Le lac de Vassivière : 70 ans d'histoire

On fête cette année les 70 ans du lac de Vassivière. Le barrage terminé, la mise en eau du lac s'est en effet achevée en 1951. L'occasion de revenir sur le chantier titanesque de  l'ouvrage qui a créé l'un des plus grands lacs artificiels de France, mais également boulversé la vie des villageois.

Le barrage et le lac sont intégralement inclus dans la zone Natura 2000 « Plateau de Millevaches »
Le barrage et le lac sont intégralement inclus dans la zone Natura 2000 « Plateau de Millevaches » © France Télévisions

Un géant de béton et d'acier. 33 mètres de haut, 25 mètres d'épaisseur. Comme tout ouvrage érigé en milieu naturel, il bouge, il respire.

Toutes les deux semaines, Martial Mazerie, responsable du barrage de Vassivière, est chargé de vérifier sa bonne santé. Pour cela il emprunte un très long escalier, sous une voute de bêton et s'enage dans un tunnel qui le conduit  sous le lac :

Il est tout jeune notre barrage, 70 ans, il pourra faire bien plus encore, il est en pleine forme.

Martial Mazerie nous emmène devant un drôle d'objet cylindrique, fixé à la paroi du tunnel, c'est un outil de mesure : "C'est ce que l'on appelle un pendule, c'est un dispositif d'auscultation, qui nous permet de vérifier le mouvement du barrage. Parce qu'un barrage, en fonction des saisons et du niveau de la retenue, bouge un petit peu."
 

Vassivière un chantier titanesque

La construction du barrage a débuté en 1947, pour s'achever en 1950
La construction du barrage a débuté en 1947, pour s'achever en 1950 © Archives EDF

Des centaines d'ouvriers , des milliers de mètres cube de béton coulés, des armatures en acier. Les travaux du barrage ont débuté en 1947 pour s'achever en 1950. Le plateau de Millevaches d'ordinaire si calme, s'est alors transformé en chantier titanesque.

Le tunnel de la centrale hydraulique creusé il y a 70 ans
Le tunnel de la centrale hydraulique creusé il y a 70 ans © Archives EDF


Un paysage et des vies bouleversés

Un paysage bouleversé, et des vies qui ont changé du tout au tout. Celles des paysans qui ont vu leurs terres inondées. 

Eleveurs et propriétaires ont vu une partie de leurs terres disparaître sous les eaux.
Eleveurs et propriétaires ont vu une partie de leurs terres disparaître sous les eaux. © Archives EDF

Un vrai déchirement pour Jeanne Vassivière. C'est elle qui a donné son nom au lac. Elle était propriétaire du château et de nombreuses terres inondées. 
Son petit fils Christian Cotte nous raconte :
"ça a été vraiment un arrachement, elle a essayé de sauvegarder tout ce qui pouvait l'être, notamment tout le pavement en pierres de taille qui est autour du château, avec le secret espoir que peut-être, compte tenu du sol très drainant, le lac ne pourrait pas se remplir, mais il a bien fallu qu'elle se résolve à penser que c'était inéluctable."

Jeanne Vassivière, propriétaire du château et des terres qui furent inondées a donné son nom au lac.
Jeanne Vassivière, propriétaire du château et des terres qui furent inondées a donné son nom au lac. © Famille Vassivière


La centrale alimente jusqu'à 45.000 foyers en éléctricité

A quelques kilomètres du barrage on découvre la prise d'eau qui emmène aux turbines. Sous le bâtiment, se trouve une galerie d'amenée de 2 kilomètres 500, puis une conduite forcée de 600 mètres.

70 ans du lac de Vassivière

L'électricité est produite près de Peyrat-le-Château en Haute-Vienne.

Pour accéder à l'usine il faut emprunter un tunnel de 400 mètres de long. Il a été creusé par des ouvriers il y a 70 ans, un vrai travail de forçat.

Dans l'usine hydroélectrique, à 50 mètres sous terre, on compte 3 turbines capables d'alimenter une ville comme Brive La Gaillarde.

Par rapport au barrage on a 250 mètres de hauteur de chute, 10 mètres correspondent à un bar, donc la puissance de l'eau arrive à 25 bars, elle fait tourner la turbine, l'alternateur et crée de l'électricité.

Explique Martial Mazerie


Des installations géantes qui se fondent aujourd'hui dans le paysage. Le lac de Vassivière a ainsi pu garder son aspect très naturel, si bien que le tourisme a pu s'y développer.

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