Rugby : Biarritz veut délocaliser ses matches européens à Lille

C'est une demande officielle formulée à l'instance organisatrice des coupes européennes. Un épisode de plus dans un conflit entre les propriétaires du Biarritz Olympique qui veut délocaliser le club à Lille et la mairie qui tient à conserver le club qui porte son nom.

Le club de Biarritz a demandé à l'instance organisatrice des coupes européennes de rugby (EPCR) de délocaliser ses matches de Challenge européen à Lille, a assuré mardi l'instance à l'AFP.
"L'EPCR a reçu une demande officielle du président du Biarritz Olympique pour délocaliser les matches à Lille", a indiqué un porte-parole des organisateurs à l'AFP, confirmant une information de RMC.

Le club basque, promu en Top 14, doit disputer cette saison le Challenge européen, avec deux matches à domicile, contre Newcastle en janvier et Toulon en avril.
Le BO a déjà disputé une rencontre dans le Nord, un match amical de pré-saison face à Bordeaux-Bègles, remporté 28-7 par l'UBB.


En conflit avec la mairie, notamment en raison d'un projet municipal d'aménagement du site autour du stade Aguiléra, les propriétaies du club de Biarritz ont indiqué à plusieurs reprises leur désir de déplacer l'équipe professionnelle dans la métropole de Lille, à un millier de kilomètres de son public.
"Ce n'est pas un projet. C'est une solution. On s'échappe parce qu'on est condamnés à mourir ici. On essaie de trouver un bol d'oxygène ou un territoire qui veut bien nous donner les installations pour qu'on puisse vivre. A Lille ou ailleurs", avait d'ailleurs confié le président du BO Jean-Baptiste Aldigé début septembre dans un entretien à l'AFP.

La mairie de Biarritz et les "Galactiques" de Biarritz, remparts à la délocalisation à Lille ?


Plusieurs "Galactiques" de la grande époque du Biarritz Olympique, dans les années 2000, ont pris la semaine dernière la tête de la section amateur du club basque, possible rempart à une délocalisation à Lille voulue par les propriétaires.
Le secret a été gardé jusqu'au bout. Jusqu'au conseil d'administration convoqué mercredi 15 septembre pour entériner la démission du président de l'association BO rugby amateur, Sébastien Beauville, lassé par le conflit qui l'opposait depuis des mois au responsable de la structure professionnelle, Jean-Baptiste Aldigé.

Des anciennes gloires du club, qui échangeaient depuis des semaines en coulisses, ont pris la succession du bénévole: David Couzinet, président par intérim, Imanol Harinordoquy, vice-président, Jérôme Thion, trésorier, mais aussi Dimitri Yachvili, Benoît Baby, Christophe Milhères ou Jimmy Marlu. 
Ce casting de choix pourrait contrarier les plans des propriétaires du BO, lesquels souhaitent, en raison d'un différend avec la municipalité de Biarritz, se délocaliser dans la métropole de Lille.
Ils doivent théoriquement disposer, pour un tel déménagement, du numéro d'affiliation du club à la Fédération française de rugby, que détient justement la section amateur.


Jean-Baptiste Aldigé affirme pouvoir se passer de ce sésame en raison d'un vide juridique. Le dirigeant de 37 ans, qui souhaitait plutôt voir la légende biarrote Serge Blanco succéder à Sébastien Beauville, a tout de même salué sur Twitter l'arrivée des "Galactiques", opposés à son projet de délocalisation.


Les glorieux anciens ne veulent pas aborder le sujet avant une assemblée générale, le 15 décembre, qui devrait les installer définitivement aux commandes de l'association. Ils disent être montés au créneau pour le bien des enfants du club avant tout.
"Extrêmement admirative et reconnaissante de leur engagement", qu'elle a elle-même sollicité, la maire (LR) de Biarritz Maider Arosteguy dit y voir "un acte de rassemblement et d'apaisement".
 

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