"Ce projet est tellement pharaonique, inutile et coûteux qu'on est optimiste !" Les opposants à la LGV Paris-Toulouse ne faiblissent pas

Le collectif stop LGV 47 s'est installé au cœur de Casteljaloux où de nombreuses associations et élus l'ont rejoint dans une ambiance festive pour tout le week-end. Ils dénoncent le projet de ligne à grande vitesse reliant Bordeaux à Toulouse et Dax. Ils traverseront le sud Gironde et le Lot-et-Garonne en faisant étape dans de nombreux villages.

Stop LGV, la Confédération Paysanne, Attac, mais aussi des associations environnementales, tous se sont donné rendez-vous pour contrer le projet de LGV. Parmi eux, de nombreux élus. Raymond Girardi est président de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne. Il se bat depuis près de vingt ans contre ce projet de LGV.

On est optimiste, ce projet est tellement pharaonique, inutile et coûteux qu'on est optimiste quant au fait qu'on ait gain de cause à l'arrivée.

Raymond Girardi

président de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne

Une déclaration qui en dit long sur la détermination des opposants à cette LGV. L'année dernière, ils étaient 500 à défiler dans les rues de Bordeaux. Depuis plusieurs années, les manifestations multiplient. Preuve que la mobilisation ne faiblit pas. En mai dernier, ils affirmaient avoir posé des panneaux dans plus de 700 communes du Lot-et-Garonne et de la Gironde. Aujourd'hui à Casteljaloux, ils sont 200 à avoir fait le déplacement. Mais pendant ce temps, le projet avance. "Les aménagements au nord de Toulouse ont démarré", déclarait le préfet Etienne Guillot en mars. Au sud de Bordeaux des travaux devraient être lancés avant la fin de l'année.

"Aujourd'hui, c’est une étape de plus dans le combat que l'on mène depuis près de 20 ans", poursuit Raymond Girardi. "Cette ligne n'a pas lieu d'être. On n'est pas opposé au développement des LGV si on doit faire des axes nord-sud, Paris-Berlin, Paris-Madrid ou autre. Mais une transversale qui vient en concurrence avec une ligne déjà existante en deux fois deux voies électrifiées, là, la démonstration est faite aujourd'hui que jeter 15 milliards (20 milliards, on ne sait pas combien exactement) dans ce projet n'a aucune raison d'être".

CARTE -  Casteljaloux (47)

86 % de personnes favorables à la LGV selon un sondage

Un sondage paru ce vendredi 24 mai, a certainement alimenté les débats aujourd'hui dans le Lot-et-Garonne. Alain Rousset a en effet dévoilé les résultats d'une étude d'opinion commandée par la SNCF. Elle a été réalisée auprès de 2 000 personnes habitant dans les anciennes régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, toutes deux concernées par la future ligne.

D'après ce sondage, 86 % des personnes interrogées sont favorables à la LGV. Un chiffre qui grimpe à 91 % en Haute-Garonne. Il reste élevé en Gironde avec 83 % d'opinion favorable. "L’engagement citoyen est pour le projet", a déclaré Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine. "L'Europe y tient parce que c'est une liaison Portugal, Espagne, Europe du Nord à travers l'Aquitaine. Il faut prendre toutes les précautions environnementales".

Mais vous savez que l'impact d'une voie ferrée sur la biodiversité est bien moindre qu'une autoroute.

Alain Rousset

président de la Région Nouvelle-Aquitaine

Pour Christine Seguinau, conseillère régionale écologiste, les résultats de ce sondage sont à relativiser en raison du manque d'informations transmises aux personnes interrogées. "Est-ce qu'on a abordé le problème de la destruction de 4 800 hectares de zone de biodiversité ?", interroge l'élue. "Est-ce qu'on a abordé le fait qu'on ne va gagner que quelques minutes par exemple sur le secteur entre Bordeaux et Dax ? Est-ce qu'on a bien donné aux gens tous les éléments pour qu'ils prennent conscience et émettent un avis ? Est-ce qu'on leur a rappelé qu'ils payaient des impôts pour les propriétaires ? Que les taxes de séjours vont augmenter dès cet été ? "

"Un scandale en termes de financement"

La question du financement est au cœur de l'opposition entre les "pour" et les "anti". Le préfet parlait "d'une centaine de millions d’euros versés par l’Europe depuis le lancement du projet". Un point visiblement fermement contesté par Raymond Girardi. "On nous dit qu'il y aura 20 % de fonds européens, il y a zéro", affirme-t-il. "Puisque l'Union européenne n'intervient que sur les grands axes de pays à pays. Donc le financement aujourd'hui n'est pas bouclé".

L'élu pointe la fiscalité mise en place sur les territoires traversés par le projet de LGV. "C'est un scandale en termes de financement", rage-t-il. "Car ils nous ont mis, nous, alors qu'on n'aura aucun intérêt (à cette LGV, ndlr). Il y a une taxe sir le foncier bâti qu'on a commencé à payer l'an dernier et qui est inadmissible d'ailleurs. Et une taxe supplémentaire de 34 % sur la taxe de séjour pour aider au financement de ce projet dont tout le monde sait qu'il n'y a pas l'argent pour l'investissement et le mettre en place. Par ailleurs, tout le monde sait qu'elle sera ultra-déficitaire".

Ce qui veut dire que c'est, en fonctionnement, une ligne qui sera sous perfusion pour le siècle à venir.

Raymond Girardi

président de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne

"Les seuls combats qu'on ne gagnera pas, ce sont ceux qu'on ne mène pas".

Alors que les Espagnols s'inquiètent des lenteurs et déplorent un "double discours" côté français, les opposants à la LGV veulent croire qu'ils peuvent inverser la tendance et stopper le projet. "Les achats du foncier ont déjà commencé, mais on vous citera de très nombreux projets , où on a bloqué le foncier où on a commencé à acheter le foncier qui est devenu propriété publique et puis rien ne se fait à terme", conclut Raymond Girardi. "Les combats que l'on mène, on peut les gagner. Les seuls combats qu'on ne gagnera pas, ce sont ceux qu'on ne mène pas". En fin d'après-midi, le convoi reprendra la route pour rejoindre Pompogne.

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