Trier, recycler, revaloriser, se mettre au bio, acheter local, cultiver son jardin. Aujourd’hui, nous sommes tous concernés.
Bien sûr, l'Etat doit mener une politique permettant le changement, les entreprises doivent décarboner leurs modes de production mais pour accélérer cette action collective, nous devons tous nous y mettre. 

Et vous savez quoi ? La révolution verte a déjà commencé. Agir pour le respect de la planète à tous les niveaux devient une réalité partout autour de nous.
Les étudiants de L’Ecole Française de Journalisme de Bordeaux mettent en lumière les initiatives citoyennes et économiques en Nouvelle-Aquitaine.

France 3 Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre d’un partenariat pédagogique avec l’EFJ de Bordeaux, vous propose de découvrir le travail de ces futurs journalistes. Des étudiants qui n’ont pas ménagé leur énergie pour aller dénicher ces initiatives remarquables, avec même parfois, des réalisations très inattendues.

Comme quoi, quand on veut moins de pétrole, en France, on a toujours des idées !

Une myriade de petits pas qui ont un impact positif,  par l'EFJ Bordeaux



 

La ferme Gabriellle, L’agriculture de demain par Arthur Zamozik – Corentin Barsacq

Dans la commune de Salles, Julia et François-Xavier Riffaud sont des éleveurs de races d’exception. Sous les pinèdes des Landes de Gascogne, ils prônent une agriculture respectueuse de l’environnement.

 
LA FERME GABRIELLE, L’AGRICULTURE DE DEMAIN

Aux antipodes d’une agriculture intense et industrielle, Julia et François-Xavier Riffaud ont pactisé avec la nature pour lui promettre respect et préservation. Au centre de cette union bucolique, la Ferme Gabrielle, un élevage destiné à la production de viandes d’un grand nombre de races sélectionnées méticuleusement. C’est dans son élevage que réside sa plus grande richesse : des cochons noirs gascons, des brebis landaises et bientôt deux vaches qui vivront, elles aussi, dans le sous-bois. Fer de lance du projet, le souhait d’élever uniquement des races rustiques et locales qui font l’objet d’un programme de conservation.
 
© Corentin Barsacq
© Corentin Barsacq

L’agroforesterie, l’essence de la Ferme Gabrielle

Niché dans un écrin de végétation aussi charmant que fragile, le couple lance en 2017 un projet en adéquation avec leurs valeurs.

Comme un bouclier contre le cours du temps, la Ferme Gabrielle trouve son sens 


Derrière la formule poétique de François-Xavier Riffaud, un travail méticuleux digne de louange tant le projet était complexe. Avant de s’installer en terre salloise, le couple a dû batailler auprès des instances compétentes pour démontrer la viabilité d’un concept auquel peu de monde croyait. Après 21 plans de financement proposés, l’exploitation fut enfin possible. Située dans le quartier du Caplanne, la Ferme Gabrielle s’est adaptée à la nature : « En nous installant ici, nous avons composé avec un environnement déjà présent avant notre arrivée. »
Pour construire sa bergerie, François-Xavier Riffaud a fait appel à des matières biodégradables et locales, tout en minimisant l’impact de son installation dans ce lieu. Cette volonté de créer une alchimie entre sa production et le cadre champêtre découle d’une vraie prise de conscience ressentie après la naissance de sa fille Gabrielle en 2007 : « Je voulais donner une autre vision du monde rural à ma fille que celle du Salon de l’agriculture. Je me demandais comment lui transmettre une vision différente de celle que son éducation parisienne lui inculque » explique le berger.




 

L’éco-pâturage, une technique qui revient au goût du jour rive droite par Emma Breuil et Esther Suraud :


Rachel Leobet, bergère urbaine, promène son troupeau dans les communes de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac. Elle pratique l’éco-pâturage dans le parc des Coteaux, depuis presque 9 mois. 
 
L’éco-pâturage, une technique qui revient au goût du jour rive droite
 
Pour construire sa bergerie, François-Xavier Riffaud a fait appel à des matières biodégradables et locales, tout en minimisant l’impact de son installation dans ce lieu. Cette volonté de créer une alchimie entre sa production et le cadre champêtre découle d’une vraie prise de conscience ressentie après la naissance de sa fille Gabrielle en 2007 :

Je voulais donner une autre vision du monde rural à ma fille que celle du Salon de l’agriculture


"Je me demandais comment lui transmettre une vision différente de celle que son éducation parisienne lui inculque » explique le berger.
 
© Emma Breuil et Esther Suraud
© Emma Breuil et Esther Suraud

Bien plus que de simples « moutons-brouteurs »

Pour Benjamin Chambelland, le chargé de gestion du parc des Coteaux pour le Grand Projet des Villes rive droite (GIP), ce recrutement atypique n’est pas anodin. Loin d’être une simple bergère, le rôle de Rachel est avant tout de créer des liens entre les animaux et les riverains. Cette rétro-innovation peut parfois choquer, certes, mais attise, le plus souvent, la curiosité, surtout de la part des enfants.

A l’avenir, cette bergère urbaine souhaiterait étendre son activité en organisant des rencontres entre les agneaux et les enfants ou bien en commercialisant le lait de ses brebis à l’échelle locale. Une démarche positionnée dans l’optique d’établir des liens sociaux, par le biais du troupeau.



 

Eco-Design: David Nikolenko recycle des piquets de vigne et les transforme en meubles tendance par Carla Laugere et Anaïs Bernadine

 
Dans une démarche artistique et environnementale, le jeune homme de 25 ans souhaite monter un vrai projet, avec ce qui était initialement, un projet d’école lors de son BTS viticulture-oenologie au lycée L’oisellerie, en Charente.
 
Eco-Design: David Nikolenko recycle des piquets de vigne

Lampes, étagères, fauteuils, ou encore tables basses sont les objets créés à base de piquets de vigne, récupérés dans les exploitations.

