Obligation de trier ses biodéchets : dans les Landes, les fournisseurs peinent à satisfaire les demandes en composteurs

Depuis la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 1ᵉʳ janvier 2024, les particuliers sont tenus de trier leurs biodéchets, grâce par exemple à un bac à compost installé chez soi. Mais avec la forte demande, ces équipements se font rares chez les fournisseurs. Dans les Landes, 800 personnes attendent d'être livrées.

Ce sont des gestes que Didier Fesentieu connaît par cœur. Depuis 18 ans, cet habitant de Saint-Pierre-du-Mont, dans les Landes, possède un bac à compost dans son jardin. Chaque semaine, il vient y déposer ses épluchures de légumes et autres restes organiques, qui servent ensuite à produire du terreau.

Pénurie de bacs à compost

L'obligation de trier ses biodéchets, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2024 avec la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), ne change pas le quotidien de ce Saint-Pierrois. Pour les ménages qui ne disposent pas d'un bac à compost et souhaitent en acquérir un, en revanche, la situation est plus compliquée : les fournisseurs de ces équipements connaissent des pénuries de stock, en raison de la forte demande.

Fin 2023, Didier Fesentieu s'est lui décidé à changer son composteur, qui devient trop vieux. "Il y a eu une campagne de relance fin 2023, j'ai anticipé, je suis allé chercher un composteur neuf." Celui-ci est toujours en kit, dans son jardin, et sera monté prochainement.

J'ai bien fait d'anticiper, parce qu'à priori, il y a des difficultés pour s'approvisionner !

Didier Fesentieu

Habitant de Saint-Pierre-du-Mont (Landes)

Dans les Landes, sur le secteur du Marsan, c'est le Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères (SICTOM) qui gère la fourniture de composteurs, aux particuliers comme aux communes. Et le syndicat peine à répondre aux nombreuses demandes.

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800 personnes sur liste d'attente

"On est victimes de notre succès ! Avec la loi AGEC, les demandes de composteurs ont explosé, et nos fournisseurs ne peuvent pas suivre. On se retrouve en rupture de stock sur ces éléments", expose Aloïs Armand, responsable réduction des déchets au SICTOM du Marsan.

Le syndicat gère un territoire de 81 communes, dont celle de Mont-de-Marsan. Aujourd'hui, 800 personnes sont en attente de leur composteur. "Il n'y a pas de sanctions prévues par la loi, le temps de la mise en place", tient tout de même à rassurer Aloïs Armand.

L'explosion de la demande est un problème national, les pouvoirs publics sont conscients de la pénurie. Il n'y a aucun risque immédiat pour les particuliers.

Aloïs Armand

Responsable réduction des déchets au SICTOM du Marsan

Face aux besoins de la population, le SICTOM du Marsan a lancé la production de nouveaux composteurs, "qui nous seront livrés à partir de la fin du mois d’avril, se satisfait Aloïs Armand. On va donc pouvoir reprendre rapidement les distributions."

Un retour à la normale au début de l'été

Un deuxième stock plus important devrait ensuite être livré au syndicat à la fin du mois de mai. "On estime que la situation devrait être définitivement réglée au début de l'été, on pourra reprendre le rythme classique des distributions", selon le responsable réduction des déchets du SICTOM.

Dans l'immédiat, les ménages qui attendent la réception d'un composteur peuvent continuer de jeter leurs déchets organiques à la poubelle, ou bien se rendre sur un lieu de compostage partagé. Le territoire du Marsan en compte une vingtaine, surtout implantés pour l'heure à Mont-de-Marsan, ou dans les proches communes.