"Euthanasie industrielle" "box minuscules bétonnés", une association qui récupère des animaux errants ciblée par One voice

L’association One Voice a publié le 11 décembre le troisième volet de son enquête sur les fourrières de France. Cette fois, l’association Sacpa, qui récupère les animaux errants en Lot-et-Garonne., est visée. Cette dernière dénonce des “informations mensongères".

L’enquête est sortie le 11 décembre 2023, sur le site de l’association One Voice. Intitulée “Enquête de One Voice dans une fourrière 5 étoiles : l’abattage industriel des chiens et des chats”, elle dénonce les pratiques réalisées au sein de l’association Sacpa, délégataire de mission de service public, en charge de récupérer les animaux errants ou abandonnés. Créée en Lot-et-Garonne en 1997, elle est dirigée par le président du SUA, le club de rugby d'Agen.

"Chiens délaissés parmi leurs déjections"

Dès le début de l’enquête, une vidéo s’affiche : des dizaines d’images de chiens et de chats, enfermés dans des cages ou euthanasiés par des personnes en blouse blanche et masquées. Des images tournées en caméra cachée, réalisées par One Voice pour “avoir le cœur net”, sur le traitement des animaux dans ces structures.  “Environ une fois par semaine, un camion plein à craquer vient y larguer son chargement : bélier, wallaby… on peut trouver dedans toutes sortes d’animaux"

Ce sont surtout les nombreux chiens et chats récupérés au bord des chemins, sans « détenteur » à l’horizon, qui atterrissent là.

L'association One Voice

dans son enquête du 11 décembre 2023

Si elle reconnaît que les animaux sont “bien nourris”, leurs images dénoncent des conditions de détention “sans aucune chaleur humaine”. “Enfilades de box minuscules bétonnés, chiens délaissés parmi leurs déjections, chats entreposés dans des caisses de transport au fond de salles obscures, infirmerie sens dessus dessous… Voici le spectacle auquel ont assisté nos enquêteurs en s’introduisant dans les locaux « aux normes », où sont enfermés les animaux”, relate l’association dans son enquête. 

Une triste réalité que ne dément pas Sacpa. Pour autant, l’association se défend de maltraiter les animaux. “Nous sommes face à une augmentation des abandons de chiens et de chats sur la voie publique”, explique l’association dans son communiqué, rappelant que 30 000 chiens vivants sont récupérés.

Euthanasiés "à la chaîne"

Dans cette enquête, One Voice se concentre surtout sur les euthanasies, pratique “à cadence industrielle” selon elle, dans ces centres. “Passé le délai légal de huit jours, si personne n’est venu les réclamer, la plupart sont abattus”, dénonce l’association, indiquant une politique “du chiffre” et de rentabilité.

Leurs images montrent ainsi la capture au lasso d’un chien, quelque instants avant de recevoir une piqûre létale. “Des dizaines d’animaux en parfaite santé agonisent chaque jour dans ces couloirs de la mort avant d’être éliminés”, annonce l’association.

Des délais contestés

Le délai de huit jours, s’il est légal, n’est pas pratiqué dans ces centres de soins, martèle la Sacpa. “Aucune recommandation d’euthanasie n’est émise par nos vétérinaires au bout de huit jours ouvrés et francs, comme le stipule la réglementation”, souligne la Sacpa, réfutant l’idée “d’euthanasies à la chaîne”. 

Seulement 2 % à 3 % sont endormis pour des raisons sanitaires, agressivité extrême ou décision de justice.

l'association Sacpa

Communiqué

Ces animaux sont ensuite placés dans des congélateurs avant de rejoindre un “immense conteneur pour les expédier à l’équarrissage”.

A l'appui de sa défense, la Sacpa égrène ensuite les situations des animaux présentés dans la vidéo. Race, motifs de leur présence, date d’entrée et de sortie, l’association se veut transparente et détaille les différents cas. “Au sujet de la croisée Border Collie. Femelle, arrivée accidentée en provenance de la commune de Peyremale. Elle a déclenché la maladie de Carré. Elle était réfractaire aux traitements. Date d’entrée 17/07/2023. Date d’euthanasie sanitaire : 23/08/2023”, indique notamment l’association dans son communiqué. Des délais, souvent de plusieurs mois, qui dépassent les huit jours mentionnés par One Voice.

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Politique animale

Suite au communiqué rédigé par la Sacpa, One Voice a tenu à préciser sa volonté de sensibiliser le grand public aux pratiques et faire réagir l’État sur le bien-être animal. 

Nous réclamons la transparence sur ce qui se passe à l’heure actuelle, chaque jour, dans les fourrières de notre pays, où des milliers d’animaux sont mis à mort à la chaîne en toute légalité.

l'association One Voice

dans son enquête du 11 décembre 2023

Une transparence que propose également la Sacpa. En février 2024, l’association mettra en ligne toutes les données concernant les entrées et sorties des animaux de leurs centres de soins. “Seront mentionnés aussi les propositions faites aux refuges et les refus des associations avec leur motif, le cas échéant”.

Pour autant, One Voice refuse de fermer les yeux sur la situation de ces animaux. “Tenter de justifier les abattages en mettant en lumière les animaux qui seraient sortis vivants de cette prison, tout en sous-entendant que ceux abattus ont eu la « chance » de rester en vie au-delà du délai légal de huit jours, ne règle en rien ce que nous dénonçons”.

L’association milite depuis plusieurs années pour un programme de stérilisation des chats à grande échelle ainsi que pour l’interdiction de la cession d’animaux en ligne. Elle demande par ailleurs l’arrêt des salons des chiots, ainsi que l’application stricte de l’obligation existante d’identification des animaux et des sanctions pénales sévères pour les abandons et actes de maltraitance.

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