Un soir David Nikolenko, encore étudiant, ramène un piquet de vigne chez lui. Il le travaille jusqu’à en faire ressortir l’aspect esthétique: l’idée vient de naître. Ces morceaux de bois peuvent être de l’acacia, du pin, ou encore du châtaignier. A l’origine ils sont entassés ou brûlés dans les exploitations. Durant ses deux années d'apprentissage au SCEA du bois de Tarsac à Saint Saturnin, David Nikolenko change 300 piquets par an, sur l’exploitation qui fait 48 hectares. C’est alors qu’il a le déclic. Il décide de lancer sa Start-Up « Niko&Co ».

Sa mission ? Recycler cette matière première. Ainsi il lutte contre la déforestation et la surproduction.
 
© Carla Laugere- Anaïs Bernardine
© Carla Laugere- Anaïs Bernardine

Aucun partenariat avec un fournisseur de bois n’est établie. A l’aide d’une volonté de fer, d’outils de seconde main et de bons copains, les premiers prototypes sortent.
Dans le cadre de la démarche artistique, le tri des piquets est indispensable. Certains sont restés en pleine nature durant 15 ou 20 ans et ne sont donc pas utilisables. Quand le jeune homme, toujours plein d’énergie, se rend sur les exploitations, il choisit les piquets en fonction de: leur taille, (qui peut varier entre 1m50 et 2m20), ou encore leur forme, leur diamètre et leurs particularités physiques. « Pour l’aspect esthétique, le travail des forces du palissage, fait par les fils de vignes, donne aux piquets des formes intéressantes que l’on peut exploiter au niveau design » précise la tête pensante du projet. Pour l’heure, une présentation avec des investisseurs potentiels, le groupe Cigale, est prévu pour mi-novembre afin de pouvoir produire à plus grande échelle et ainsi viser un autre marché: les professionnels.




 

À Andernos, la haute couture hisse les voiles par Jeanne Dauthy et Etienne Dorin

Virginie Lego est installée à Andernos-les-Bains depuis 2012. Elle est à cette époque costumière. À son arrivée dans le bassin d’Arcachon, difficile de trouver un emploi. Le départ de son initiative vient d’une demande d’un ami. Une voile de kite-surf abîmée s’est alors transformée en un short et un coupe-vent. Qui dit haute-couture, dit robe pour Virginie. L’aventure a commencé ainsi.
 
la haute couture hisse les voiles

Elle fabrique des sacs, des coussins, des manteaux et surtout des robes à partir de voiles de bateaux qu’elle recycle.

Virginie récupère tout ce qu’elle trouve dans le bassin d’Arcachon pour ses réalisations. Filets de pêche, coquillage, voiles… se combinent pour créer une robe. Récupérer des voiles pour en faire des sacs, ce n’est pas nouveau. En créant la marque Marée Haute Couture, la costumière ajoute à sa boutique les robes. À la vue de la matière et de la surface utilisables sur les voiles de kite-surf (5-7 m2), Virginie s’est lancée dans la réalisation de robes « rigolotes ».
 
©  Jeanne Dauthy et Etienne Dorin
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin

Au niveau du recyclage, il n’existe pas de filière pour les voiles.

Si Virginie ne les récupère pas, elles finissent à la déchetterie. Initialement, les robes étaient uniquement à vendre. Il y a quelques jours, la demande d’une cliente l’a incité à louer ses créations. Une idée que Virginie souhaite développer. Un autre projet lui tient aussi à cœur. Réaliser un défilé sur la jetée d ‘Andernos….




 

Bières : Ces nouvelles brasseries éco-responsables. par Vincent Larregain et Baptiste Sisco


Entre 2009 et 2017 le nombre de brasseries artisanales dans nos régions a explosé. Passant de 200 à 1000 en 8 ans, la France est aujourd’hui le 3e pays européen détenant le plus brasseries selon l’INSEE. Les brasseries Bio et écoresponsables sont désormais les challengers de ce nouveau modèle de production brassicole. 
 
CES NOUVELLES BRASSERIES ÉCO- RESPONSABLES

En plein cœur de Bordeaux, depuis un hangar longeant les espaces verts de la rive droite, un curieux ronronnement se fait entendre. Devant la façade du bâtiment un écriteau indique : « la Lune : brasserie bio à Bordeaux ». À l’intérieur, Antoine Vergier l’un des trois fondateurs de l’entreprise, insiste sur les trois engagements du site : « les céréales qu’on utilise sont bio et originaires du Sud-Ouest, toute l’énergie de la brasserie est à 100 % renouvelable et nous sommes engagés dans une démarche « zéro déchet ». 

Des engagements respectés ? 

Soudain, une sirène retentit, il est l’heure d’évacuer les drèches. Ce sont les résidus de céréales obtenus après le brassage, explique Antoine. « On envoie une partie à des agriculteurs pour leurs bêtes. Le reste part à une entreprise partenaire,qui les transforme en crackers ». 

Deux boutons suffisent à Antoine pour lancer le concassage des céréales à l’autre bout de la brasserie, « sur le plan énergétique, on travaille avec un fournisseur d’électricité d’origine renouvelable ». Encore mieux, le brasseur utilise la géothermie : des forages sous la brasserie refroidissent les cuves de fermentation. 
Dernier engagement, l’origine des ingrédients. L’orge et la levure sont produits dans le Sud-Ouest par des agriculteurs bio, précise le gérant. Seul le houblon ne provient pas de Nouvelle-Aquitaine. 

La problématique du Houblon dans une démarche éco-responsable 

Selon Fanny Madrid, co-fondatrice de Hopen Houblon, start-up bordelaise et véritable intermédiaire entre les producteurs de houblons et les brasseurs, « en France, on a 465 hectares de culture de houblon ». C’est déjà 10 000 fois moins que le blé. Sur cette surface seulement 30 ha sont estampillés « agriculture biologique ». 
Elle ajoute : « sur les 60 000 ha de houblon dans le monde, la France n’est pas un acteur majeur. Néanmoins, nous sommes un acteur engagé dans la filière biologique » Si 7,5 % de la production française est certifiée Bio, cela ne suffit pas à répondre à la demande de tous les consommateurs. 
Malgré cette pénurie, le marché de la bière bio est porteur. Selon le syndicat des Brasseurs de France, « en cinq ans la production de bière issue de l’agriculture biologique a augmenté de 30 % pour représenter, aujourd’hui, un peu moins de 1 % de la production française ».



