Meute de “chiens de chasse maltraités” en Dordogne : l'association One Voice persiste, images à l'appui

La meute de chiens de chasse dans le Terrassonnais serait élevée dans des conditions indignes selon l'association One Voice / © One Voice
La meute de chiens de chasse dans le Terrassonnais serait élevée dans des conditions indignes selon l'association One Voice / © One Voice

Après la diffusion de ses images-choc sur un élevage de chien de chasse maltraités dans le Terrassonnais et son dépôt de plainte, l'association One Voice dénonce l'absence de réaction de la préfecture et met de nouvelles images en ligne.

Par Pascal Faiseaux

Cette fois, c'est une dénonciation en règle pour l'association de défense animale One Voice.  Dans un long article intitulé Richard M. ou le cauchemar des chiens de chasse l'association revient sur l'élevage de chiens de chasse de Richard Mandral près de Thenon et dénonce "l'inaction" de la préfecture de Dordogne sur ce dossier. 

A l'époque, le 3 septembre dernier, One Voice avait diffusé des images choquantes de chiens en mauvais état physique, et affirmait que sur ces images on pouvait voir des chiens mangeant les carcasses d'autres chiens.

" Toujours autant de chiens, disséminés dans une foule d’enclos, de réduits, de niches bricolées, de véhicules à l’abandon..."

Et pour appuyer ses propos, elle met en ligne deux nouvelles vidéo-choc qu'elle affirme avoir prises sur les lieux le 11 septembre dernier. De courts extraits dans lesquels on peut voir des chiens enchaînés, certains en mauvais état physique, et un homme nourrissant ces chiens en leur lançant de la viande.
D'autres images montrent des brouettes pleines de nourriture avariée et pourrissante.

 
La nouvelle vidéo-choc de l'association ONE VOICE
Devant le peu de réaction de la préfecture de Dordogne dans ce dossier, l'association ONE VOICE vient de mettre en ligne de nouvelles images de l'élevage litigieux de chiens de chasse a Azerat - Association ONE VOICE
 
La deuxième vidéo sur les chiens de chasse de l'association ONE VOICE
La deuxième vidéo-choc de l'association montre un homme nourrissant les chiens avec de la viande, et des réserves de nourriture avariée... - ONE VOICE


Vers l'aire où sont stockées les réserves de nourriture, nous filmons des carcasses putréfiées, d'autres rongées par les asticots, des morceaux « frais » laissés à l'air libre couverts de mouches, et d'autres brouettes où macèrent des solides innommables dans une fange sanglante. Une odeur de mort.
Association One Voice
 

Dans un premier temps, début septembre, la Préfecture avait réagi en indiquant qu'elle avait connaissance de ce dossier et qu'elle avait déjà mandaté les services de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Personnes) pour s'occuper du dossier.
Selon elle, le propriétaire de cette meute avait fait l'objet d'une mise en demeure sous deux mois pour une mise aux normes (réduction du nombre de chiens à 45, meilleures conditions d'hébergement des animaux), mais rien qui justifie la fermeture de l'endroit ou le placement des animaux.

Face à ces nouvelles demandes d'intervention, la Préfecture de Dordogne a réagi via un nouveau communiqué de presse dans lequel elle indique que ce dossier est toujours sous surveillance, et que le propriétaire a jusqu'au 15 décembre prochain pour se mettre en conformité.
Courant octobre une visite de suivi est prévue, avec notamment des contrôles sur la nourriture. Et s'il s'avère que le propriétaire ne s'est pas conformé à la législation, des mesures pourront être prises. 

Immobilisme ou soutien ?

Insuffisant pour l'association qui invite Monsieur le Préfet à "chausser ses lunettes" et qui laisse planer le doute sur une éventuelle complaisance en posant la question "  s'agit-il d'immobilisme ou de soutien, face à ce chasseur ? "

 

 

La réaction de la Préfecture

Meute de chiens dans le Terrassonnais :

Le chenil évoqué dans un tweet publié ce jour par l'association "OneVoice" est connu des services de l'Etat et fait l'objet d'un suivi régulier de la part de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations (DDCSPP).
Comme indiqué dans un communiqué de presse du 3 septembre dernier, le détenteur de la meute de chiens en question a été mis en demeure par le Préfet, selon le formalisme administratif requis, c’est à dire à l’issue d’une phase contradictoire.

La mise en demeure porte essentiellement sur le respect de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement. Elle vise à ramener l’effectif à 45 chiens adultes au maximum d’ici le 15 décembre 2019.

La DDCSPP s’assurera de la baisse progressive des effectifs, des transferts de propriété et de la qualité des lieux de placement des animaux. Une nouvelle visite de suivi sur place est prévue dés la mi-octobre pour vérifier les améliorations apportées au titre du bien-être animal et en particulier aux conditions d’hébergement des animaux. Cette visite aura aussi vocation à contrôler le respect de la réglementation relative à l’utilisation de sous-produits animaux destinés à l’alimentation des chiens.

En cas de non-respect des délais imposés et des mesures demandées, les suites habituelles dans ce type de situations seront données. Le détenteur des chiens sera verbalisé et, le cas échéant, des décisions administratives adaptées à l’évolution de la situation seront prises. Ces mesures seront proportionnées et dimensionnées au regard des constats qui seront alors effectués.

Les services de la DDCSPP accordent toute l’importance nécessaire à ce dossier dans le respect des délais administratifs d’usage.

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