Lot-et-Garonne : 150 personnes réunies autour d’un casse-croûte gascon pour dire non à la future ligne à grande vitesse

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Écrit par Sandrine Papin .

Les opposants au projet de ligne à grande vitesse se sont retrouvés dans le petit village de Feugarolles. Pour eux, le combat continu.

Cette fois, ils ont choisi Feugarolles pour se faire entendre et réitérer leur opposition à la future ligne à grande vitesse Bordeaux/Toulouse et Bordeaux/Espagne.

Un combat mené depuis 12 ans. Ce samedi 26 novembre, les membres de l’association Très Grande Vigilance en Albret ont battu le rappel des troupes et organisé un rassemblement régional.

Quelques 150 personnes, parmi lesquelles, des élus venus des communes concernées par la future LGV se sont retrouvés dans le petit village de 1.000 habitants. Commune, elle aussi directement impactée par le projet et dont les conséquences seraient à leurs yeux dévastatrices.

Ici, le tracé prévoit la construction d’un viaduc de près de 70 mètres de haut et deux kilomètres de long pour relier deux coteaux. Un ouvrage qui viendrait défigurer le paysage et mettre à mal la vue sur le château de Trenquelléon.

A la tribune et avant de se retrouver autour d’un casse-croûte gascon, les opposants ont redit tout le mal qu’ils pensaient de ce dossier. Ils sont toujours farouchement convaincus qu’il faut moderniser et réhabiliter la ligne actuelle pour les trains et les transports du quotidien.

Des trains gourmands en électricité

Avec un argument supplémentaire, en ces temps de crise énergétique : la consommation d’électricité. "Un train qui roule à 320 km/h consomme quatre fois plus d’électricité qu’un train qui roule à 220 km/h. On demande aux Français de consommer moins d’être sérieux d’éteindre les ordinateurs, mais on va faire rouler des trains à vitesse, c’est un non-sens total".

Un train qui roule à 320 km/h consomme quatre fois plus d’électricité qu’un train qui roule à 220 km/h.

Catherine Aime, association TGV en Albret

France3 Aquitaine

Et de pointer du doigt, la Vallée du Ciron dans le sud de la Gironde, une zone naturelle sensible, qui abrite une forêt de hêtres millénaire et une biodiversité reconnue avec des espèces protégées comme la loutre et le vison d’Europe.

"Il ne faut pas y toucher ! On s’oppose à tous ces dégâts. Qu’ils soient environnementaux ou humains, car il ne faut pas oublier toutes les expropriations envisagées !"

Les militants comptent sur l’Europe pour que ce projet ne sorte pas de terre. "Le financement n’est pas bouclé ! L’Europe a dit qu’elle ne financerait pas !"

Raymond Girardi, le maire d’Argenton, à quelques kilomètres de là, tient le même discours. Selon lui, c’est inutile, coûteux et cela va à l’encontre de l’histoire. "Cela a va coûter 14 milliards alors que la rénovation de la ligne existante coûtera trois fois moins !"

Sur les 14 milliards, 40 % proviennent des collectivités territoriales, 40 % de l’Etat et 20 % de l'Union européenne.

L’élu, dont la commune n’est pas traversée par le grand projet ferroviaire du sud-ouest est lui aussi de toutes les mobilisations. "Car cela va bien au-delà de mon village", dit-il. Il préside la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne dont six communes sont impactées sur une quarantaine de kilomètres. "Vous vous rendez compte que parmi ces six communes, deux seraient coupées en deux !" En l’occurrence, Pompogne et Fargues-sur-Ourbise.

Raymond Girardi est convaincu que le "Grand projet du Sud-Ouest" qui est soutenu par une quinzaine de collectivités territoriales, mais pas par le conseil départemental de Lot-et-Garonne ne se fera pas. "Tous les pays abandonnent les voies rapides. L’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et il n’y aurait que la France. Ce serait incompréhensible ! Voilà pourquoi nous nous battons et nous gagnerons !"

Des certitudes, mais rien de concret. Et c'est peut-être pour cela que les opposants restent mobilisés. La ligne à grande vitesse semble être sur de bons rails, avec une mise en service en 2032. C'est du moins ce qu'avait annoncé Jean Castex, alors Premier ministre. Il avait fait cette annonce au printemps dernier à Toulouse.

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