Les petites boutiques s'organisent pour le déconfinement

A partir du 11 mai, beaucoup de petits commerces non essentiels vont, en principe, rouvrir. Au Pays basque, des boutiques d'habillement, de chaussures, de bijoux et de décoration se préparent à accueillir des clients, tout en respectant les mesures barrière contre le Covid19.
 

Dans toutes les boutiques, le nombre de clients sera limité
Dans toutes les boutiques, le nombre de clients sera limité © photo Eh be Oh
"J'ai hâte de rouvrir ! Il y a tant de jolies choses, originales, dans la collection printemps-été !", s'exclame Sandrine Darraïdou, propriétaire de "Saperlipopette", une petite boutique pour femmes multi-marques de Bayonne. "Mais attention" précise-t-elle, "les consignes et les mesures d'hygiène seront drastiques. Nous allons retrouver avec joie les clientes, mais qu'elles soient rassurées, pour elles, comme pour nous, pas question de prendre des risques".

Sandrine Darraïdou a remis son magasin en ordre, nettoyé tous les portants, les cintres, les vitrines, et a commencé à organiser l'ouverture, pour le 11 mai. Particularité : il y a en rayons, des habits, des chaussures et des bijoux. Une triple difficulté pour pouvoir faire essayer en toute sécurité les clientes.

Pas plus de deux clientes à la fois

"La première chose", explique-t-elle, "c'est la limitation du nombre de personnes en boutique. A priori 2 clientes, et deux vendeuses maximum. Nous travaillerons à tour de rôle. Ensuite, tout le monde devra porter un masque. Si les clientes n'en ont pas, j'en fournirai. Il y aura d'autre part, des autocollants de distanciation, posés au sol tous les 1 mètre 50,  un seul sens de circulation, et bien évidemment du gel hydro alcoolique. Je vais mettre six flacons-pompe à disposition, à l'entrée, à l'intérieur, et à la sortie".

Pour les essayages, plusieurs mesures sont actées.  Pour les chaussures, il y aura des chaussettes jetables à enfiler au préalable, et les clientes seront assises à distance. Les bijoux pourront, aussi, être essayés, mais ils seront ensuite déposés dans une coupelle et immédiatement désinfectés à l'alcool chirurgical (ce qui était déjà le cas, avant la crise sanitaire).

"Pour les habits", détaille Sandrine Darraïdou, "les clientes auront la possibilité de les prendre elles-mêmes en rayons, puisqu'elles auront désinfecté leurs mains. Elles pourront les essayer en cabine, mais là, seule la vendeuse touchera le rideau, qui sera en plastique. Et à l'intérieur, le siège textile sera remplacé par une chaise plastique, facile à nettoyer. Le problème c'est qu'il est recommandé de mettre au sol, un set jetable après chaque passage. Pour le moment, je ne sais pas très bien si ce sera un papier, un sac poubelle déplié etc."
Une fois les vêtements essayés, ils seront désinfectés au défroisseur qui propulse de la vapeur d'eau entre 90 et 100°, ou, resteront en stock, en "quarantaine", pendant 4 heures, avant de réintégrer la boutique. Il ne sera pas possible de les essayer chez soi et de les rapporter si ils ne conviennent pas.

Privatiser les boutiques

Ces mesures strictes, Yvan Garcia-Muriente, propriétaire, à Bayonne, du "Casier", une boutique pour hommes de vêtements, va également les appliquer. "Nous n'avons pas encore reçu toutes les recommandations de la fédération du textile", raconte-t-il. "Mais, dès lundi, moi aussi, je vais mettre du gel et des gants à disposition des clients. Les essayages seront possibles, mais avec une désinfection des habits au défroisseur, ou 4 heures hors rayons, et les sols des cabines seront protégés lors de chaque passage. Pour le nombre de clients en boutique, je ne sais pas encore, car cela sera peut-être lié à la superficie du magasin. J'attends des précisions".

Yvan Garcia-Muriente, préside l'une des six associations de commerçants de la ville de Bayonne. Depuis la semaine dernière, tous réfléchissent à la réouverture, et aux conditions d'accueil de la clientèle. "Avec la municipalité, et l'office de commerce, nous avons envisagé une plateforme, via laquelle il serait possible de prendre un rendez-vous et de privatiser en quelque sorte, les magasins, le temps de l'achat" précise-t-il. "Les plages horaires seraient larges. On peut imaginer ouvrir plus tôt, ou plus tard, ou que le dimanche matin ou le lundi matin, soient dédiés à ces rendez-vous. Mais tout cela est à l'étude".

Une réunion de travail est d'ailleurs prévue demain, mardi 5 mai, avec le maire de Bayonne et les élus en charge du commerce.

Et les soldes ?

En Pays basque intérieur aussi, les petites boutiques sont prêtes. "Nous avons le moral, même si nous angoissons un peu pour cette reprise !" avoue Joëlle Alessandria, co-propriétaire de "Etxemia", un magasin de décoration, à Saint-Palais.
"Nous rouvrirons le mardi 12" confirme-t-elle. "Nous avons profité du confinement pour modifier entièrement la disposition des lieux". 
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Là encore, tout a été pensé pour que la pause shopping se fasse en toute sécurité. "Il n'y aura pas plus de cinq clients, avec nous, les deux vendeuses, dans l'échoppe qui fait 70m2. Ils ne toucheront pas les objets de décoration, nous leur montrerons, et nous porterons des gants. Du gel hydro alcoolique sera disposé à l'entrée, à la caisse, et à la sortie. Les masques seront obligatoires; nous en avons quelques uns, si besoin".

Un marquage au sol pour respecter les distances, et un guidage pour circuler en boutique seront visibles. Mais Joëlle Alessandria veut surtout insister sur l'hygiène : " tout sera régulièrement nettoyé, le sol javellisé, et les portes resteront ouvertes, pour que la boutique soit aérée. Si par hasard un client touche un objet, ce qui est humain, il suffira de le signaler et nous le désinfecterons tout de suite. Pour les paiements, nous privilégions le "sans contact", la carte bleue; et si il y a des espèces, une coupelle recueillera pièces et billets".

Reste à savoir si les acheteurs seront au rendez-vous, après ces longues semaines de confinement. Auront-ils envie de consommer, et se sentiront-ils en confiance pour le faire ?
Autre incertitude : les soldes initialement prévus à partir du 29 juin, seront-ils maintenus ou déplacés ? Certains commerçants demandent, d'ores et déjà, un report à la mi-juillet.
 
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