Ours des Pyrénées : un berger rend son chèque d'indemnisation après l'attaque d'une brebis

Un chèque symbolique apposé par les manifestants au Parc national des Pyrénées à Bedous / © F3 Nouvelle Aquitaine
Un chèque symbolique apposé par les manifestants au Parc national des Pyrénées à Bedous / © F3 Nouvelle Aquitaine

Un berger, indemnisé 1212 euros après l'attaque d'une brebis  par un ours, a rendu son chèque au Parc national des Pyrénées à Bedous.
Il juge la somme trop élevée et indécente.
Les éleveursopposés à la réintroduction du plantigrade dans le massif, accusent l'Etat de vouloir acheter leur silence.

Par V.D.

Pierre Larraillet n'en revient pas : 1212 euros d'indemnisation pour une brebis morte lors de l'attaque d'un ours, c'est  trois fois sa valeur réelle.

Le berger a donc choisi de rendre la somme aux agents du Parc national des Pyrénées, ce mardi 8 octobre à Bedous.

Etre indemnisé oui, mais à une juste valeur estime l'éleveur dont l'une de ses bêtes a été attaquée par un ours début septembre.
 
L'éleveur Pierre Larraillet, dont l'une des bêtes a été attaquée par un ours, refuse l'indemnisation qu'il juge trop élevée / © F3 Nouvelle Aquitaine
L'éleveur Pierre Larraillet, dont l'une des bêtes a été attaquée par un ours, refuse l'indemnisation qu'il juge trop élevée / © F3 Nouvelle Aquitaine


L'indemnisation allouée au berger par le parc national des Pyrénées est établie sur les bases d'une directive de juillet 2019 qui fixe les montants des dégâts causés par les grands prédateurs.
 

Les éleveurs ne veulent pas se faire acheter


Une quarantaine de manifestants se sont réunis à Bedous pour dénoncer cette procédure d'indemnisation.

Pour Olivier Maurin, président de la fédération éleveurs transhumants :

"C'est normal qu'on soit indemnisé mais à hauteur réelle du préjudice subi,  c'est à dire la valeur de l'animal et la marge brute pour la perte d'exploitation (le lait, le fromage et les agneaux qui ne seront pas produits)."



 
Manifestation des anti ours à Bedous / © F3 Nouvelle Aquitaine
Manifestation des anti ours à Bedous / © F3 Nouvelle Aquitaine

"On nous donne de l'argent pour qu'on se taise !"


Les éleveurs, opposés à la réintroduction du plantigrade dans les Pyrénées, refusent de passer pour des profiteurs. Pour eux, l'ours est un péril et l'argent ne change rien.

Pour l'éleveur Pierre Larraillet :

"On nous donne de l'argent pour qu'on se taise. On n'est pas d'accord avec le fait que ce soit le contribuable qui participe à la marchandisation de la nature"


Les opposants à la présence de l'ours réintroduit dans les Pyrénées manifesteront le week-end prochain côté espagnol du massif en Aragon.
 
Un éleveur béarnais dit non à l'indemnisation après l'attaque d'un ours sur une brebis

 

50 ours dans les Pyrénées

Le délégué régional pour l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) pour l’Occitanie, Nicolas Alban confirme : le bilan 2019 estime à 50 la présence d’ours dans les Pyrénées.
Un chiffre en progression depuis une dizaine d’années mais qui n’atteint pas la population d’ursidés du début du XXème siècle.

PLAN DE REINTRODUCTION

En 1995, il ne restait que cinq ours selon la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (DREAL).
Pour sauver l'espèce en voie de disparition, un programme de réintroduction des ours dans les Pyrénées est alors lancé.

  • Trois ours sont réintroduits dans la chaîne montagneuse en 1997.
  • Cinq autres le sont en 2006. 
  • Et en octobre 2018,  deux ourses slovènes sont lâchées dans une ambiance très tendue entre pro et anti ours. Ces lâchers sont effectués par héliportage pour contourner les barrages routiers des opposants. 

Pour maintenir une dynamique favorable de population d’Ours bruns et assurer la  viabilité de la population, l’ONCFS assure qu'l faudra lâcher quatorze femelles de plus dans les Pyrénées.
 

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