Les maires des Landes et de Gironde s'inquiètent du gel des contrats aidés

Aubin travaille pour la commune de Pellegrue depuis un an et demi grâce à un contrat aidé. / © F3A
Aubin travaille pour la commune de Pellegrue depuis un an et demi grâce à un contrat aidé. / © F3A

Début août, le gouvernement a jugé les contrats aidés "coûteux" et "pas efficaces dans la lutte contre le chômage". Il a donc envisagé de réduire de nouveau le nombre de ces contrats. Mais les syndicats et les maires des petites communes, pour qui ses employés sont essentiels, protestent.

Par Anne-Flore Roulette

Depuis les annonces du gouvernement au début du mois d'août concernant les contrats aidés, les maires français se mobilisent. Les premiers à avoir manifesté sont les élus réunionnais qui sont même allés jusqu'à repousser la date de la rentrée scolaire. En cause, les contrats aidés en forte baisse qui ne permettaient pas selon eux un accueil correct pour les élèves, autant d'un point de vue éducatif que sanitaire. Prévue pour le 18 août, la rentrée des classe n'a finalement eu lieu que ce mardi 22 août. 

Les contrats aidés sont au nombre de cinq sortes. Tous ont un point commun : ce sont des emplois subventionnés par les pouvoirs publics pour aider à l'insertion professionnelle et tenter de faire baisser le chômage en partie avec la diminution du coût d'embauche. Ce dispositif s'adresse notamment aux personnes qui ne trouvent pas travail ou qui manquent d'expérience.

Ce sont souvent des emplois qui concernent les travaux d'entretien, de voirie ou encore le travail en cuisine, les activités périscolaire et l'accompagnement des scolaires. Les maires girondins, comme José Bluteau, élu de Pellegrue, s'inquiètent de la baisse significative de ces contrats car les collectivités n'ont pas les moyens de les remplacer. 

Aujourd’hui, on est en train de revenir en arrière sur ce qu’on avait mis en place. Je pense que tous les maires de Gironde et les maires de France sont dans la même situation que moi. Si on nous ferme ce robinet-là on fermera les aides, que ce soit dans les emplois ou les services à la personne...


L'association des maires de Gironde (AMG) s'est manifestée pour dénoncer ces décisions gouvernementales. Selon l'assemblée d'élus, cela détériore encore leur capacité à remplir leurs missions locales, et encore plus dans les communes rurales.

Sans cette aide financière de l’État, les petites communes ne sont pas en mesure de supporter la charge de ces agents et devront donc réduire ou supprimer le service qu’elles rendaient.

 


De leur côté, les maires des Landes tapent du poing sur la table pour manifester leur désaccord. Ils ont publié une lettre ouverte à l'intention de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. 
 



Laurent Civel, maire de Rion-des-Landes, s'est associé à l'écriture de cette lettre. Contacté par France 3 Nouvelle-Aquitaine, il dresse un constat très frustrant pour les collectivités.
 

C'est rageant. Nous sommes doublement pénalisés par la baisse des contrats aidés. D'une part, sur les missions que l'on ne pourra plus remplir, et d'autre part pour ces personnes que l'on prive de leur seul moyen de retour vers la réinsertion. Nous avions pourtant des bilans très positifs !



Selon l'élu de la petite commune de 3 002 habitants, " il faut savoir quelle société on veut". Il a déjà annoncé que cela serait pour lui un "très gros sujet de la rentrée", comme beaucoup d'autres maires.  

Peu de temps avant la rentrée sous le signe de la semaine de quatre jours, la diminution des contrats aidés provoque une nécessité d'une nouvelle organisation, déjà compliquée.
 

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