 

Des micro - maisons pour la grande cause écologique, par Salomé Lemaitre et Loren Trotignon

La tiny-house suscite de plus en plus d’intérêt notamment en Nouvelle-Aquitaine. L’entreprise Côté Bassin de Landiras et le cabinet d’architectes bordelais A6A se sont lancés dans la construction de ses micro-maisons éco-responsables.
 
Des micro - maisons pour la grande cause écologique

Une petite maison en bois nichée au coeur des pins maritimes. Ce décor féérique a quitté les contes d’Andersen pour Landiras, petit village à côté de Langon. Son propriétaire Denis Courcol, est ingénieur en bâtiment. Depuis 2018, il s’est lancé dans la construction de micro-maisons avec son entreprise Tiny House 
Côté Bassin. Le concept des « Tiny-houses », en français « micro-maisons », est originaire des Etats-Unis. Il se développe dans les années 2000 comme un logement d’urgence pour les sinistrés de la tempête Katrina et de la crise économique des subprimes. La tiny house est par la suite popularisée par Jay Shafer et Gregory Johnson, fondateurs de la « Small House Society ». Elle devient une résidence à part entière.

Ce nouveau modèle architectural s’est implanté en France, notamment dans la région Nouvelle-Aquitaine. Selon le collectif des Tiny Houses, plusieurs centaines de micro-maisons seraient présentes sur le territoire français. Aujourd’hui, cette petite construction se présente comme une alternative à l'habitat classique, en valorisant une vie plus minimaliste et surtout plus écologique.

 Dès le départ, j’étais convaincu qu’il fallait faire les maisons en bois et de façon écologique

 
© Côté Bassin
© Côté Bassin

D’une surface de 20 m2 environ, la Tiny House Côté Bassin est à la fois fonctionnelle et chaleureuse.

Fervent écologiste, Denis Courcol souhaitait que ses petites créations soient fabriquées de manière écoresponsable.
Le bois qui constitue l’ensemble de la maison est issu de pins des Landes. Pour l’isolation, l’ingénieur a choisi des isolants bio-sourcés tels que le coton ou le chanvre. Ces matériaux sont très résistants et permettent à la tiny house de durer dans le temps. « Si on utilisait quelque chose qui n’est pas durable et qui soit obligé d’être renouvelé, on serait je pense, moins pertinent du point de vue écologique » explique le créateur. Cette architecture a toujours été une évidence pour le constructeur qui voit dans les micro-maisons un modèle d’avenir :

«  Par la force des choses, le minimalisme va devenir un modèle, car on n’aura bientôt plus le choix ».
 
© heva A6A
© heva A6A

Heva est une expérience spatiale, d’ouverture sur le paysage et de prise de conscience de nos besoins quotidiens.

Le projet Heva est né de cette même volonté de réconcilier habitation et environnement. Il a été imaginé par Michel Calliau qui s’est ensuite associé au cabinet d’architecture bordelais A6A pour le développer. Le module Heva est entièrement autonome et transportable : « À la base, ça venait d’une construction d’un gîte, et j’ai voulu contracter le projet, c’est-à-dire arriver à avoir une structure plus légère, autonome, qui réponde à une esthétique, une qualité de vie et une liberté de vivre », raconte le développeur. Cette volonté s’est concrétisée grâce à l’architecte Michel Hardoin et au constructeur Nicolas Laveau. Le module est conçu à partir de bois locaux dans les ateliers situés à Sainte-Foy-La Grande et permet de vivre de manière plus minimaliste.

« La tiny house contribue forcément au développement durable car on est sur des espaces plus petits, on a donc moins besoin d’énergie. On vit avec moins de choses », explique Michel Hardoin. Heva est également une « expérience spatiale, d’ouverture sur le paysage » indique le site du projet. Ses larges ouvertures sur l’extérieur permettent d’être en communion avec la nature tout au long de l’année. « Les tiny houses que l’on propose sont très ouvertes sur l’environnement. […] On vit au fil des saisons, de la météo. On aperçoit la nature depuis son propre espace de vie », précise l’architecte. Le projet Heva a pour objectif de créer une maison plus grande, un habitat réversible qui puisse être déplacé au fil des ans. « C’est une très belle aventure ! », conclut Michel Caillau.



 

Trier au mérite par Axel Cuguillière et Samuel Martin

L’entreprise Yoyo permet aux habitants de bénéficier des bons de réduction contre des bouteilles en plastique. Un projet fructueux depuis son lancement, en 2017.
 
Trier au mérite

Pratique. Les trieurs sont de plus en plus nombreux à apporter leurs sacs remplis de bouteilles en plastique à leurs coachs. « On a entre 60 et 80 nouveaux inscrits par semaine » rapporte Mélanie Sotty, chef de projet Yoyo à Bordeaux. Les coachs sont formés pour mobiliser la communauté sur les consignes de tri. Ils agissent comme de véritables relais au sein de l’entreprise de recyclage. Damien, gérant de Coffees And Bicyclettes, fait parti des coachs Yoyo. « Ils sont venus me parler de leur concept et cela m’a plu directement » indique-t-il.

Une vingtaine de trieurs viennent déposer leurs sacs dans sa boutique. Chaque jour, il compte de nouveaux trieurs dans son répertoire. « Les gens prennent conscience que c’est important de trier. C’est un acte symbolique et solidaire » ajoute Damien.

Un business qui marche :
© Axel Cuguillière
© Axel Cuguillière

Des dizaines de sacs remplis attendent d'être récupérés à l'entrée du café « COFFEES AND BICYCLETTES ».

