En Limousin, les premiers conseils municipaux se préparent

Publiques ou à huis clos ? Les conseils municipaux, élus au premier tour le 15 mars dernier, s'installent en version covid. Les mesures strictes, imposées par l'executif, engagent des adaptations sanitaires importantes. En Corrèze, en Creuse et en Haute-Vienne, zoom sur les enjeux de ces réunions.

Salle du Conseil de la Mairie de Brive-la-Gaillarde (19).
Salle du Conseil de la Mairie de Brive-la-Gaillarde (19). © Brive Mag
Initialement prévus entre le 20 et le 22 mars dernier, les conseils municipaux ont vu leurs réunions annulées en raison de la crise sanitaire. Après de multiples reports d’échéance dans le monde politique, la décision est finalement tombée le 12 mai dernier, annoncée par le Premier ministre Edouard Philippe lors de la séance de questions au gouvernement : les premières installations de conseils municipaux se tiendront à partir du 18 mai et les élections des maires et des adjoints auront lieu en suivant, entre le 23 et le 28 mai prochain.

Cette mesure concerne plus de 30 000 communes de France. En Limousin, 16 communes de plus de 3500 habitants ont vu leur élection municipale validée au premier tour le 15 mars 2020. C’est le cas à Brive, Tulle, Aixe-sur-Vienne ou encore La Souterraine.

Séance d'installation et covid-19 : quels changement en 2020 ?

La loi règlemente ces réunions et adapte les mesures sanitaires en fonction de la situation actuelle. Trois choix sont possibles. Dans un premier temps, les maires peuvent choisir de se rencontrer à huis clos, en garantissant la retransmission vidéo ou sonore de la réunion aux citoyens. Une deuxième option permet à la séance d'installation d'accueillir du public en nombre réduit. Enfin, la dernière possibilité prévoit une séance à huis clos si au moins trois élus en font la demande, dès leur entrée dans la salle de réunion.

Une séance d'installation est exclusivement reservée à l'élection du maire, des adjoints, des délégués au maire et de la lecture de la charte de l'élu local. Les problématiques économiques, environnementales et sociales seront quant à elles traitées lors des prochains conseils municipaux "qui devraient se tenir dès le début de l'été" comme le souligne Frédéric Soulier, maire de Brive.

À Brive

Frédéric Soulier, candidat à sa réélection à la mairie de Brive, en Corrèze a été élu le 15 mars dernier. La séance d'installation, l'élection du maire et de ses adjoints se tiendra officiellement le mardi 26 mai prochain "dans le respect des règles de distanciation, c'est un conseil particulier, un conseil covid-19". À cette occasion, le maire de Brive permettra à un nombre limité de personnes d'assister à la réunion, celle-ci sera "retransmise en live sur notre page Facebook", précise-t-il.

Autre paramètre modifié en raison du covid-19 : le lieu de rencontre des élus. Si d'ordinaire, Frédéric Soulier, ses adjoints et délégués se retrouvent à la mairie, ils sont pour l'heure contraints de se retrouver dans une salle permettant de respecter les mesures sanitaires, à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Brive. Les élus, ainsi éloignés par rapport à un conseil "normal" auront le choix de porter ou non un masque. Aussi, Frédéric Soulier devrait pouvoir compter sur les 43 conseillers municipaux présents. Dans le cas où une personne ne pourrait se présenter en raison d'une santé fragile, "il pourra se faire représenter avec une délégation de pouvoir".

À Saint-Pardoux-le-Lac


À Saint-Pardoux-le-Lac, la continuité est également de mise avec Vincent Peyresblanc, candidat à sa réélection et élu au premier tour le 15 mars dernier. Pour la commune haut-viennoise, la séance d'installation des élus se tiendra le lundi 25 mai prochain à 20h. Pas de changement particulier pour l'équipe de Vincent Peyreblanc qui pourra se retrouver dans la salle habituelle et prévue à cet effet.

