Grippe aviaire : la mise à l'abri n'est pas au goût de tous les éleveurs

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Écrit par MK
Elevage de canards gras.
Elevage de canards gras. © O.Lopez France 3 Aquitaine

Un premier cas de grippe aviaire a été détecté dans un élevage d' Hastingues dans les Landes. Les services de l'Etat rappellent la nécessité de mettre les oiseaux à l'abri, une mesure qui ne remporte pas l'adhésion de tous les éleveurs.

Le cauchemar des éleveurs de canards est-il de retour ? Vendredi, dès la suspicion d'un cas de grippe aviaire dans un élevage d'Hastingues, l'élevage entier du producteur de canards à foie gras, soit 2 500 oiseaux, a été abattu. Une mesure préventive. La confirmation est ensuite arrivée après analyse : les volailles suspectes étaient bien contaminées au virus H5N1.

La présence de ce premier foyer de grippe aviaire dans le département suscite bien des inquiétudes. A une dizaine de kilomètres de là, à Came, c'est un autre élevage, dans les Pyrénées-Atlantiques cette fois, qui est sous surveillance.

Mise à l'abri

Dans un communiqué publié ce dimanche, la préfète des Landes a rappelé " la nécessité d’appliquer strictement les mesures de biosécurité prévues par l’arrêté ministériel du 29 septembre 2021 et recommande une nouvelle fois aux professionnels "d’appliquer les dispositions de mise à l’abri de leurs oiseaux".

Des recommandations reprises par la présidente de la Chambre départementale d'Agriculture. "J'en appelle à la plus grande vigilance aujourd'hui, à la responsabilité de chacun. La mise à l'abri c'est vraiment la façon la plus sûre d'éviter de diffuser un virus qui doit arriver", déclarait Marie Hélène Cazaubon avant d'assurer que "95% de producteurs respectent cette mise à l'abri".

"Il veulent des bunkers"

Mais du côté des agriculteurs, cette perspective n'est pas du goût de tous. Son efficacité est même remise en cause. "Ils veulent nous faire faire des bunkers. Mais les bâtiments ne sont pas étanches et favorisent la propagation. Il n'y a rien à faire, ils ne veulent pas le concevoir", déplore Serge Mora, président du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) Landes.

"C'est une nouvelle fois une énorme pression qui est mise sur les éleveurs, déplore-t-il, rappelant le coût "colossal" des investissements réalisés par les éleveurs pour se mettre aux normes.

Les éleveurs sont dégoûtés de devoir faire un produit qui ne correspond pas à ce qu'on a l'habitude de faire. Le canard est un animal très compliqué, qui nécessite énormément d'air et d'eau. Dans ces conditions-là de concentration, certains ont des résultats catastrophiques.

Serge Mora,  Président Modef Landes

France 3 Aquitaine

Lui-même éleveur de canards gras, Serge Mora déplore le manque de diversité parmi les palmipèdes. Partisan de la vaccination, il prêche aussi pour l'élevage en autarcie, avec le minimum d'intervention humaine. "Pas besoin de main d'œuvre pour attraper, pour venir laver la salle de gavage… il n'y a pas tous ces dangers-là, ce risque de transmission. Et quand les volumes sont réduits, donc les risques de mutations sont réduits aussi", poursuit-il.

Les cas de transmission à l'humain en Russie ou en Chine ne sont jamais arrivés sur des élevages fermiers, cela arrive toujours sur des élevages industriels. Je sais que je vais me faire descendre en disant ça, mais c'est la vérité.

Serge Mora, Modef Landes

France 3 Aquitaine

Un point de vue en parfait désaccord avec les mesures prônées par les services de l'Etat. L'an dernier, en pleine crise Influenza aviaire, quelques 3,5 millions de canards ont été abattus dans les Landes.

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