L'entreprise a déjà récupéré 60 tonnes de bouteilles. « Dans les quartiers où nous sommes présents, nous avons doublé le taux de recyclage » précise Mélanie. Une réussite également due à un système de récompenses mises en places, potentiellement récupérable grâce à une accumulation de points.

 Lorsque un trieur ramène un sac rempli, il gagne 125 points et le coach 25 points 

Ensuite, une boutique en ligne est mise à disposition pour récolter des prix tel que des places de cinémas ou encore des réductions pour des activités culturelles et sportives.

 Un partenaire omniprésent

Les coachs stockent les sacs qu’ils reçoivent de la part des trieurs. Chaque mois, ces sacs sont récupérés par le partenaire principal de Yoyo : l’Atelier Remuménage. Accompagné de son vélo et de sa remorque, un des transporteurs de l’entreprise récolte les sacs remplis de bouteilles accumulés par le coach.
 
© Axel Cuguillière
© Axel Cuguillière
L’atelier Remuménage chargent les sacs Yoyo dans sa remorque.



 

Cablanc: un écolieu aux habitats insolites par Remy Savarit et Laura Pierre

Véronique et Sébastien Bouché-Thellier, ont créé en 2012 l’écolieu de Cablanc situé à Saussignac en Dordogne. Un lieu unique où l’on peut notamment profiter d’un séjour dans une maison de hobbit spécialement aménagée.
 
Cablanc : un écolieu aux habitats insolites

La kerterre, également appelée « maison de hobbit ».

L’écolieu de Cablanc, dans la campagne de Dordogne, n’a pas fini de livrer ses secrets. Chacun des habitats a été construit par Véronique et Sébastien Bouché-Thellier, les propriétaires des lieux. Lui est artisan-charpentier, elle, architecte d’intérieur et designer d’espace. Arrivés à Cablanc en 2012, c’est un nouveau projet qui s’est ouvert à eux. Ces Belgo-Bretons ont tout conçu eux-mêmes. Pour se faire, ils ont utilisé les ressources qu’ils avaient à proximité. Notamment le bois de la forêt. Mais aussi la dosse, la partie extérieure du tronc d’arbre, qu’ils ont récupérée en scierie, tout comme la sciure de bois. En se baladant dans l’écolieu, entre champs et forêts, une cabane, plus insolite que les autres, attire l’attention. Elle est située en haut de la colline. Son jaune vif attire l’œil, mais sa forme aussi… il s’agit d’une maison de hobbit.
 
© Remy Savarit
© Remy Savarit

La kerterre, un habitat proche de la nature

Dans cette petite bâtisse en forme d’igloo, pas de petits hommes de la terre du milieu. La petite cabane se veut proche de la nature et mesure trois mètres de diamètre « pour n’emmener avec soi que le nécessaire ». Façonnée à la main avec des matériaux naturels, « un chantier dure environ un mois » confie Sébastien Bouché-Thellier. Ces travaux, ils ne les ont pas faits tout seuls. Le couple belgo-breton a fait appel à l’association kerterre, un organisme qui propose son aide dans la conception de ce petit hébergement atypique.
Sur son site, elle écrit :

Le but de cette entreprise est de transmettre cette technique de construction très intuitive sous la forme de stage. 


« La créatrice de ce petit habitat, Evelyne Adam, l’a même aménagé avec une cheminée pour y vivre toute l’année » raconte Véronique Bouché-Thellier.
Une bonne isolation est nécessaire. Pour construire la kerterre, l’association utilise un enduit moitié chaux, moitié sable, qui va permettre également une meilleure étanchéité de l’habitat. Dans ce lieu 100% écologique, au milieu de la campagne, la bergerie, le van, les tentes rondes et la « cabana » sont également des endroits authentiques où l’on peut se reposer.

Dans le cadre de leur démarche environnementale, les responsables du lieu ont recouvert la bergerie d’un toit végétal et de panneaux photovoltaïques. Les sanitaires ont également vocation à être écologiques. Dans une époque où les toilettes à eau font polémique, les toilettes sèches, où l’on recouvre ses besoins naturels avec des copeaux de bois, étaient donc indispensables.

Ici,  Pas de pollution sonore, pas de pollution lumineuse, un ciel dégagé et la voie lactée qui promettent de belles soirées d’été.



 

Ecolodge, une maison d'hôtes pas comme les autres par Axel Cuguillière et Samuel Martin

Depuis 3 ans, Arnaud gère Ecolodge, une maison d’hôtes respectueuse de l’environnement. Inspiré par les modèles des pays nordiques, il a apporté ses modifications à la maison pour la rendre… spéciale.
 
éco-lodge

Situé aux Chartrons, ECOLODGE est basé sur le modèle des pays nordiques.
© Axel Cuguillière
© Axel Cuguillière

Rentable sur le long terme. Depuis qu’il est propriétaire de cette maison d’hôtes, Arnaud multiplie les gestes afin de la rendre le plus éco-responsable possible. Des actions satisfaisantes pour des clients conquis.

 Il y en a qui ne viennent que pour ça 


De mars à novembre, il affiche complet, tous les jours de la semaine. De nombreuses caractéristiques la distinguent d’une maison d’hôtes classique, en voici 3 :

Un chauffage essentiellement solaire
© Axel Cuguillière
© Axel Cuguillière

La maison est chauffée grâce aux panneaux solaires installés sur le toit. « C’est un système au bain-marie dans une cuve, qui chauffe l’eau de ville qui est à l’intérieur, avec des serpentins qui arrivent de l’eau chaude solaire » explique Arnaud. La chaleur reste dans cette cuve et cela permet de chauffer la maison, mais aussi les sanitaires, les douches. Dans la partie commune, un toit sous le modèle d’une véranda permet de réchauffer cette pièce.

Un nettoyant bio
© Samuel Martin
© Samuel Martin

Une solution en électrolyse permet de nettoyer la maison

Un lavage écolo
© Axel Cuguillère
© Axel Cuguillère

Les emballages sont désormais faits à partir de maïs retraité.

