Future ligne LGV : les Espagnols s'inquiètent des lenteurs et déplorent un "double discours" côté français

Réunis à St-Jean-Pied-de-Port, lundi 20 mars, les présidents de l'Eurorégion, composée de la Nouvelle-Aquitaine, d'Euskadi et de la Navarre souhaitent une ligne de train à grande vitesse qui pourrait traverser les deux pays. Mais les Espagnols sont inquiets de l'avancée du chantier, côté français.

Ils forment une "Eurorégion" de part et d'autre des Pyrénées : les trois présidents de la Nouvelle-Aquitaine, côté français, ainsi que ceux d'Euskadi et de la Navarre, côté espagnol se sont retrouvés pour leur assemblée générale, lundi 20 mars, à Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque.

Cette structure finance et anime des projets autour de la culture, du sport et des mobilités transfrontalières. Les trois responsables ont justement évoqué avec force la construction d'une future LGV (ligne à grande vitesse) sur de nouvelles voies.

Au-delà du trafic des passagers, la ligne permettrait d'enlever 10 000 camions qui traversent chaque jour la Nouvelle-Aquitaine, selon Alain Rousset, le président de la région.

Si on veut réaliser le fret ferroviaire, c’est-à-dire dépolluer nos régions, cela suppose qu'il y ait des capacités ferroviaires supplémentaires qui ne peuvent pas fonctionner sur les voies existantes.  Le projet avance bien côté espagnol. Il avance un peu moins bien côté français.

Alain Rousset, président de la Nouvelle-Aquitaine

France 3 Aquitaine

Alain Rousset soutient la prolongation de la ligne LGV Paris-Bordeaux vers Dax et Hendaye, mais les travaux n'ont toujours pas commencé au sud de la capitale de la région. 

La LGV espagnole sur les rails

En Espagne, la LGV "Y-Basque" (Vitoria-Gasteiz-Bilbao-Saint-Sébastien) se rapproche de la frontière française qu'elle doit atteindre en 2027, mais sans perspective proche de raccordement à une ligne "modernisée" côté français.

Le gouvernement autonome basque se dit inquiet. Pour son président, Iñigo Urkullu Renteria, la France semble tenir un double discours. "Emmanuel Macron a rappelé son engagement. Mais le conseil d'orientation des infrastructures (COI) a positionné la ligne Bordeaux-Dax en 2042. Et elle ne fait même pas mention de la liaison entre Dax et Hendaye" a-t-il affirmé.

Le C.O.I français a ainsi préconisé fin février de reporter les travaux de la ligne. Un scénario qui semblait approuvé par Matignon au grand dam des partisans de la LGV.  
Maria Chivite Navascués, présidente de la communauté forale de Navarre estime que la France s'est pourtant engagée au niveau européen.

La France doit tenir les délais. Le train est un projet stratégique pour l'Europe. Tout retard entraîne des dommages, à l'ensemble des pays.

Maria Chivite Navascués, présidente de la Navarre

France 3 Aquitaine

 

Une dizaine de manifestants du collectif "Bizi" ont, pour leur part, interpellé les trois présidents pour réclamer la modernisation des lignes existantes entre Bordeaux et le pays Basque, plutôt que la construction d'une ligne nouvelle.