A l'heure actuelle, aucune décision n'a été réellement fixée quant aux conditions dans lequelles devrait se passer la réunion : à huis clos ou avec un public réduit. Vincent Peyresblanc envisage une retransmission de la session via une sono située à l'extérieur, la piste d'une diffusion vidéo en direct n'étant pas possible en raison du manque de matériel.

L'équipe de Vincent Peyresblanc entend respecter les directives strictes données par la Préfecture pour permettre la tenue du conseil, "les protocoles sont très normés".

Les prochains conseils municipaux de la commune vont être nombreux d'ici le mois de juillet, d'après le maire Vincent Peyresblanc, "plein de décisions ont été mises entre parenthèses pendant deux mois, il y a un embouteillage entre les ordres du jour, il y aura d'ici fin juillet des conseils municipaux très régulièrement".

À La Souterraine

D'ordinaire, la séance d'installation de La Souterraine se déroule dans la salle du Conseil de la Mairie. Celle-ci se tiendra cette année exceptionnellement au Centre Culturel Yves Furet, "nous avons généralement 200 à 300 personnes qui assistent à la première séance". Pour garantir la sécurité des élus et éviter une sélection de public, Etienne Lejeune a opté pour le tenue d'une réunion à huis clos où les 29 personnes présentes bénéficieront d'un espace de 4 m2. Chaque élu devra rester à la place qui lui aura été octroyée dès le début de l'installation.

Une première installation "assez atypique" pour l'ancien premier adjoint du maire sortant Jean-François Muguay, qui ne s'attendait pas à vivre ses premiers pas en tant que maire dans de telles conditions, "personne n'avait pu anticiper l'ampleur de ce qu'il se passe depuis mi-mars."

Que l'on soit élu ou réélu, une séance d'installation, c'est toujours important, puisque c'est la fin de la campagne.

Des mesures sanitaires ont d'ores et déjà été annoncées : l'utilisation du gel hydroalcoolique sera obligatoire avant et après tout opération de vote, le port du masque sera quant à lui, facultatif.

La relance de l'économie : les réponses pour la ville de Brive

Frédéric Soulier, réélu le 15 mars dernier souligne que dès "le lendemain, nous étions déjà dans le covid". Un virus qui a affecté, à Brive, comme partout en France, l'économie locale. Cette problématique a depuis le 13 mai dernier des réponses, que le maire a posté sur un message d'information via une vidéo.
COVID 19 : reprise économique pour Brive et son agglomération ©Ville de Brive

Le plan d'action proposé par la Ville de Brive prévoit un budget de 5,25 millions d'euros que Frédéric Soulier présente comme deux stratégies disctinctes.

Dans un premier temps, défensive, la Ville de Brive annonce le report des remboursements d'avances de trésoreries et propose des allègements fiscaux sur "le versement transport, la taxe locale sur la publicité extérieure, les droits de place et de voiries." et entend donner "une impulsion particulière en matière de commande publique".

Enfin, sur un point plus offensif, les entreprises locales sont invitées à solliciter les collectivités locales pour bénéficier d'une prime aux agents "impliqués" dès le début de la crise dont ils bénéficieront sous forme de bons d'achats valables dans les commerces de proximité.

Pour permettre aux entreprises de reprendre dans des conditions économiques meilleures, "un prêt à taux zéro, un fond d'aide à la transformation du commerce et de l'artisanat" sont également proposés via un outil numérique mis en place depuis l'hiver dernier, Brive Accélère.

Pour Frédéric Soulier, la situation "peut revenir à la normale". En effet, le budget de 5,25 millions d'euros prévu pour soutenir l'économie locale fait partie des données préchiffrées. Le seul changement apparent pourrait se retrouver dans les "méthodes de travail nouvelles et une approche dans les politiques publiques".

Tout cela va nous emmener à accélerer le mouvement sociétal et environnemental. Il faut éviter de parler de choses que l'on ne connait pas, et avoir un peu plus de prudence.