Chez Écolodge, même le linge est lavé de manière écologique. Pas de produits chimiques comme utilisent les maisons d’hôtes plus « classiques ». Pour cela, Arnaud possède un accord avec une société qui va laver les draps, les serviettes sans utiliser de détergents agressifs. Les emballages, eux-mêmes, sont construits à base de maïs afin de posséder une éthique la plus écologique possible.



 

Ekologeek, une façon originale de faire passer un message par Thomas Caubios et Gabriel Facerias

En créant un jeu de carte enseignant des gestes écologiques à effectuer au quotidien, l’association bordelaise Ekologeek propose des moyens originaux pour mieux transmettre leur objectif : l’écologie.
 
Ekologeek

L’association compte quelques salariés et environ 50 bénévoles.

L’initiative du jeu de cartes « Éco-citoyen ! » a été lancée en 2014 par quatre membres de l’association « Ekologeek ». C’est lors d’une réunion de rentrée qu’un groupe de nouveaux bénévoles a eu l’idée de créer un jeu de cartes ayant un message écologique. La confection du jeu était coordonnée par Julien Robert en tant que salarié, avec l’aide des trois bénévoles ayant eu l’idée de ce jeu. Plus de 400 heures de travail et une vingtaine de tests ont été nécessaires pour aboutir à ce projet. L’association a fait appel à un graphiste et un imprimeur pour réaliser le design des cartes et pour produire le jeu en 1500 exemplaires.

Le jeu « Eko-citoyen » permet aux joueurs d’apprendre les petits gestes écologiques du quotidien

Une partie de « Éco-citoyen ! » dure généralement entre 40 et 60 minutes et se joue de 3 à 6 joueurs.
Les cartes sont imprimées sur du papier de bois géré durablement et l’emballage est en carton recyclé. Toujours plus écologique, Julien Robert a misé sur l’utilisation minimale de matériel.
Un jeu « Made in France » selon Julien Robert, qui a été distribué dans quelques magasins spécialisés dans le jeu de société, comme à Jeu Descartes ou au Comptoir St-Rémi, à Bordeaux.



 

Femer, le cuir fait main et fait mer par Jeanne Dauthy et Etienne Dorin

L’urgence écologique est porteuse de créativité. Sur le Bassin d’Arcachon, l’entreprise Femer transforme la peau de poisson en cuir. Une alternative aux cuirs exotiques de serpents ou d’alligators, plus connus et plus nocifs pour l’environnement. 
 
femer, le cuir fait main et fait mer

Et si votre nouveau sac en cuir venait de chez le poissonnier ?

C’est ce que propose l’entreprise Femer peau marine. À la Teste-de-Buch, en bordure du bassin d’Arcachon, c’est dans une petite cabane ostréicole d’à peine 10m2 que Marielle et sa mère transforment la peau de poisson en cuir de qualité. 
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin

Dans cet atelier, on valorise ce que l’industrie alimentaire préfère jeter. Des groupes industriels à la poissonnerie du coin, Femer a sauvé des peaux. Pour se faire une idée, en 2015, on estime que 8 000 à 12 000 tonnes de déchets organiques seraient jetés en poissonnerie.
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin

Du dépeçage au tannage, la fabrication est 100% artisanale, familiale et surtout éco- responsable. Pour poursuivre dans une démarche environnementale, les circuits courts sont privilégiés. Les fournisseurs se situent en Nouvelle Aquitaine, de la matière première aux composants du tannage (végétal bien sûr). Le cuir sera ensuite transformé en produits de maroquinerie, sacoches, porte-monnaies ou encore sandales.
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin
© Jeanne Dauthy et Etienne Dorin



 

L’Astragale et la fourmi : l’association étudiante trace son sillon ! Par Loren Trotignon et Salomé Lemaïtre

À l’abri des regards, au coeur de l’Université Bordeaux I, se cache un petit paradis de verdure appelé la Fourmilière. Ce jardin partagé a été instauré par « L’Astragale et la fourmi ». Cette jolie fable est en réalité une association étudiante à vocation naturaliste. Créée au début des
années 1960, l’association est aujourd’hui plus que jamais d’actualité.
 
l'astragale et la fourmi

L’engouement pour la cause écologique a nettement augmenté ces dernières années. La nouvelle génération a pris conscience de l’enjeu environnemental. Comme l’indique Aliénor Vauthier, présidente de l’Astragale et la Fourmi :

Les étudiants ont envie de faire bouger les choses

​​​​​​L’association qui fourmille d’idées :

Animée par cette volonté, l’association propose divers projets autour de l’écologie. Elle organise des sorties naturalistes et taxonomiques afin de sensibiliser sur la faune et la flore de la région. Ces excursions permettent aux étudiants, pour la plupart en biologie, d’aller au contact de la réalité qu’ils étudient.

 C’est une approche différente du cours. Ça rentre beaucoup mieux lorsqu’on est au contact de la nature, de l’espèce 

déclare Éric, nouveau membre de l’association. Le groupe anime aussi des conférences et des ciné-débats ouverts au public, autour de l’environnement.
L’Astragale et la Fourmi préserve également la biodiversité présente sur le campus. Des nichoirs pour les oiseaux et des parcelles de verdure ont été mis en place pour accueillir comme il se doit les petits protégés de mère Nature. Le jardin partagé « La Fourmilière » s’inscrit dans cette même dynamique. Dédié à l’origine aux étudiants, il a été ouvert aux particuliers depuis un an.
La Fourmilière est entretenue selon les principes de la permaculture. Les apprentis jardiniers cultivent des parcelles individuelles ou communes. L’association met à leur disposition les outils et les graines nécessaires pour mener à bien leurs petits potagers. Elle a également mis en place des composteurs sur le campus, afin que les étudiants puissent y déposer leurs déchets organiques. Le compost est ensuite utilisé dans le jardin.

