Landes : la majorité montoise explose à l'approche des élections, extrême tension entre G. Darrieussecq et C. Dayot

C'est un courrier du maire Charles Dayot distribué aux Montois qui a mis le feu. Geneviève Darrieussecq, candidate aux régionales, et son bras droit Mathieu Ara, candidat aux départementales, n'ont pas tardé à riposter, se disant insultés.

« Des élus gloutons et cumulards, candidats à tout mais finalement efficaces nulle part, prêts à abandonner leur territoire pour dérouler leur plan de carrière », tels sont les mots utilisés par le maire de Mont-de-Marsan dans un courrier distribué aux habitants.


Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée aux armées, s'est sentie immédiatement visée. "C’est une attaque personnelle vis-à-vis de moi et des personnes qui me soutiennent", a-t-elle confié dans la presse. "C'est un courrier violent, c'est un courrier insultant, c'est un courrier mensonger et c'est un courrier qui donne une image déplorable du débat public", affirme lui aussi Mathieu Ara, joint ce mardi. "Très franchement à quelques jours d'un scrutin, j'imagine que les gens qui vous en ont parlé sont soit indifférents, soit catastrophés de la teneur de ces propos de la part d'un maire d'une ville-préfecture".

Pour rappel, en 2014, Geneviève Darrieussecq est réélue maire Modem de Mont-de-Marsan en 2014 et a alors fait de Charles Dayot son bras droit, le faisant ainsi rentrer en politique.
Puis en 2017, elle est élue députée et nommée secrétaire d’État.  C'est alors Charles Dayot, son adjoint aux finances, qu'elle choisit pour prendre sa place de maire. En 2020, Charles Dayot est élu maire avec une liste sur laquelle figure Geneviève Darrieussecq.

Aujourd'hui, à moins d'une semaine des élections régionales et départementales, le climat à Mont-de-Marsan est donc extrêmement tendu au sein de la majorité.
Geneviève Darrieussecq est candidate aux élections régionales et suppléante aux élections départementales dans un canton. Tandis que son ancien conseiller spécial en tant que ministre des armées, Mathieu Ara, est candidat aux départementales en tant que chef de file. En se présentant, celui-ci veut faire la preuve d'un ancrage local loin d'une posture parisienne. Une vision que ne semble pas partager Charles Dayot, qui a préféré soutenir d'autres candidats.

Charles Dayot dit choisir "l'alternance"

Le maire de Mont-de-Marsan visait-il Mathieu Ara ou Geneviève Darrieussecq dans son courrier ? Visiblement l'élu se défend de toute attaque dirigée contre celle qui lui a ouvert la porte du monde politique. "Bien sûr que non, et elle le sait", dit-il. "Après, il ne faut pas surjouer dans ce contexte pré-électoral. En tous les cas, ce n'est pas mon intention de surjouer les émotions (...).

J'ai un profond respect pour Geneviève Darrieussecq.

Charles Dayot - maire de Mont-de-Marsan -

"Elle a un CV et une carrière politique hors norme. Et puis, depuis Paris, elle soutient les dossiers donc je n'ai absolument pas de problème la dessus. C'est une de ses facettes d'ailleurs que j'apprécie. Nous avons en commun l'amour de ce territoire donc il n'y a pas de problème de respect. Je peux comprendre que les esprits s'échauffent aux abords de l'élection quand on veut nous imposer le soutien de tel ou tel (...)".

 

"Très clairement, j'explique simplement dans ma lettre quel est mon choix", poursuit Charles Dayot. "Ici, je soutiens avec beaucoup de confiance et d'appui les binômes qui sont sur les canton sud et canton nord, Marie-Christine Bourdieu et Gilles Chauvin (Mont-de-Marsan 1), Nathalie Gass et Réné Dupré (Mont-de-Marsan 2), parce que ce sont des élus de proximité et de confiance (…)". On a bien vu qu'il fallait une alternance au départementA la fois globalement, parce que cela fait 40 ans que ce sont les mêmes qui sont à la tête de ce département. Mont-de-Marsan et son agglomération sont un peu oubliées des politiques départementales. Et aussi sur ce canton, puisque même si on a des conseillers qu'au départ nous soutenions, force est de constater qu'ils n'ont pas toujours porté la voix du département. Il faut vivre ici, il faut vivre en proximité. Il faut préparer les séances plénières. Et c'est en ce sens que je me suis exprimé tout simplement".

 

"Entre ce que dit Charles Dayot et la réalité il y a une différence assez majeure" (Mathieu Ara)

C'est donc bien l'ancien conseiller spécial de la ministre Darrieussecq qui serait dans le viseur de Charles Dayot. "Il y a un binôme qu'on nous impose entre Mathieu Ara (Mont-de-Marsan 1, ndlr) et Pierre Mallet (Mont-de-Marsan 2, ndlr)", poursuit le maire de Mont-de-Marsan. "Je n'ai rien personnellement contre eux, mais je pense que l'heure est au changement. Nous avons des candidats avec qui je travaille en confiance depuis un certain nombre de temps et qui connaissent les problèmes du territoire".

Je vis à Mont-de-Marsan Monsieur Dayot le sait très bien.

Mathieu Ara - candidat aux élections départementales dans les Landes -

"Vous savez il m'a dit pendant des années que j'étais le plus légitime, le plus compétent, le plus intelligent et qu'il fallait que je sois le maire de ce territoire", poursuit le candidat aux départementales. 
"Je lui ai toujours dit que je ne le ferai pas, que cela ne m'intéressait pas. Donc, vous savez, entre ce que dit Charles Dayot et la réalité il y a une différence assez majeure".

Au sujet de ce courrier écrit par Charles Dayot, Mathieu Ara évoque "des propos qui n'ont rien à faire dans le débat public surtout venant d'un homme à qui Geneviève Darrieussecq a donné toute sa confiance, a donné la responsabilité de la ville de Mont-de-Marsan et de l'agglomération sans rien demander en retour".
"On travaille pour cette ville depuis quatre ans inlassablement pour y ramener des millions d'euros de subventions, des projets pour un territoire. Ces propos-là sont indignes d'un élu pour moi (…)".

Alors les propos de Charles Dayot étaient-ils maladroits quand on sait le rôle qu'a joué Geneviève Darrieussecq dans sa carrière ? "Je ne vais pas passer ma vie à m'excuser d'avoir gagné les élections en 2020", rétorque le maire.
"Mont-de-Marsan appartient aux Montois. Je n'ai pas de comptes à rendre, je ne prends pas mes ordres dans tel ou tel parti, le Modem ou un autre. Je prends mes ordres auprès des Montois et c'est à eux que je rendrai des comptes. C'est eux qui nous ont élus au premier tour en 2020. Ce n'est pas un cadeau du ciel comme ça. Cela ne fonctionne pas comme cela et je pense que cette posture-là est relativement irrespectueuse du suffrage universel".
Le premier tour des élections régionales et départementales aura lieu le 20 juin prochain. Rendez-vous le 27 juin pour le second tour.

Décryptage et réactions dans ce reportage :

Le torchon brûle entre la candidate Geneviève Darrieusec et son successeur Mathieu Ara

 

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