Lieux de culte : qui finance les travaux de restauration des églises ?

Pour la majorité des églises construites avant la loi de séparation de l'Église et de l'Etat, les collectivités locales et communes en assurent l’essentiel des restaurations et entretien. Qui paie vraiment ces travaux ? Réponse.

Le rôle des communes ?

La France compterait près de 90 000 lieux de culte catholique. 90% d’entre eux sont la propriété des communes.

En effet, la loi du 2 janvier 1907 précise que les églises construites avant la loi de séparation de l’Église et de l’Etat de 1905, reviennent aux communes.

C’est le cas de l’église Saint-Benoît de Boisseuil, en Haute-Vienne. Erigée au XIe siècle, cette église romane a montré quelques signes de vieillissement au niveau des cloches après la vérification annuelle.

A la suite d’une expertise, le montant des travaux est tombé : près de 17 000 euros à la charge de la commune. La mairie de Boisseuil s’est vu accepter les demandes de subvention faites auprès de l’Etat et du Conseil départemental qui participent à hauteur de 8 000 euros.

Pour financer les 9 000 euros restants, Philippe Janicot, maire de la commune haut-viennoise, a fait appel pour la première fois, à la Fondation du Patrimoine.

Qu’est-ce que la Fondation du Patrimoine ?

Créée par la loi du 2 juillet 1996, la Fondation du Patrimoine permet de soutenir les projets de restauration, de sauvegarde et de valorisation du patrimoine. Des délégués régionaux sont déployés sur tout le territoire.

Cet organisme est donc une main tendue aux communes face à des charges financières parfois lourdes. Elle intervient sur l'aide à la restauration de biens privés et publics. Actuellement, la Fondation du Patrimoine en Limousin travaille sur 48 projets. "Les 3/4 des dossiers reçus concernent les églises", confie Jade Douchet-Perez, chargée de mission pour la délégation de la Fondation du Patrimoine en Limousin.

Pour suivre une commune dans ses démarches, la Fondation du Patrimoine jauge le "potentiel de communication d'une commune". Après les demandes de subventions faites aux autorités (Etat, Conseil départemental, DRAC, etc.), la Fondation du Patrimoine évalue le "reste à charge" pour la commune et lance un appel aux dons. Ces projets prennent donc une dimension citoyenne, comme c'est le cas à Boisseuil avec la paroisse Saint-Benoît.

Je suis très soucieux de notre patrimoine local, c'est notre cœur de village, il faut le tenir en bon état. En tant qu'élus j'y suis très attaché, au même titre que les habitants de Boisseuil.

Philippe Janicot, maire de Boisseuil (87).

Les entreprises, les associations, les particuliers peuvent participer à la collecte. Les dons sont déductibles "de l'impôt sur le revenu (IR) des personnes physiques à hauteur de 66 % du don et dans la limite de 20 % du revenu imposable. Ainsi, un don de 100 euros représente une réduction d'impôt de 66 euros" précise le site internet de la Fondation du Patrimoine.

"Dans le cas de Boisseuil, il s'agit d'un projet fédérateur, dans sa dimension sociale, c'est un véritable projet communal." Ainsi, la Fondation du Patrimoine organise des événements autour de ce projet comme des visites de chantier, des conférences, des rencontres avec les architectes, etc.

La Fondation du Patrimoine a également d'autres palettes de mécénat, telles que des financements de formations, du patrimoine emploi, du patrimoine naturel, etc, "la Fondation du Patrimoine permet d'accéder à d'autres de prix de mécènes nationaux avec lesquels nous travaillons. Elle ouvre d'autres portes et donne une vraie crédibilité aux projets."

Des financements plus récents

80,5 millions d'euros du plan de relance de l'Etat vont être consacrés à la restauration des cathédrales françaises et aucune région française n'est mise de côté.

La cathédrale Saint-Etienne de Limoges bénéficie d'une aide d'un million d'euros supplémentaire pour la mise aux normes des réseaux électriques et des éclairages intérieurs de la deuxième tranche. Ces travaux de rénovation devraient commencer entre 2021 et 2022.

Autre monument historique a bénéficié du plan de relance : l'église de Turenne. Ce monument, n'appartenant pourtant pas à l'État, devrait toucher une enveloppe de 1 300 000 euros pour la restauration de ses couvertures.

La région Nouvelle-Aquitaine bénéficie du troisième plus gros budget du plan de relance pour la restauration de ses cathédrales (9,2 millions d'euros).

 

 

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