On peut partager nos savoirs et s’entraider


La Fourmilière est portée par une vraie philosophie. Louis a intégré cette année l’association et a trouvé une communauté en adéquation avec ses valeurs : « J’avais besoin de retrouver des gens qui avaient une sensibilité à la Nature. Le jardin a été une aubaine. […] Se mettre à jardiner quand on est jeune et tout seul, on manque un peu de motivation. Dans le cadre du jardin, on peut partager nos savoirs et s’entraider. » C’est cette même solidarité qui a incité Jean-François à pousser les portes de la Fourmilière. Jeune retraité et voisin de l’université, il s’investit dans le jardin « pour aider les étudiants » et « inciter les jeunes à participer et à cultiver. » Pour Aliénor, ce partage des savoirs est essentiel dans la prise de conscience écologique :

S’engager dans une association comme la nôtre, c’est avoir une mission, agir à son échelle ! 


Grâce à toutes ces actions, L’Astragale et La Fourmi fait perdurer la belle histoire de la biodiversité.


 

Pic’Verre : le recyclage du verre à domicile par Elsa Bengué et Théo Amilhat

A Bordeaux, Pic’Verre est une entreprise qui souhaite sensibiliser le consommateur au recyclage et à la valorisation du verre afin de contribuer à la protection de l’environnement. 
 
Pic'verre

Libérez-vous de la corvée du verre


Telle est la devise de Pic’Verre, une jeune entreprise créée par deux cousins, Cyril et Julien Martin. Cette start-up de l’économie sociale et solidaire propose aux habitants de Bordeaux un service d’aide au recyclage du verre à domicile. Pour en bénéficier, un service par abonnement a été mis en place. 
Selon le dernier rapport en date de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, rapport 2017), les quantités de verre usagé collectées n’ont cessé d’augmenter depuis 2005 (+ 20 % entre 2005 et 2014), avec une progression moyenne de 2 % par an. Cette hausse démontre l’engouement que portent les citoyens pour le tri et le recyclage du verre. A Bordeaux, 70% du verre est recyclé. Malgré tout, jusqu’à 16 kilos de verre par an et par habitant peuvent être retrouvés dans les poubelles noires. 
 
© facebook
© facebook

Pour lutter contre cette perte, le « picker » parcourt Bordeaux (préalablement divisé en 21 zones), et se rend, grâce à son tricycle à assistance électrique, au domicile de ses adhérents une fois par mois.

Dans une ambition toujours plus écolo, les sacs de collecte sont réutilisables à l’infini puisqu’ils sont lavables et fabriqués en plastique recyclé. Dans le futur, Pic’Verre ambitionne de se développer aux alentours de la métropole Bordelaise et même à échelle nationale. 


 

À Rep’Eyre, une seconde vie dans le panier par Corentin Barsacq et Arthur Zamozik

Fondée sur la récupération et le recyclage des objets destinés à être jetés, la recyclerie Rep’Eyre rayonne sur le territoire du Val de l’Eyre. À Belin-Béliet, l’association veut changer les habitudes de la population.
 
Rep'Eyre

Depuis 2017, Rep’Eyre est installé dans un local situé dans la zone Sylva 21 à Belin-Béliet.

Au travers des rayons du dépôt, les bénévoles s’adonnent à la tâche sans rechigner. Sourire aux lèvres, discussions à haute voix, l’ambiance est bon enfant dans un branle-bas de combat traditionnel de Rep’Eyre. Nous sommes mardi et la boutique doit être prête pour accueillir une clientèle toujours plus nombreuse le week-end et désormais conquise par un pied de nez à la société de consommation. Sous la houlette de neuf co-présidents et comptabilisant plus de 1900 adhérents, l’association est devenue un pilier environnemental venant contrer la mise au rebut d’objets dépourvus de valeur aux yeux de leurs propriétaires.
© Rep'Eyre
© Rep'Eyre

Une alternative à la benne

L’idée d’une recyclerie intercommunale n’est autre que le fruit d’une réflexion entre 33 familles installées dans le Val de l’Eyre, un territoire regroupant cinq communes à la frontière landaise :

Nous réfléchissions ensemble à un moyen de donner une seconde vie à un objet obsolète, cassé et ainsi éviter de le jeter dans une déchetterie

se souvient Rosa Das Neves, co-présidente de la collégiale à la tête de la structure.

Avec une force solidaire, Rep’Eyre voyait le jour en 2013, appuyé par une communauté des communes du Val de l’Eyre charmée de l’initiative. Six ans plus tard, l’œuvre réalisée est colossale. Sur la seule année 2018, Rep’Eyre a traité pas moins de 195 tonnes d’objets recyclés.

Une structure active à chaque instant

Portée par des bénévoles et salariés impliqués dans le développement de ce fleuron de l’environnement sur le territoire, l’association participe chaque jour à une forme de sensibilisation. En guise d’exemple, les ateliers-vélo animés, par le technicien Miguel Carroza, afin de promouvoir la mobilité douce ou encore les différents trocs aux plantes organisés dans le Val de l’Eyre. Si Rosa Das Neves avoue que les rayons croulent sous la quantité astronomique d’objets recyclés, Rep’Eyre continue sa politique de récupération. Non loin du local, à la déchetterie intercommunale, un abri est spécialement dédié aux personnes qui ne souhaitent pas jeter leurs biens et les confier aux mains expertes des bénévoles. Une fois l’objet pesé, il sera examiné dans un atelier pour lui refaire une santé et trouver preneur parmi les quelques centaines de clients qui poussent chaque week-end, les portes d’une véritable caverne d’Ali Baba.   





 

Produits sanitaires : Des initiatives écologiques pour les rendre plus sains par Romane Guignard et Théa Guillemot

23 500 euros. C’est le prix qu’une femme dépenserait tout au long de sa vie pour subvenir à ses besoins menstruels, selon une étude britannique. 27 000. C’est le nombre d’arbres abattus par jour pour fournir la demande mondiale de papier toilette. Les produits d’hygiène s’avèrent lourdement nocifs pour l’environnement. À Bordeaux, des initiatives écologiques et responsables sont mises en place pour résoudre cette catastrophe.
 
produits sanitaires : des initiatives écologiques

Une serviette hygiénique met 500 ans à se détériorer, autant qu’une bouteille en plastique !

