“Il était quasiment mort de faim” : une pétition pour dénoncer l'état de Cayenne Blue et demander justice

Cayenne Blue, encore amaigri, avec ses nouveaux propriétaires Teddy Vuillod et Lucile Gagnerault. / © FTV
Cayenne Blue, encore amaigri, avec ses nouveaux propriétaires Teddy Vuillod et Lucile Gagnerault. / © FTV

Lucile Gagnerault et Teddy Vuillod ont acheté Cayenne Blue à une éleveuse sarthoise en décembre dernier. Ils ont découvert le cheval très aimaigri et en mauvais état. Après l'avoir ramené dans leur élevage en Lot-et-Garonne, ils ont lancé une pétition pour demander une sanction pénale.

Par M.D

Les côtes sont saillantes, les os de la hanche visibles... impossible de ne pas voir son état de maigreur extrême. Cayenne Blue a perdu toute sa prestance d'étalon. Il peine encore à se relever. "On ne peut pas trop le sortir du box, il est encore beaucoup trop faible", explique Lucile Gagnerault.

La jeune femme et son conjoint, Teddy Vuillod, sont indignés. Il y a encore un mois, ils imaginaient acquérir un étalon en pleine forme et prêt à se reproduire chez eux, à l'élevage Orchidéa. Mais ils ont découvert un cheval agonisant. 
 

"Est-ce que c'est le même cheval ?"

En décembre, le couple repère une annonce sur Facebook proposant l'étalon à la vente. Fils de Chacco Blue, un grand champion, Cayenne apparaît fringuant, en bonne santé, sautant des obstacles. Lucile Gagnerault prend contact avec la vendeuse qui souhaite le céder pour 4000 euros. Finalement, l'affaire a été conclue à 1800 euros.
Enfin le 4 janvier dernier, l'éleveuse et son conjoint décident d'aller chercher Cayenne Blue directement en Sarthe. 
 
Cayenne Blue en photo... et après avoir été récupéré.
Cayenne Blue en photo... et après avoir été récupéré.

Arrivés devant son pré, la vendeuse leur amène le fameux étalon. Ils restent bouche-bée :

Je me suis demandé "est-ce que c'est le même cheval ?" On était tellement choqués et outrés qu'aucun mot n'est sorti.

Le cheval a les pieds dans la boue, et selon Lucile, il n'y a ni foin, ni granulé, ni herbe pour qu'il puisse manger. Malgré le choc, les deux acheteurs ne veulent pas laisser l'étalon vivre dans ces conditions et le ramènent à Ruffiac. Le trajet est difficile : Cayenne Blue tient à peine debout. "J'ai dit à Teddy : je ne pense pas qu'il va survivre au trajet", raconte Lucile. 
 

Presque mort de faim

Une fois arrivés à l'élevage, le couple appelle en urgence leur vétérinaire. Cette dernière fait état d'un étalon "quasiment mort de faim" : il pèse 200 à 300 kg de moins que son poids habituel, n'assimile plus les protéines, et est envahi par des parasites internes. Le verdict est clair : il n'a pas été assez nourri. 

Et même si depuis dix jours il recommence à manger, Cayenne Blue n'est pas encore sorti d'affaire :
 


Justice pour Cayenne

Une fois l'état du cheval stabilisé, Lucile et Teddy ont décidé de dénoncer cette maltraitance : ils ont porté plainte contre la vendeuse, mais ont aussi lancé une pétition pour demander justice pour Cayenne et dénoncer cette situation. Ils ont déjà récolté près de 63 000 signatures. 

Suite à cet appel à la mobilisation, le couple a reçu de nombreux témoignages d'autres éleveurs ayant acheté des chevaux à la même personne. Ces derniers parlent de chevaux ayant subis les mêmes traitements. Une situation qui indigne Teddy :

Je suis vraiment remonté. Je n'arrive pas à croire que ça puisse arriver à ce niveau-là. 

 

Nourri, mais malade ?

De son côté, la vendeuse, contactée par téléphone, estime qu'il n'y a eu aucun manquement au niveau de la nourriture :

Ils ont ce qu'ils faut pour manger, j'ai des factures et des témoins à l'appui. J'ai peut-être eu un manque de vigilance côté vétérinaire, pour Cayenne Blue. 

En effet, cette dernière explique que l'étalon a contracté la maladie de Lyme courant 2019, ce qui l'aurait beaucoup amaigri. Il aurait repris du poids pendant l'été, avant d'en perdre à nouveau lorsqu'il a été placé dans une pré avec des juments.

Cependant, après plusieurs examens vétérinaires effectués par Lucile et Teddy, Cayenne Blue n'a aucune trace de maladie.
 

Visite surprise

La vendeuse a aussi précisé que la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) était venue à l'improviste vérifier son installation, et que la visite s'était bien passée. 

Quoi qu'il en soit, l'affaire devra se régler au tribunal. Quant à Cayenne Blue, il reprend peu à peu des forces... mais difficile de savoir s'il pourra se reproduire :

Ce n'est plus notre priorité. Pour l'instant, la question c'est de voir s'il va survivre. C'est le plus important. 

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