"La démocratie est morte" : Jean Lassalle est l'invité de Dimanche en Politique

Homme politique et homme du terroir, Jean Lassalle est l’invité de ce Dimanche en Politique. Entre analyses de la crise et candidature à la présidentielle, le député de la vallée d’Aspe se livre, sans détour. Dimanche en politique le 17 janvier à 11H 20 sur France 3 Aquitaine.

Jean Lassalle est l'invité de Dimanche en politique du 17 janvier.
Jean Lassalle est l'invité de Dimanche en politique du 17 janvier. © France 3 Aquitaine

Depuis 18 ans, les coups d’éclat de Jean Lassalle ne se comptent plus. Chant entonné à l'Assemblée nationale, grève de la faim ou plus récemment un tour de France en neuf mois, le député de la quatrième criconscription des Pyrénées-Atlantiques se démarque d’un discours politique lissé. Il sera ce 17 janvier, l’invité de Dimanche en politique. 

► Retrouvez l'émission dimanche 16 janvier, à 11h30

"Le problème, ce n’est pas aujourd’hui"

Le député des Pyrénées-Atlantiques ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer la crise sanitaire qui touche le monde de plein fouet. S’il reconnaît qu’il ne sait pas "qui ferait mieux", il regrette une gestion tardive et mal anticipée.

"J’ai décrit, sans le savoir, ce phénomène, il y a un an. Je dénonçais alors l’interruption de la recherche fondamentale et appliquée au niveau de l’Etat. Nous nous sommes remis aux mains de grandes sociétés. Je disais alors que nous allions le payer très cher", assure Jean Lassalle. 

Et si la privatisation de la recherche est, pour lui, l’un des facteurs, il n’est pas le seul à l’origine de cette crise. "A force de fermer des lits d’hôpitaux, nous n’étions plus en mesure de faire face à un tel phénomène. Nous payons trente ans d’incurie totale des divers gouvernements ", assène l’homme politique. 

"Les Gilets Jaunes ont dit beaucoup plus en six mois que nous n’avions dit en trente ans"

Jean Lassalle, homme politique, mais aussi homme de terrain. Il a notamment été l’étendard du mouvement des Gilets Jaunes, à l’Assemblée Nationale. "Les Gilets Jaunes ont dit beaucoup plus en six mois que nous n’avions dit en trente ans. On a réalisé qu’il n’y avait pas que les retraités qui n’y arrivaient pas", se souvient le député des Pyrénées-Atlantiques. 

Il se souvient alors du mouvement, né en 2018, comme d'un "formidable moment de démocratie" dont il ne reste pourtant peu de choses.  "La gestion du président a été catastrophique : il a fait croire qu’il ferait, et il n’a finalement rien fait" , regrette-t-il.

Le 21 novembre 2018, Jean Lassalle arborait un gilet jaune à l'Assemblée nationale, pour afficher son soutien au mouvement.
Le 21 novembre 2018, Jean Lassalle arborait un gilet jaune à l'Assemblée nationale, pour afficher son soutien au mouvement. © Handout / Assemblée Nationale / AFP

Elu rural au coeur des Pyrénées, Jean Lassalle a aussi été "celui qui a proposé l’arrivée de deux ours, à deux reprises". Un dossier qui l'a animé pendant des années. Mais cette fois, le discours change. "Ça aurait marché, mais les intérêts personnels ont été des freins. Aujourd’hui, je ne veux plus qu’on les réintroduise par ce que c’est une cause pour blanchir ou verdir de l’argent", lance le député. 

Candidat pour 2022

Alors que le terrain se prépare pour les élections présidentielles de 2022, l’heure est également au bilan d’une autre campagne, sa première, en 2018. "C’était un moment formidable dont je suis sorti enrichi. Mais elle m’a attristé sur l’état de la démocratie française. Je le dis : la démocratie française est morte". 

Des paroles fortes qui déguisent à peine sa volonté : repartir en campagne.

Oui, je souhaite être candidat, parce qu’il faut des voix qui s’expriment autrement.

Jean Lassalle

Reste encore à trouver les 500 signatures nécessaires : un objectif qui avait été difficile à atteindre en 2018. "Cette année, on aura encore plus de conseils municipaux arcs-en-ciel, et de l’autre côté des candidats de toutes sensibilités. Mais c’est aussi cela le combat", sourit celui qui côtoie la politique depuis 18 ans.

"Je ne sais toujours pas ce qu’il a fait en 24 ans de mandat"

Et s’il annonce déjà son envie d’être candidat, il renonce également aux élections régionales. "Ce n'est pas sérieux. Les deux élections sont trop proches l’une de l’autre. Je ne veux pas être à la fois sur la plus grande région de France et conduire une campagne en parallèle", explique Jean Lassalle.

S’il ne suivra pas le Modem, dont il était proche, car "nous ne sommes pas sur la même logique", Jean Lasalle, président du mouvement Résistons, devrait soutenir le Mouvement de la Ruralité. "Je ne soutiendrai pas non plus Alain Rousset dont je ne sais toujours pas ce qu’il a fait en 24 ans de mandat", lâche Jean Lassalle. 


 

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