Durant leur cycle, une grande partie des femmes optent pour des protections jetables et faciles d’utilisation, comme des tampons, serviettes, ou encore protège-slips. Souvent polluants et coûteux, la plupart de ces femmes ignorent la nocivité de ces produits pour leur santé... mais aussi pour la planète Terre.
 
© droits réservés
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Une femme jette en moyenne 150 kg de protections hygiéniques dans sa vie. Une quantité de déchets non négligeable, quand on sait qu’une serviette hygiénique met plus de 500 ans à se détériorer, selon le livre Flow: The Cultural History of Menstruation.

Depuis, des initiatives écologiques ont été mises en place, comme par exemple les serviettes hygiéniques réutilisables ou les culottes menstruelles, pour lutter contre cette pollution. Véritable avant-gardiste, la Bordelaise de « Coffin Rock » crée depuis 10 ans, cette nouvelle - pas si nouvelle que ça - alternative sanitaire. Sur les marchés et en ligne, couvre-bols fleuris, lingettes démaquillantes citrouilles, coupes menstruelles pailletées… sont proposés à des prix accessibles. « Au niveau économique, c’est extrêmement avantageux. Par mois, j’en avais peut-être pour 30 euros, et là, on est passé sur un achat qui est autour de 40-50 euros pour les culottes par exemple », nous confie Anne, 36 ans, cliente régulière de la boutique en ligne.

Un Français consomme 6,2 kilos par an de rouleaux de papier toilette

Aux toilettes aussi, l’écologie s’invite. Le papier toilette, démocratisé dans les années 1950, est devenu un indispensable de notre quotidien. Adam et Eve s’essuyaient avec une feuille, le monde moderne tend vers le retour au naturel. Le papier toilette réutilisable est sur le devant de la scène. Certains l’ont véritablement adopté, pour d’autres ça semble plus compliqué

Ah, c’est dégueulasse ! 

est un exemple de ce que nous avons pu entendre.
Dégueulasse peut-être, mais écologique, certainement. Fabriqué avec du coton bio, ce papier nouvelle génération peut durer jusqu’à 5 ans. Avis aux amateurs.



 

"Joli Roger"produit des vestes qui polluent 10 fois moins par Anaïs Bernardine et Carla Laugère

Sébastien Lalande et ses amis, Hugo Fournier et Valentin Boucharin, ont décidé de créer “Joli Roger” il y a trois ans. Une ligne de vêtements initialement destinée à revisiter la vareuse, la célèbre veste de marin, mais en mettant l’accent sur le respect de l’environnement. 
 
éco-textile

Dans une maison citadine à Talence, le créateur de la marque entrepose les vestes destinées à être envoyées. Boutons, croquis, échantillons de matières sont posés sur le bureau. La maison est divisée en deux parties : le côté Joli Roger, et un salon de tatouage, l’activité que pratique en parallèle Hugo Fournier. Pour Joli Roger, il s’occupe des aspects design des produits et image de marque.
© Anaïs Bernardine-Carla Laugere
© Anaïs Bernardine-Carla Laugere

Les trois jeunes hommes se sont donné comme défi de réaliser des vestes qui reprennent l’esprit marin et tendance tout en réduisant au maximum l’impact écologique. Ils ont commencé par réduire leur empreinte carbone. Leurs t-shirts sont constitués à 69% de coton recyclé, les boutons viennent du Jura, les tissus de France et de Belgique et la confection est réalisée à Capbreton. Rien à plus de 1000 kilomètres de Bordeaux donc...
© Anaïs Bernardine-Carla Laugere
© Anaïs Bernardine-Carla Laugere

Ceci n’est rien, si l’on compare avec les grandes chaînes de textile de type Zara. Il explique: « Un vêtement de chez Zara va parcourir des kilomètres avant d’arriver ici puisque, ce que ces marques cherchent, c’est la production de masse au meilleur prix. Il sera alors fabriqué en Chine, ou en Afrique, avec de la main-d’oeuvre dix fois moins chère qu’en France. Or, cela signifie aussi que des enfants travaillent. On a même retrouvé dans la doublure d’un vêtement de chez Primark le mot « Help ». Alors notre but est de faire quelque chose pour la mode, mais surtout éthique. » Ains,la marquel préserve le savoir-faire français. Pour ces vestes éthiques, il faut compter entre 69€ et 130€. 

Selon eux, l’initiative séduit. Pour la première année, Joli Roger dégage un chiffre d’affaires d’environ 20 000 euros. Et 600 produits ont été écoulés. Deux concept-stores distribuent la marque à Bordeaux : S’lamèche et la Garçonnière.



 

Zéro déchet : Fini le plastique au resto ! par Esther Suraud et Emma Breuil

Dans les vitrines de ce restaurant, rue Saige à Bordeaux, les clients peuvent choisir de déguster leurs plats dans des boxes en verre. Une initiative proposée par BoxEaty, nouvelle start-up bordelaise.
 
zéro déchet au resto

« Avec BoxEaty, mangez consigné ! », c’est le slogan de la start-up zéro déchet, BoxEaty, créée en juillet dernier à Bordeaux. Le concept est simple, dans les restaurants partenaires, les clients peuvent déguster leurs plats dans des emballages à usage unique ou dans des boxes en verre. En choisissant les récipients de BoxEaty (modèles de 67 à 122 cl), une consigne de 4 euros est versée, en plus du prix du plat. Munis d’un jeton Made in France, le client pourra donc profiter de sa boxe à chaque visite dans l’établissement. Un moyen écolo de manger en faisant zéro déchet !
© Ester Suraud et Emma Breuil
© Ester Suraud et Emma Breuil
Yann Thielin, co-fondateur de la start-up "BoxEaty"

Depuis la création de cette start-up, par Yann Thielin et Élise Fillette, plus de 5000 emballages à usage unique ont été évités ; ce qui équivaut à 150 kilos de déchets.
Pour ce qui est de la gestion, elle est à 100% prise en charge à vélo (le lavage, l’approvisionnement).
Laure, cliente régulière du restaurant, partenaire de BoxEaty, est conquise. D’après elle, ce n’est pas seulement un concept écolo, c’est aussi une manière plus agréable de manger : « pour mon alimentation c’est mieux, pas de bouts de plastiques ! ».

