L'entrée de la mosquée de Bayonne taggée ce matin

© F3 aquitaine
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Des inscriptions ont été taggées ce matin sur le portail d'entrée de ce lieu de culte musulman. Elles ont été rapidement effacées par les services de la mairie. L'observatoire de la laïcité appelle à ne pas tomber dans le piège politique tendu par ce terrorisme abject.

Par CA

Lorsque les fidèles sont arrivés pour la prière ce vendredi matin, vers 7h, ils ont découvert des tags à la peinture vert fluorescent sur le portail, une poubelle et le tableau d'affichage de la mosquée.

La police s'est rendue sur place pour effectuer des relevés.

L'inscription sur le portail proclamait "Charlie liberté" tandis qu'une poubelle placée contre le mur de la mosquée portait les écrits racistes: "assassins" et "sales arabes". Abderrahim Wajou, le président le l'association des musulmans de la Côte basque, compte porter plainte.

"On a peur de ces actes d'amalgame! On est comme tout le monde, on est effarés par ce qui s'est passé à Charlie Hebdo, c'est totalement injuste ce qui s'est passé. Mais ajouter de l'injustice à l'injustice, c'est mettre la pagaille dans la société", a-t-il réagi.

La communauté musulmane de la région n'a jamais connu de problème jusqu'à présent. "On a jamais eu aucune problème ici au pays basque" nous confie Baggar Djilali, le gardien de la mosquée de Bayonne.
Interview du gardien de la mosquée de Bayonne, taggée ce matin

 

D'autres mosquées visées par des attentats


Impacts de balles, inscriptions racistes, tête de porc accrochée à une porte, plusieurs lieux de culte musulmans ont été pris pour cible dans la nuit de jeudi à vendredi.


A St Juéry dans le Tarn, quatre coups de feu ont été tirés jeudi vers 23h sur la façade d'une mosquée. Vendredi matin, les premiers fidèles qui ouvraient la mosquée ont constaté les dégâts et des responsables ont ensuite porté plainte.

La même nuit, il y a eu ces inscriptions racistes à Bayonne. 

En Corse, une tête de porc et des viscères ont été découverts, vendredi matin, accrochés à la porte d'une salle de prière musulmane, à Corte.

Dans le Pas-de-Calais, deux mosquées en chantier ont été détériorées.

Des croix gammées ont été dessinées à Liévin où une tête de cochon a été trouvée. A Béthune, le tag "dehors les arabes" était visible sur une palissade du lieu de culte en construction.

A Rennes, les inscriptions "Er maez" -"dehors" en breton - et "Arabes", ont été taguées à la bombe dans la nuit de jeudi à vendredi sur la façade d'un centre culturel et cultuel islamique en construction.

A Bischwiller dans le Bas-Rhin, un tag "Ich bin Charlie" ("je suis Charlie", en allemand) avait été découvert jeudi matin sur le mur extérieur d'une nouvelle mosquée, dont la construction s'achève. Dans la soirée, des caméras de surveillance ont été installées aux abords de l'édifice.

"Il ne faut pas condamner tous les musulmans de France, j'appelle tout le monde au calme!", a réagi le président de l'association culturelle franco-turque de Bischwiller, Pascal Akdem.


Ces agressions surviennent alors que des dizaines de milliers de personnes de toutes confessions se sont de nouveau rassemblées jeudi en France, dans l'unité, pour rendre hommage aux victimes de la tuerie perpétrée mercredi au journal satirique Charlie Hebdo, qui a fait 12 morts et 11 blessés dont quatre graves.

L'Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre a appelé "l'ensemble de la population, mais aussi de la classe politique et médiatique, à ne pas tomber (...) dans le piège politique tendu par ce terrorisme abject. Piège destiné à créer un fossé entre les Français musulmans et les autres citoyens".



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