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Landes : les treize chasseurs d'ortolans vont se pourvoir en cassation

Les chasseurs d'ortolans, condamnés en appel pour braconnage par le le tribunal de Pau ce jeudi vont se pourvoir en cassation, a annoncé leur avocat Me Frédéric Dutin.
© France tv
Leur combat judiciaire n'est pas terminé. Ce jeudi, treize chasseurs d'ortolans ont été condamnés par la cour d'appel de Pau à des amendes avec sursis pour braconnage. Ils iront donc porter l'affaire devant la cour de Cassation, a annoncé leur avocat Me Frédéric Dutin ce vendredi matin.

"Hypocrisie"

"Nous déplorons que pendant des années il y ait eu une hypocrisie judiciaire et politique, a déclaré l'avocat. Et aujourd'hui, ce sont des chasseurs qui ont une moyenne d'âge de 70 ans qui paient le prix de cette hypocrisie."

La chasse de l'ortolan à la matole, un petit piège qui se referme sur l'oiseau et le capture vivant, est interdite en Europe depuis 1979, mais a longtemps été tolérée en France sous certaines conditions, et notamment dans les Landes, au nom de la tradition. Ce, alors même que l'oiseau, un cousin du moineau, est une espèce protégée en France.

Cette tolérance permettait de maintenir la paix sociale


"Jusqu'en 2015, il n'y avait aucune poursuite des autorités judiciaires. Cette tolérance arrangeait tout le monde et permettait de maintenir la paix sociale", rappelle Me Dutin

Un premier pourvoi déjà en cours

Ces dernières années, la LPO, la Ligue pour la protection des oiseaux a médiatisé son combat contre cette pratique. Et la Commission européenne  a rappelé la France à l'ordre sur le sujet.


Depuis, les condamnations à l'encontre des chasseurs se multiplient. En novembre 2017, onze chasseurs landais avaient déjà été condamnés en appel par le tribunal de Pau pour des faits similaires. Ils avaient alors entrepris un pourvoi en cassation, toujours en cours. Une décision qui s'annonce décisive pour l'ensemble des adeptes de la chasse à l'ortolan.

"Si la cour de Cassation leur donne raison, nous maintiendrons notre pourvoi. En revanche, si ce n'est pas le cas, on se désistera, admet Me Dutin.

Combat politique

S'il reconnaît que le combat judiciaire est "loin d'être gagné", l'avocat assure que les chasseurs ne baisseront pas les bras pour autant.

"La France a la possibilité de prendre des dérogations sur un certain nombre d'espèces. Peut-être que les chasseurs pourront s'unir avec d'autres personnes, pour un combat politique cette fois, qui serait mené au nom de la défense des traditions"




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