Chauffeur de bus décédé à Bayonne : l'autopsie livre une autre version des fait selon l'avocat du principal suspect

L'avocat de la défense remet en cause les premières hypothèses avancées, quand le chauffeur de bus est décédé en juillet. Le coup porté par son client n'aurait pas entrainé la mort mais la chute du chauffeur aurait provoqué un traumatisme crânien mortel. L'avocat de la famille parle de provocation.

Le cercueil de Philippe Monguillot a été porté par six de ses collègues et amis ce 20 juillet 2020.
Le cercueil de Philippe Monguillot a été porté par six de ses collègues et amis ce 20 juillet 2020. © GAIZKA IROZ / AFP
Voilà une lecture des faits différente des hypothèses avancées après l'agression du chauffeur de bus le dimanche 5 juillet à Bayonne. L'avocat du jeune homme, principal suspect, s'appuie sur le rapport d'autopsie. Maître Thierry Sagardoytho évoque la chute au sol, provoquant le traumatisme crânien ayant entraîné la mort de Philippe Monguillot. " Il chute vers l’arrière de tout son poids » et « [heurte] le sol avec l’arrière de la tête." affirme les témoins dans les PV d'audition cités par Le Monde dans son édition du 21 septembre.

La chute et non le coup de porté à l'oeil par le suspect, qui lui n'a pas de caractère létal selon le rapport d'autopsie mis en avant par Maître Sagardoytho . « Il infirme totalement la thèse d'un passage à tabac par plusieurs individus sur un homme allongé au sol." conclut l'avocat.

Laissé inconscient sur le sol par ses agresseurs, en état de mort cérébrale, le chauffeur de bus de 59 ans était décédé 5 jours plus tard à l’hôpital de Bayonne.

En ligne de mire, la requalification des faits

Quatre hommes sont mis en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 8 juillet et confiée à une juge d’instruction. Deux d’entre eux, âgés de 22 et 23 ans, sont poursuivis pour « homicide volontaire ».

Début septembre, les différents avocats des suspects avaient déjà livré leur lecture des vidéos de surveillance. Les enquêteurs ont établi que Philippe Monguillot a d'abord mis un « violent coup de tête » au principal suspect, à l'intérieur du bus. « Nous avons des éléments suffisamment sérieux aujourd'hui pour demander une requalification des faits » fait savoir Maître Thierry Sagardoytho. Le but étant d'éviter les assises à son client. L'avocat de la famille de Philippe Monguillot évoque une nouvelle provocation de la défense. " Je suis énervé par l'impudeur et l'audace. Quelques heures après la réception du rapport de l'autopsie, on se précipite sur les médias .... "
" C'est faire peu de cas de ce qu'ont dit les témoins de la violence avec laquelle il a été propulsé à l'extérieur du bus. Ce sont les témoins qui ont évoqué l'acharnement et les coups à la tête..." Selon lui, Philippe Monguillot a été fragilisé par les coups. " Tous les coups donnés participent du décès de Philippe Monguillot . C'est l'image même de la victime qui est à nouveau abîmée. " 

"Indécent pour la famille ". L'avocat laisse entendre que la défense règle ses comptes avec le parquet. 

Le parquet de Bayonne, qui instruit le dossier, ne communique pas d'éléments et s'agace de cette façon de médiatiser l'affaire de la part des avocats de la défense. " Le magistrat instruit dans le respect du secret de l'instruction" a-t-il fait savoir au téléphone ce vendredi 2 octobre. 


 
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