Grève chez Dassault Aviation Biarritz : les salariés réclament des hausses de salaire

Publié le Mis à jour le
Écrit par AR avec Perrine Durandeau et Christian Etchegaray
Le site industriel de Dassault à Biarritz est bloqué ce mercredi 8 décembre à l'appel de la CGT et de la CFDT. Les organisations syndicales réclament des hausses de salaire dans le cadre des négociations annuelles obligatoires.
Le site industriel de Dassault à Biarritz est bloqué ce mercredi 8 décembre à l'appel de la CGT et de la CFDT. Les organisations syndicales réclament des hausses de salaire dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. © France 3 Euskal Herri

Alors que Dassault Aviation vient de signer le "contrat du siècle" avec la commande de 80 Rafales par les Emirats arabes unis, les salariés français du groupe réclament des hausses de salaire. À Anglet, ils sont en grève ce mercredi 8 décembre.

Les salariés du site industriel Dassault Aviation Biarritz, implanté à Anglet et où travaillent 870 personnes, ont répondu à l'appel à la grève lancé par la CGT et la CFDT ce mercredi 8 décembre. Ils sont mobilisés depuis cinq heures du matin devant le site, et la production est bloquée depuis une semaine. 

Alors que le groupe vient d'annoncer la signature d'un contrat record avec la vente de 80 avions Rafale aux Emirats arabes unis pour 14 milliards d'euros, les employés dénoncent des salaires trop bas. 

"Aujourd'hui, nous sommes en pleine négociation annuelle obligatoire sur la question des salaires, et sur ce que nous soumet la direction, le compte n'y est pas" résume Christophe Brisé, représentant de la CGT. 

0 % d'augmentation en 2020

"En 2020, on a eu 0 % d'augmentation, en 2021, on a eu 0,5 %, et aujourd'hui, on nous propose 1,6, alors qu'on sait que l'inflation actuelle est au moins à 2,8 %. Donc on demande 200 euros de rattrapage, et des augmentations de salaires à hauteur de 5 %" souligne-t-il. 

D'après le représentant syndical, la direction a proposé la semaine dernière des augmentations qui permettront aux cadres de percevoir 160 euros supplémentaires en moyenne, contre 28 euros pour les non-cadres.

Ce qui est jugé largement insuffisant. "Quand on voit aujourd'hui les contrats signés chez Dassault, la perte de pouvoir d'achat qu'on a depuis des années, la coupe est pleine et les salariés ne comptent pas en rester là" prévient Christophe Brisé. 

"La direction nous reçoit demain pour de nouvelles propositions. Mais on est clairs. Si elle nous propose des primes liées au contrat historique de 16 milliards signé avec les Emirats arabes unis, cela ne nous convient pas. On ne veut pas de primes de deux euros par Rafale, on veut des augmentations générales de salaire" souligne-t-il. 

Carte : le site de Dassault Aviation Biarritz est en fait implanté à Anglet 

Une augmentation identique pour tous les salariés ? 

Pour la CFDT, qui a rejoint la CGT dans sa lutte depuis quelques mois, les revendications sont un peu moindres, mais le principe est le même : obtenir une augmentation identique pour tous les salariés. 

"La CFDT demande une augmentation garantie uniforme, une AGU, de 140 euros nets par mois pour tous les salariés, du compagnon jusqu'à l'ingénieur, parce que le kilo de viande coûte la même chose pour tout le monde !" souligne Alain Darmendrail, secrétaire du CSE Dassault Biarritz. 

Parmi les employés, Gilles Dauga, ouvrier spécialisé depuis 17 ans. Il a écrit une lettre à la direction, pour lui faire part de ses difficultés à boucler ses fins de mois avec son salaire de 1650 euros nets par mois. 

"Leur réponse a été que Dassault n'avait pas vocation à se substituer aux aides sociales, et que les personnes en bas salaire n'avaient qu'à se diriger vers les assistantes sociales et les CSE, voire les municipalités et même le Secours Populaire. Je trouve ces propos totalement méprisants envers les salariés" déplore-t-il. 

Ce mouvement social concerne aussi les autres sites du groupe Dassault en Nouvelle-Aquitaine, notamment à Mérignac, où la CGT appelait à un débrayage ce mardi 7 décembre. 

Malgré les demandes d'interview formulées par notre équipe, la direction, à Anglet comme à Saint-Cloud, n'a pas répondu. 

→ regardez le reportage de Perrine Durandeau et Christian Etchegaray : 

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