Pénurie de main d'œuvre en maintenance agricole

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Écrit par Isabelle Rio avec Nicolas Chigot
Pénurie de maind'oeuvre de maintenance agricole 1500 postes sont à pourvoir
Pénurie de maind'oeuvre de maintenance agricole 1500 postes sont à pourvoir © Valérie Agut France 3 Limousin

Les offres d'emploi ne manquent pas... et pourtant elles restent sans réponse. Peu de candidats s'y intéressent. Ce sont pourtant des filières de formation en pleine évolution technologique, qui devraient attirer bien plus d'élèves. Mais leur image n'est pas valorisée. Tout est à faire.

Du travail... mais pas ou peu de candidats

L'activité bat son plein dans cette concession creusoise, commune de Grand-Bourg. Les engins agricoles malades se succèdent. Ils sont pris en charge par Anthony Butez, responsable de l'atelier 

Le problème c'est que cet atelier, comme beaucoup d'autres, manque de bras, comme le souligne Caroline Fontvielle-Bigouret - dirigeante du groupe Fontvielle "le chiffre d'affaires se développe, on a besoin de renforcer nos équipes, de développer de nouveaux points de vente, on passe des offres d'emploi et on ne reçoit quasiment pas d'offres, de propositions"

En Nouvelle Aquitaine, 1500 postes sont à pourvoir dans les concessions. La pénurie est telle que certains patrons débauchent les salariés de leurs voisins.

"Il y a une concurrence forcément puisqu'on recherche tous... nos salariés regardent donc ce qui se passe à juste titre et vont voir éventuellement chez les collègues et il y a des échanges" ajoute Caroline Fontvielle-Bigouret

D'où vient le problème ?

Direction Neuvic en Corrèze, où se trouve le lycée des métiers de la maintenance des matériels. C'est là que sont formés les futurs techniciens, du CAP au BTS.

Ici aussi le recrutement rencontre des difficultés. 33 élèves en seconde cette année pour 45 places à pourvoir. La fillière souffre d'une mauvaise image.

Pour Anthony Fabry, professeur de maintenance "ce sont des métiers passionnants avec beaucoup de débouchés, or on nous envoie que des jeunes en échec scolaire ou qui ne savent pas ce qu'ils veulent faire, ils vont venir là, c'est un problème, il nous faudrait des grands cerveaux"

Le métier a pourtant bien changé, fini le tournevis et le marteau. Il faudra bientôt savoir faire la maintenance d'un tracteur autonome.

François Joussain, Professeur de maintenance, précise "il y a des élèves qui ont envie de faire seulement de la réparation mais on peut aussi former des jeunes, après le bac pro, à faire du diagnostic embarqué, à faire des choses plus complexes, qui demandent plus de logique et de qualité"

L'enjeu : donner de la visibilité aux atouts de la filière

Plus de technicité et 100% d'embauche à la sortie, la filière a donc des atouts. Encore faut-il le faire savoir.

Jean-François Vialle, Proviseur du lycée Marcel Barbanceys, le reconnait "la communication sur les métiers n'est pas suffisamment forte, soutenue, imaginative pour valoriser ces métiers auprès des collégiens et des lycéens, mais aussi pour aller dénicher des talents dans les filières générales et technologiques pour le BTS. Tout est à faire dans ce domaine là".

Alerté sur le problème, le rectorat vient au chevet de la profession. Luc Soulié est chargé d'adapter l'offre de formation aux besoins des entreprises. "Il faut trouver les actions à faire sur le terrain, comme les forums ou autres".

Donner de la visibilité à cette filière sera donc un premier pas dans la résolution du problème. En attendant, les 1500 postes restent à pourvoir. Avis aux candidats.

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