

Une "insulte" pour la ruralité

Cet arrêté est un message presque insultant pour les peuples ruraux. L'écologie c'est pas ça, c'est pas s'attaquer à quelques centaines de pratiquants qui font de la chasse ancestrale, contrôlée, respectent les directives et ont en plus un rôle social très important dans nos campagnes.

Régis Hargues - Directeur de la fédération de chasse des Landes

Le président de la fédération de chasse des Landes, la deuxième plus importante de l'ex-Aquitaine après la Gironde, n'appelle pas, pour sa part, à faire la grève des battues. Il compte sur un rassemblement d'ampleur le 18 septembre à Mont-de-Marsan, préfecture des Landes, pour faire fléchir le gouvernement.

"Notre message est incompris, c'est insupportable" regrette t-il. "Certains font la grève des battues mais pour nous la priorité c'est la manifestation du 18 septembre". Où les chasseurs ne seront pas seuls à battre le pavé. "Les élus, les agriculteurs, les défenseurs de la tauromachie, de la course landaise seront à nos côtés" assure Régis Hargues.

Car pour lui, aujourd'hui, c'est toute la ruralité qui est attaquée.

"Les chasses traditionnelles sont un peu le vecteur de mécontentement mais on sait que l'élevage est attaqué, le gavage, ce sont toutes les pratiques de nos campagnes qui sont menacées. On tente de nous priver d'une relation privilégiée avec l'animal alors que notre mode de vie est lié à la proximité avec les animaux".  

Un rassemblement d'ampleur pour la défense de l'identité rurale 

Les membres de la fédération des chasseurs landais se disent très inquiets pour l'avenir et s'attendent à d'autres directives "liberticides pour nos coutumes" confie Jean-Luc Dufau, le vice-président de la strucutre. 

"La commission européenne a entériné l’interdiction du plomb de chasse à l’horizon 2023" prévient-il, ce qui obligera les plus d'un million de chasseurs français à changer d'arme.

Il cite aussi "la disparition de la chasse du pinson et de l’ortolan et l’interdiction de chasser trois espèces dont la tourterelle des bois".

"L’interdiction subite de toutes les chasses traditionnelles en France, les menaces démesurées se profilant dès cet automne sur nos auxiliaires de chasse (chiens, appelants) et devant la persécution que subissent les ruraux (...) il est impératif d’apporter une réaction aussi démesurée que nécessaire auprès de nos élus et du Gouvernement" a t-il écrit à ses adhérents, les invitant à venir massivement faire entendre leurs voix le 18 septembre pour "préserver votre identité auprès de vos enfants, et petits-enfants".

Ces défenseurs de l'identité rurale des Landes mais aussi de Gironde, de Dordogne, du Lot-et-Garonne, des Pyrénées-Atlantiques et de l'Occitanie sont attendus en nombre, ce samedi là, à Mont-de-Marsan.

Le rassemblement est prévu à 9 heures devant les arènes.

Regardez le reportage d'Alexandre Perrin et Laurent Montiel :

Les chasseurs landais ne décolèrent pas depuis la publication de l'arrêté du Conseil d'Etat interdisant la chasse traditionnelle à l'alouette. Une pratique ancestrale sur leurs terres qu'ils ne comptent pas voir disparaître. Certains ont décidé de ne plus participer aux battues administratives de régulation du gros gibier. Et appellent à une grande manifestation le 18 septembre.

 

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