Manifestation des agriculteurs français et espagnols qui paralysent la frontière : "on veut mener une action historique"

De la Méditerranée à l'Atlantique, les agriculteurs français et espagnols paralysent les grands axes frontaliers ce lundi 3 juin. Le péage de Biriatou au Pays basque ainsi que le col du Pourtalet et le tunnel du Somport en Béarn sont pris pour cibles. Une action qui se veut apolitique et non syndicale, pour faire entendre les revendications paysannes à une semaine des élections européennes.

La circulation est difficile, ce lundi 3 juin, à l'approche de la frontière franco-espagnole. Depuis 10h, des agriculteurs français et espagnols ont installé des barrages filtrants aux principaux points de passages frontaliers de la chaîne pyrénéenne.

En convoi jusqu'à la frontière

Au Pays basque, en fin de matinée, 150 agriculteurs français se sont installés à Biriatou avec leurs tracteurs. Les manifestants s'étaient donnés rendez-vous, dès 8h, à Briscous avant de se diriger en convoi sur l'A63 jusqu'au péage transfrontalier, provoquant d'importants ralentissements en amont.

300 à 400 agriculteurs espagnols les ont rejoints à pied jusqu'à la barrière de péage.


De part et d'autres du péage, les conditions de circulation sont très difficiles.
Les accès autoroutiers à Saint-Jean-de Luz, Biarritz et Biriatou sont fermés. Une voie est laissée libre au péage pour le passage des véhicules légers entre la France et l'Espagne.

Après une première mobilisation en mars avec les espagnols, on veut mener aujourd'hui une action historique en bloquant toute la frontière.

Xabi Dallemagne

Eleveur à Bidache au Pays basque

En Béarn, le col du Pourtalet sur la RD 934 et le tunnel du Somport sur la RN 134 sont ciblés.  Auparavant, plusieurs dizaines de tracteurs et de véhicules se sont retrouvés à Izeste et à Oloron-Sainte-Marie pour converger vers les points de rassemblement. 
En Espagne, dès 10 h, la route d'accès au col du Somport a été bloquée par près de 200 manifestants.

Manifestants espagnols et français se sont ensuite rejoints en France sur la RN 134 pour mener leur action, durant 24 heures.

Harmonisation européenne et détaxation des énergies

L'action des agriculteurs pyrénéens se veut apolitique et non syndicale. En France, la coordination rurale est toutefois partie prenante du mouvement et la FNSEA, ainsi que les Jeunes Agriculteurs, ont relayé l'appel à manifester.

À moins d'une semaine des élections européennes, les agriculteurs veulent alerter les futurs eurodéputés de la crise qui secoue l'Europe. Car, quelques mois après les manifestations et blocage en France, la réponse du gouvernement français ne convainc pas la base. Le projet de loi d'orientation agricole, adopté en première lecture par les députés fin mars, est loin de les satisfaire.

"On n’a pas eu de réponses à nos revendications. Certes, le gouvernement travaille, mais il n'y a pas grand-chose comme avancées", selon Didier Dolhéguy éleveur au Pays basque, mobilisé sur l'A63.

En montrant cette force sur toute la chaîne des Pyrénées, on espère que nos dirigeants européens vont prendre conscience du problème.

Didier Dolhéguy

Eleveur à Came au Pays basque

Harmonisation des normes européennes pour éviter une concurrence déloyale ou encore détaxation de toutes les énergies utilisées en agriculture sont les principales revendications dans les cortèges. 
"On réclame l'arrêt des exportations des produits qui ne répondent pas aux normes européennes. Et nous voulons une même détaxation sur toutes les énergies utilisées en agriculture en Europe, notamment le gazole non routier", explique Xabi Dallemagne sur le barrage filtrant de Biriatou.

Si nous ne sommes pas entendus, on reviendra et on intensifiera le mouvement

Xabi Dallemagne

Eleveur au Pays basque

L'action menée de part et d'autre de la frontière franco-espagnole devrait se prolonger toute cette journée du lundi 3 juin. Elle devrait se prolonger jusqu'au lendemain,10h. 

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