#OnVousRepond : comment va s'organiser le dépistage par autotests dans les établissements scolaires du Limousin ?

C'est l'un des enjeux majeurs du retour en classe : le dépistage par autotests dans les établissements scolaires, pour les personnels et les lycéens. Qui est concerné ? Comment va-t-il s'organiser ? Nous répondons aux questions que vous vous posez peut-être...

60 millions d'autotests vont être acheminés dans les établissements scolaires en mai et juin 2021.
60 millions d'autotests vont être acheminés dans les établissements scolaires en mai et juin 2021. © MaxPPP - Olivier Lejeune

Ce lundi 3 mai 2021, les collégiens et les lycéens de l'académie de Limoges ont repris le chemin des cours (en demi-jauge pour les lycéens). L'une des conditions de ce retour en classe est le déploiement rapide des autotests dans les établissements scolaires, afin d'éviter que ceux-ci ne se transforment en foyers de contamination.
Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education Nationale, a fixé le cap : deux autotests par semaine mis à disposition du personnel dans les écoles élémentaires, collèges et lycées, et un autotest par semaine pour les lycéens.
Au total, ce sont pas moins de 60 millions d'autotests qui doivent être déployés en mai et juin dans les établissements scolaires. Mais concrêtement, comment ces dépistages vont-ils s'organiser ?

Quand vont-ils arriver ?

Pour l'instant, seuls les autotests destinés au personnel des 636 écoles de l'académie de Limoges ont été déployés la semaine dernière.
Les 87 collèges, 30 lycées et 20 lycées professionnels devraient être pourvus cette semaine, les 6 et 7 mai, selon le Rectorat. Une livraison qui ne concernera dans un premier temps que les autotests réservés au personnel de ces établissements.
La distribution des tests pour les lycéens semble avoir déjà pris du retard en Limousin. Annoncée par Jean-Michel Blanquer pour la semaine du 10 mai au niveau national, elle ne devrait être effective dans notre académie que les 17 et 18 mai, "s'il n'y a pas de retard lié au week-end de l'Ascension", précise le Rectorat.

Qui pourra en bénéficier ?

Tous les personnels de l'Education Nationale (enseignants, administratifs, AESH, AED...) auront le droit à deux autotests par semaine, à effectuer à domicile. Les Atsem, qui secondent les professeurs des écoles en maternelle, et relèvent - elles - du personnel municipal, pourront également en bénéficier.

Concernant les élèves, seuls les lycéens pour l'instant auront droit à un autotest pas semaine, sur la base du volontariat bien sûr et avec un consentement parental pour les élèves mineurs. Dans l'académie, cela concerne 17830 lycéens de la filière générale et près de 6000 élèves de lycées professionnels. Des ajustements sur le nombre d'autotests livrés seront effectués en fonction des retours de consentements.

En revanche, pour l'instant, les collégiens n'ont pas accès aux autotests, et ce malgré le revirement de la Haute Autorité de Santé (HAS) le 26 avril dernier, qui estime finalement que ces autotests peuvent convenir également aux enfants de moins de 15 ans. Mais la stratégie gouvernementale préfère cibler pour l'instant les lycées, tout en déployant les tests salivaires dans les écoles primaires. "Nous développerons peut-être les autotests pour les classes de collège fin mai", envisage toutefois Jean-Michel Blanquer dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

Comment va s'organiser le dépistage par autotest des lycéens ?

Ce lundi matin, pour plusieurs proviseurs de lycée contactés, c'était le grand flou. Au lycée Pierre Bourdan de Guéret, par exemple, on attend de voir combien d'autotests seront effectivement reçus avant de s'organiser. Au lycée Gay Lussac à Limoges, le proviseur explique "être en pleine réflexion afin que cette contrainte supplémentaire - mais nécessaire - puisse être le moins perturbatrice possible par rapport à l'activité de l'établissement".

Le dépistage des lycéens doit en effet s'effectuer au sein de l'établissement scolaire, selon un protocole précis transmis par le ministère de l'Education Nationale.
 

Protocole de réalisation des autotests en milieu scolaire


Une pièce doit être dédiée au dépistage, suffisamment grande pour permettre de respecter les distances de sécurité sanitaire, et facilement aérable. Les lycéens réaliseront eux-mêmes le test, encadrés par un "médiateur" recruté par l'Agence régionale de Santé, qui devrait être mis à disposition de chaque établissement. Le Rectorat de Limoges précise que les profils de ces médiateurs peuvent être variés : infirmières scolaires,  professionnels de santé ou étudiants en pharmacie bénévoles... Au total, 1700 médiateurs ont été recrutés, selon Jean-Michel Blanquer.

Les lycéens devront apprendre à réaliser le test eux-mêmes. pour cela, ils pourront s'aider de cette vidéo préparée par le ministère de la Santé et des Solidarités : 



Le proviseur du lycée d'Arsonval à Brive a déjà tout prévu : "Nous organiserons cela dans une grande salle, au gymnase ou au foyer. Toutes les demies heures, nous ferons passer 20 élèves, puis nous désinfecteront les lieux. Nous pensons dédier une de nos deux infirmières scolaires à ce dépistage. Pour l'instant, je n'ai pas d'informations concernant le renfort d'un médiateur".
Au lycée Gay Lussac à Limoges, le responsable d'établissement se pose davantage de questions : "Nous avons 1600 lycéens, avec une organisation pédagogique en demi effectif chaque semaine. Comment allons-nous fournir les autotests aux élèves qui ne sont pas en présentiel ? Tout est à inventer, au début cela risque d'être chronophage."

Les autotests sont-ils efficaces ?

Les autotests sont des tests antigéniques par prélèvement nasal. Ils sont moins douloureux que les tests nasopharyngés car le prélèvement est moins profond, 2 à 3 cm. Ils permettent d'obtenir un résultat en 15 à 20 minutes.
Leur efficacité est estimée à 80% chez les personnes qui présentent des symptômes de la Covid-19, et entre 50 à 60% chez les asymptômatiques (ce qui sera le cas de la grande majorité des lycéens testés). En cas de résultat positif, il sera demandé de réaliser un test PCR de confirmation.

Selon le ministère de la Santé, un dépistage par semaine chez 75% des élèves réduirait de 50% les contaminations.
 

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