Biarritz renonce à quatre millions d'euros de fiscalité pour soutenir l'économie locale face à la crise du coronavirus

A l'occasion d'une conférence de presse, le maire de Biarritz Michel Veunac a annoncé un plan de soutien de l'économie. La ville va renoncer à des redevances et à des recettes fiscales. Le projet du centre de formation du Biarritz Olympique suit son cours malgrè la crise. 

Biarritz en saison estivale, sur la côte basque
Biarritz en saison estivale, sur la côte basque © MAXPPP Isabelle Nogues
Entouré de la Directrice du centre communal d'action sociale et du Directeur Général des Services, le maire de Biarritz, Michel Veunac a détaillé ce matin les grandes lignes d'un plan de soutien à l'économie. Ces mesures s'ajoutent à celles déjà proposées par le gouvernement, le Département, la Région et la communauté d'agglomération. Elle va concerner 350 entreprises biarottes qui souffrent du confinement.

Détail des mesures

La mairie va abandonner les taxes et les redevances du domaine public dûes, pendant le confinement et deux mois après la reprise d'activité.
Pour les hôtels, il sera accordé un différé de paiement du reversement de la taxe de séjour jusqu'à décembre 2020.
En ce qui concerne les concessions marchandes (cafés et restaurants dont la ville possède les murs), la redevance du minimum garanti sera supprimée.
Pour celles qui devaient régler un montant forfaitaire, il sera diminué proportionnellement à leur baisse de chiffre d'affaires. Enfin, pour toutes ces concessions, les délais de versement seront ajournés avec un premier versement pas avant le mois d'octobre. 

Pour les concessions marchandes en grande difficulté, la mairie propose un suivi personnalisé, une prologation possible des contrats et un allégement de la redevance des loyers. 
En ce qui concerne les commerçants des Halles de Biarritz, les commerçants qui n'ont pas pu ouvrir (fleuristes, bar à tapas...), les loyers seront annulés. Les loyers des autres commerçants ouverts seront diminués proportionellement à leur baisse de chiffre d'affaires. 

La mairie souhaite aussi inciter les bailleurs independants à suspendre ou à annuler les loyers commerciaux. Si cela est possible sur le plan juridique, et c'est actuellement à l'étude, la mairie souhaite apporter sa participation au paiement des loyers commerciaux.

Pour soutenir le commerce après le déconfinement, une heure de stationnement sera gratuite au lieu d'une demi-heure actuellement.

La mairie s'engage aussi à accéler le paiement des fournisseurs de la ville et à ré-orentier autant que possible ses commandes vers les commerces locaux. 

Au total, la mairie va ainsi renoncer à 1 million 900 000 euros de redevances et 2 millions 200 000 euros de recettes fiscales et domaniales. Au total, c'est ainsi plus de quatre millions d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses de la commune.

Les budgets primitifs initialement préparés sont donc totalement à revoir. Le remodelage est en cours pour une présentation aux élus avant le 31 juillet. Le Directeur général des services précise qu'à côté des quatre millions d'euros qui ne rentreront pas dans les caisses de la commune, des dépenses d'investissement initialement prévues n'ont pas été réalisées et des dépenses de fonctionnemnt type soutien à la culture non plus. L'instabilité de la préparation du budget 2020 est donc bien réelle. Il faut aussi attendre les annonces précises du gouvernement au sujet du plan de déconfinement pour estimer d'autres dépenses supplementaires possibles, type surveillance de l'accès aux plages cet été. 

Centre de formation du Biarritz Olympique

Dans ce contexte de crise économique, le projet de construction du centre de formation du Biarritz Olympique, dont le lancement du concours de maîtrise d'oeuvre a été validé lors du dernier conseil municipal, fait débat.
À la question d'un possible retrait du projet, le maire de Biarritz ne cache pas sa colère.

Il y a une agitation politicienne autour de ce sujet. Je m'élève contre les contre-vérités et les manipulations de l'opinion publique.

Et le maire fait une mise au point : "Il n'a jamais été question que la ville mette 12 millions d'euros dans ce projet".
Michel Veunac précise " c'est mon rôle de faire appliquer la décision du conseil municipal" (il s'agit de la délibération du conseil municipal qui a validé le concours de maîtrise d'oeuvre du projet).
Le maire précise que des subventions seront recherchées pour boucler le plan de financement du centre de formation. En ce qui concerne le calendrier du projet, la date limite de réception des offres est fixée au 15 mai. Entre le 15 juin et le 1er juillet, les offres seront examinées et les candidats seront auditionnés en septembre. 

Le maire précise que 140.000 euros serviront effectivement à indemniser les candidats non retenus. Pour le reste, il n'y aura aucun engagement financier pris de la part de l'actuelle mandature. Michel Veunac affirme "qu'il appartiendra à la prochaine équipe municipale élue de poursuivre ou non le projet". "Moi, j'aurais fait mon travail, conformement au vote du conseil municipal" précise Michel Veunac.
 
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