A la fin du mois de novembre, l’équipe BoxEaty lance une campagne de crowdfunding afin de financer leur premier tunnel de lavage mais également pour augmenter leur stock de boxes.  L’aventure zéro déchet continue !




 

Crackers : Une nouvelle vie pour les Coproduits, par Vincent Larregain et Baptiste Sisco

Depuis janvier 2018, Marie Kerouedan et Nathalie Golliet ont relevé le défi ingénieux de mettre des coproduits dans nos assiettes. La société Résurrection utilise des drèches, aliments secondaires de la production de bière habituellement destinés au bétail, pour fabriquer des crackers.
 
Crackers : une nouvelle vie pour les co-produits

Depuis plusieurs années, l’industrie agro-alimentaire est en profonde réflexion sur son impact environnemental. Un mot a fait son apparition dans le jargon industriel : le coproduit. Ni déchet, ni résidu ce petit nouveau dans la langue française correspond à des éléments que nous avons l’habitude de jeter comme le marc de pomme ou les drèches. Ces dernières sont des restes de céréales issus de la production brassicole.
Chaque année, c’est 72000 tonnes de drèches qui sont produites par les malteries françaises selon une étude réséda. C’est l’équivalent de 12000 éléphants adultes par an juste pour le secteur. Ce chiffre est une aubaine pour Marie Kerouedan et Nathalie Golliet, deux entrepreneuses à l’origine de la société « Résurrection ». Elles prennent le pari fou de faire de coproduits des Crackers. 

Le processus de fabrication est somme toutes, ce qu’il y a de plus classique, affirment les cofondatrices. « On fait des bâtons, on utilise un pétrin, on mélange différents ingrédients ensemble, on lamine et on découpe. Dernière étape le reconditionnement ». Le résultat est tout aussi simple : de petits biscuits carrés sur lesquels se jonchent différentes graines .

C’est en Dordogne, dans la ville de Saint-Léon-sur-l’Isles,  que se tient la production des crackers. Spécificité, ils sont confectionnés dans la dernière biscuiterie artisanale de France : la Chanteracoise. La pâte et les condiments sont alors versés et pétris à la main. Les mélanges d’ingrédients et la cuisson se font à l’œil. Chloé Chotard, ingénieur en Agro-alimentaire pour « Résurrection » nous explique leur « équation des fins heureuses ». Pour faire 1000 litres de bières, les brasseurs produisent 300 kilos de drèches. Nous, on les collecte et on en fait 900 kilos de crackers. 





 

L’urine, un engrais naturel pour nos champs

La start-up Toopi Organics a lancé son activité en février 2019 à Langon, en Gironde. Le but de cette société est de commercialiser un fertilisant naturel en transformant l’urine humaine. 
 
Biologie : l'urine, un engrais naturel pour nos champs

Et si l’urine pouvait terminer ailleurs que dans le fond de nos toilettes ? C’est le projet des trois co-fondateurs de Toopi Organics, Michael Roes (spécialiste en biostimulants agricoles), Pierre Huguier (docteur en écotoxicologie du sol) et Mathieu Préel (loueur de toilettes sèches) qui se sont interrogés sur le devenir du liquide produit par l’homme. 
 
©  Margot Delpech et Margau Gonzales
© Margot Delpech et Margau Gonzales

Leur but ? Réduire le gaspillage d’eau potable des toilettes en fabriquant un fertilisant naturel moins cher et meilleur que les engrais minéraux. Les démarches de  transformation, ont débuté grâce aux subventions de l’Etat et aussi grâce aux 65 000 euros gagnés lors du concours  de la Fabrique Aviva. 

 On a vu sur la vigne que cela réduit son besoin en eau de 50 % 

L’urine est notamment récupérée par Mathieu Préel et provient de toilettes sèches installées dans différentes structures telles que Darwin à Bordeaux ou divers festivals. Des laboratoires d’analyses, ainsi que des hôpitaux, donnent également des échantillons. Les patients sont mis au courant grâce à des affiches présentes dans ces lieux. 
Pour expérimenter l’urine, l’agriculture a été le domaine de « test » où de nombreux essais agronomiques ont pu être réalisés. Michael Roes témoigne : « Sur du maïs, quand on remplace les engrais minéraux par notre produit, on arrive entre plus 60 et 110 % de biomasse. On a vu sur la vigne que cela réduit son besoin en eau de 50 % ». 
Pour les plus frileux, pas de panique ! L’engrais final n’a aucune odeur grâce à un procédé d’acidification et de fermentation.

Une urine bientôt commercialisée 

Si les essais se révèlent prometteurs, le produit sera commercialisé fin 2020. 
La start-up se relance dans une période d’essais et cette fois, cela se passera dans les champs. L’objectif ? Répondre à la question suivante : « Est-ce que le produit réalisé à base d’urine est meilleur que les engrais minéraux ? Et surtout, est-il moins cher ? » Car si l’idée et les tests s’inscrivent dans une démarche éco-responsable, les agriculteurs, eux « regardent si c’est plus efficace et moins cher que ce qu’ils utilisent actuellement » continue d’expliquer Michael Roes. 
Par la suite, si l’urine se confirme comme étant un fertilisant plus efficace et moins coûteux, la société Toopi Organics espère conquérir de nouveaux marchés en approchant de plus grandes industries.