Pièges à mâchoire et coups de fusils : le calvaire des chats du Lot-et-Garonne

Qu’arrive-t-il aux chats Lot-et-Garonnais ? Depuis une vingtaine de jours, plusieurs d’entre-eux sont retrouvés gravement mutilés ou même morts. L’association pour le respect et la protection animale du département (Arpa 47) mène l’enquête. 

Les chats du Lot-et-Garonne maltraités
Les chats du Lot-et-Garonne maltraités © ARPA47
Serait-ce l’une des faces obscures du confinement ?

Depuis trois semaines, la présidente de l’Arpa 47 est sur la brèche. 
Au téléphone, les signalements se multiplient. Une dizaine en quelques jours à peine, à Nérac, Astaffort, Pont-du-Casse, Fieux ou au Passage d’Agen. Chaque fois, des chats atrocement mutilés. Les sévices varient : coups de carabine et de fusil, pièges à nuisibles ou à mâchoire.

C’est infernal, je n’ai jamais vu autant de situations en si peu de temps. C’est très violent.
Marie Dubos, présidente de l’ARPA 47

Un piège à mâchoire utilisé pour mutiler les chats
Un piège à mâchoire utilisé pour mutiler les chats © ARPA47

Les histoires se ressemblent ; des propriétaires attentifs et inquiets qui signalent la disparition de leur chat. Des animaux pourtant identifiés, tatoués, castrés, habitués aux promenades courtes, toujours autour du domicile. 
Quelques temps après, le chat est retrouvé. Parfois mort ou gravement mutilé. 

Tout va très vite. L’animal sort et une ou deux heures après, il n’est plus là. Tout cela se déroule très certainement dans le voisinage immédiat.
Marie Dubos

Des sévices qui semblent se multiplier en période de confinement.

 

Les personnes confinées à domicile ont beaucoup plus de temps pour observer ce qu’il se passe autour de chez eux. Un chat qui vient fouiller leur potager ou laisser des traces de pattes sur une voiture, cela peut en agacer certains.
Marie Dubos


Au point de poser des pièges à mâchoire pour les mutiler. La pratique est bien sûr parfaitement illégale. Et les dégâts qu’elle engendre, dramatiques. La plupart du temps, les chats n’y survivent pas. Pris au cou ou à l’une des pattes, c’est la mort assurée. Dans le « meilleur des cas », l’amputation.
Une patte de chat mutilée
Une patte de chat mutilée © ARPA47

Ce scénario macabre s’est déroulé ce week end, sur la commune de Fieux (47). Les propriétaires d’un chat retrouvent leur animal dans un état gravissime. Le vétérinaire ne parviendra pas à le sauver. Peu de temps après, dans le même village, un autre signalement est fait à l’Arpa 47. Les propriétaires soupçonnent fortement leur voisin et vont, au nom de l’association, directement l’informer des risques judiciaires encourus. Une demi-heure après, le chat réapparait comme par miracle, mouillé et en état de choc.

La loi en épée de Damoclés

Le voisin auraient-il pris peur ? Les rappels à loi restent utiles.

Car depuis 2015, le statut des animaux de compagnie a changé. Le code civil leur reconnait à présent le statut d’être vivant doué de sensibilité.

On ne peut pas s’amuser à maltraiter voire à tuer un animal au prétexte qu’il nous gène.
Marie Dubos


Mais pourquoi ce déchainement de haine à l’égard des chats ?

C’est l’animal libre par excellence. Il chasse, fait preuve d’une grande agilité et repousse les limites de son territoire. Le seul moyen de l’en empêcher, c’est de le capturer. Et son caractère sociable en fait une proie facile.
Marie Dubos


Reste que ces comportements inacceptables sont aussi de plus en plus réprimés. Les poursuites se multiplient, et avec elles les condamnations.

Le 22 novembre 2018, un arrêt de la cour d’appel de la chambre correctionnelle d’Agen a condamné un habitant de Pont-du-Casse (47)  à 600 euros de dommages et intérêts, ainsi qu’à rembourser les frais vétérinaires d’un propriétaire de chat. Il avait mutilé l’animal avec un piège à renard.

Une décision qui fait jurisprudence et expose les contrevenants à de fortes sanctions, pouvant aller jusqu’à la prison. Marie Dubos prévient : des plaintes seront déposées.

L'appel à la prudence pour les propriétaire

En cette période troublée, la présidente de l’Arpa 47 recommande la plus grande prudence aux propriétaires d’animaux de compagnie et préconise même de les confiner.

Chat des villes ou chat des campagnes, aucun ne semble épargné par le fléau. A l’image des animaux malades de la peste de La Fontaine, tous ne mourront pas mais tous pourraient être touchés.
 Possibilité d’adopter un animal abandonné ou victime de maltraitance au refuge de l’Arpa 47 :
Impasse Bourbonnais 
47550 Boé
Signalements et RV d’adoption au 05.53.47.15.44
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