Au cours d'un prochain conseil municipal, Frédéric Soulier et sa nouvelle équipe voteront le budget de la ville, en prenant en compte ces nouveaux paramètres post-coronavirus.

Le tourisme d'abord, à Saint-Pardoux-le-Lac

Dès le déconfinement annoncé, Vincent Peyresblanc a voulu remettre en place une symbolique locale, "j'ai participé avec le maire de Razès et Compreignac, ainsi que le Président du département, à la demande de réouverture du lac de Saint-Pardoux. C'était un symbole fort de déconfinement". Aujourd'hui, le Lac de Saint-Pardoux est ouvert en plage dynamique avec des horaires réglementées et les activités nautiques habituellement proposées sur place ne sont pas encore relancées.
 Pourtant, Vincent Peyresblanc compte sur l'attractivité du territoire haut-viennois pour relancer l'économie locale et aider les commerçants de proximité à rattraper le choc économique des deux derniers mois.

Si c'est faisable, j'ai dans l'idée de proposer un marché de producteurs locaux en juillet et août, dans le respect des gestes barrières. Si les producteurs jouent le jeu et se fédèrent, je suis prêt à ouvrir les rues de la communes gratuitement.

Ainsi, le maire de Saint-Pardoux-le-Lac entend faire connaître cette commune aux Haut-Viennois mais aussi l'ouvrir aux Français de manière générale.

À toute crise, il y a une opportunité. Il faut que les Parisiens, les Lyonnais, les Marseillais achètent de vieilles fermes abandonnées ici, les rénovent en faisant appel à nos artisans. Pour le prix d'un parking à Bordeaux, nous avons une fermette ici, il faut penser à ça.

Alors, pour Vincent Peyresblanc, l'avenir est optimiste, il compte sur les atouts de la région pour séduire les visiteurs, "cette crise a aligné les planètes pour des projets comme ceux que je viens de citer".

À La Souterraine, "l'environnement était et restera la priorité"

Si à La Souterraine, les premières réunions devraient évoquer des "questions plus classiques", comme le rappelle Etienne Lejeune, élu le 15 mars dernier, quelques priorités sont néanmoins à revoir dès le début de l'été.

Beaucoup de projets vont attendre un peu, pour des raisons budgétaires. Nous avions la volonté de mettre en place des réunions participatives, celles-ci sont compromises. Nous allons également réfléchir à de nouvelles modalités de consultation de la population.

Face à la crise actuelle et pour son début de mandat, Etienne Lejeune déplore le "renvoi de travail vers les maires".

C'était assez hallucinant, notamment sur le sujet de la réouverture des écoles. Nous ne sommes pas épidémiologistes, nous avons eu des responsabilités très lourdes, avec d'énormes pressions.

La Souterraine a également dû faire face à une pénurie de masques dès le mois d'avril : des stocks effectués au préalable ont été distribués en priorité aux centres hospitaliers, ce qui a provoqué l'incompréhension des habitants et "quelques difficultés d'échanges".

Enfin, sur la question des thèmes prioritaires abordés sur les prochaines semaines, Etienne Lejeune entend privilégier l'économie, l'environnement et l'écologie pour la commune.

Nous étions beaucoup sur le développement économique, la recherche de nouvelles activités, les aides à la création d'entreprises. Là, nous allons vers du sauvetage. Cela reste une priorité mais abordée de manière différente.

Avec un budget voté avant même les élections, des adaptations post-confinement sont nécessaires et des actions environnementales primordiales, d'après Etienne Lejeune, pour permettre de créer de nouvelles activités.

Le covid justifie presque ce que nous avions prévu au niveau écologique, il n'y a pas de changement. Sur l'environnement, on avance, on accélère.

La liste d'Etienne Lejeune est actuellement dans l'attente du 2 juin pour espérer éclaircir les dossiers abordés lors des conseils municipaux à venir et effectuer les modifications nécessaires notamment, sur les questions budgétaires.

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