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Aquitaine : il faut sauver les chauves-souris

© DECOUVRE TA NATURE-MAXPPP
© DECOUVRE TA NATURE-MAXPPP

Le Conservatoire d'espaces naturels d'Aquitaine a lancé une campagne de comptage des chauves-souris en hibernation en Dordogne et en Lot-et-Garonne. Ce recensement fait apparaître une baisse inquiétante du nombre d'individus de certaines espèces.

Par Sandrine Papin

Elle ne sont pas populaires, font même peur parfois, et pourtant, elles s’avèrent très utiles pour l'environnement : les chauves- souris.

L’hiver est la période idéale pour les compter.

On les trouve, dans leur milieu naturel, les caves souterraines, les greniers, les toitures. Des refuges pour se reposer, dormir mais aussi procréer.

 
L'hiver, quand les proies se font rares, les chauves-souris limitent leurs dépenses énergétiques
L'hiver, quand les proies se font rares, les chauves-souris limitent leurs dépenses énergétiques


En Nouvelle Aquitaine, il y a 24 espèces différentes, sur les 34 comptabilisées dans le pays.

Certaines sont facilement identifiables, comme ici, à Castelculier en Lot-et-Garonne.
 


Dans cette ancienne carrière, cohabitent, le Grand murin, la Pipistrelle, le Rhinolophe.

Grâce aux puces électroniques installées sur les animaux, les scientifiques observent leur évolution.  

« Avant on s’imaginait que si il y avait un gîte de reproduction et un gîte d’hibernation assez proches l’un de l’autre, c’était la même colonie. Et bien pas du tout ! les individus s’éparpillent, s’étalent. »  -Jean-Christophe Bertolucci - Chiroptérologue conservatoire d'espaces naturels d'Aquitaine

  
Contrairement aux idées reçues, ces créatures nocturnes ne font qu’un petit par an. Leur espérance de vie est de 40 ans.

Ce faible taux de renouvellement des populations compromet leur survie.  

D’où l’importance de les observer. Mais ce ne sont pas les seuls facteurs.

Ces mammifères sont très sensibles aux modifications de leur environnement comme la rénovation des bâtiments, ou l’exploitation forestière avec la perte de vieux arbres.

Le dérèglement climatique fragilise aussi l’habitat et menace les espèces. Et l’utilisation des traitements chimiques n’est pas étrangère au phénomène.

Les pesticides, ont, par exemple, un impact sur les insectes, péchés mignons des chiroptères qui peuvent en dévorer plusieurs milliers par nuit.
 
« Il y un indice très clair, en voiture vous faîtes 10, 15 kilomètres. Le pare-brise, l’été reste vierge de tout impact ! » - Olivier Vanucci - chargé de secteur Conservatoire d'Espaces Naturels d'Aquitaine    


D’après l’Observatoire national de la biodiversité, les chauves-souris ont perdu, près de 40 % de leurs effectifs en dix ans.

Jean Michel Daguenet et Benoit-Pierre Morin ont suivi le travail des scientifiques dans l'ancienne carrière de Castelculier en Lot-et -Garonne
La chauve-souris peut dévorer 60 000 insectes à elle toute seule durant l'été

 

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